[WEB] Dix idées reçues sur Internet

avril 11, 2011 dans En vrac, Société

On a tous dans notre entourage une grand-mère réfractaire au moindre progrès, un tonton qui n’y connaît rien à rien mais qui a toujours un avis sur tout, une copine qui passe en mode blop dès qu’on ose dire qu’on a aussi des vrais amis dénichés grâce au web, ou un homme politique prêt à diaboliser n’importe quoi pourvu que ça le fasse remonter dans les sondages.

D’où mon envie, chers internautes, de dézinguer quelques vilains clichés. Je vous donne la permission de reprendre mes arguments mots pour mots lors de vos repas de famille, si et seulement si vous filmez l’ire consanguine et que vous me l’envoyez ensuite pour que je la poste ici-même en bas du billet (histoire de rigoler un peu, hein) (si votre tonton est un homme politique et que votre grand-mère est votre meilleure amie, c’est encore mieux) (sinon faites un effort, putain !)

Voici donc 10 stéréotypes pris dans l’ordre le plus aléatoire, auquel je répondrai tour à tour avec humour, sérieux, et la plus adorable mauvaise foi.

Sur Internet, on se fait arnaquer

FAUX. On peut se faire arnaquer, nuance.

Alors oui y a des sites bidons, oui y a des gens malhonnêtes, oui y a des spams qui te proposent d’enlarge your penis. Mais c’est comme dans la vraie vie, ni plus ni moins. Les escrocs, ça existait bien avant l’arrivée d’Internet. Ils ont juste trouvé un nouveau support.

Mais déjà à l’époque de nos grands-mères, on se faisait arnaquer. Le mec qui te fait croire qu’il te vend un mammouth adulte alors que c’est juste un bébé sur lequel il a rajouté trois fourrures cousues par sa femme, tsé.

Alors oui, quand on te dit qu’un cousin éloigné du Togo généreusement décédé te lègue 12,5 millions de dollars mais qu’il faut juste te rendre sur place pour signer un papier, voire faire un virement pour les frais de notaire, oui, c’est une arnaque. Faut être con, pour se faire avoir (ou être député suisse, au choix).

(Oh, et au fait toi là-bas dans le fond : je te jure, t’as pas envie d’enlarge your penis. Nan parce que, enfin c’est pour t’aider, hein, mais les pénis trop enlargés, ça fait mal, juste. Ce serait dommage de ne plus pouvoir baiser du tout. Merci. Bisous.)

(Maintenant que j’y pense, d’ailleurs, y a pas genre enlarge your boobs ? Voilà les filles, je viens de prouver par A + B que nous sommes supérieurement intelligentes.)

Internet est un repère de pédophiles

VRAI et FAUX. Voilà un sujet sur lequel je n’ai pas vraiment envie de rire (ouais, je casse l’ambiance comme ça, ouais).

Même argument que ci-dessus : les pédophiles n’ont pas attendu Internet pour exister, ils ont juste trouvé là un nouveau biais pour assouvir leurs pulsions et entrer en contact avec des enfants.

Heureusement, il existe des gendarmes du net (de la STRJD) dont le travail est, entre autres, de trouver les sites pédophiles, puis de remonter à ceux qui les créent et les visitent. Et ils sont efficaces. Beaucoup plus difficiles en revanche de découvrir qui est pédophile dans la vraie vie.

Donc oui, il y en a. Non, il n’y a pas que ça. Et au moins, sur Internet, ils laissent des traces qui permettent de les identifier. Aux parents de surveiller de près ce que font leurs enfants devant un écran. Mais c’est du bon sens, n’est-ce pas ?

Internet encourage la procrastination

FAUX. Alors la, je m’insurge – oh putain génial ce site, ça s’appelle enpause.com, y a des tas d’articles intéressants ! – c’est entièrement faux ! Quand on veut se concentrer, on peut. Hey, yo, @Univers_VL, t’as vu la dernière news sur la physique quantique ??

Là encore, on procrastinait avant l’arrivée du ouaibe, je vous signale. Je crois que ces lolcats vont me faire mourir de lol.

 

On regardait les mouches voler, tout ça. On se racontait les derniers potins à la machine à OH LA BONNE NOUVELLE !!! Oh mais y en a plein, en fait !! Wow, mais il est génial ce site. Comment il s’appelle ? NewZitiv. Vachement bien, bon concept. Que de l’actu positive. Et plein d’autres choses, aussi. Je vous le conseille !

Internet tue les artistes

FAUX. Mouahahah laissez-moi rire. Mais alors c’est qui, ce vilain Nain Ternette ? (No offense aux gens de petite taille, je suis moi-même verticalement déficiente.) Hein, c’est qui ? C’est un petit ordinateur, bien debout sur ses petites jambes, qui court après les artistes avec un rire sardonique et qui les étrangle avec le fil de la souris, mmmh ?

Internet ne tue pas. Et certainement pas les artistes, qui au contraire voient en ce progrès un médium extraordinaire pour se faire connaître et montrer ce qu’ils savent faire. Internet, ça fait juste chier les industries qui n’ont pas su s’adapter – et qui continuent à vouloir être complètement à côté de la plaque (après la musique, l’édition !)

D’ailleurs comme dirait une tweepie influente dont je tairai le nom : « Le piratage ne tue pas les artistes, il tue les maisons de disque. Il ne tue pas l’art, il tue l’industrie. »

Internet, quote of my grand-mère, « ça tue des métiers »

VRAI et FAUX. Il y a sûrement des professions qui ont fort pâti de l’arrivée de mon ouaibe bien-aimé (même si je n’ai pas d’exemple en tête là tout de suite d’emblée au pif).

Voilà cependant ce que j’ai répondu à ma chère grand-maman : « Oui, et quand les voitures sont arrivées, ça a tué le métier de maréchal-ferrant. [Ma mère-grand n’est pas aussi vieille, hein, quand même.] Mais ça a créé les garagistes, les fabricants de pièces détachées, les designers, les constructeurs de bitume, les auto-écoles, les… »

Voilà. Internet ne « tue » rien. C’est juste une évolution logique et normale de la société. Il aura créé les architectes des systèmes d’information, les développeurs, les webdesigners, les community managers, et tout un tas d’autres métiers en –eurs dont le monde ne pourrait plus se passer.

Internet rend asociable et peut tuer

VRAI et FAUX. Je n’ai jamais eu de vie sociale aussi riche que depuis que je suis connectée plusieurs heures par jour.

Restons dans l’esprit « Le ouaibe m’a tueR ». Alors celle-là, on me la sort souvent, en général sur la question des jeux vidéo en réseau.

Le problème n’est pas Internet, ici, ni même le jeu vidéo. Le problème, c’est la personne – que ce soit dans l’asocialité ou dans le fait de jouer jusqu’à en mourir. Cela s’appelle être dépendant, et la dépendance est une pathologie, une vraie maladie psychiatrique qui peut être soignée et guérie.

La dépendance aux jeux vidéo est la même que la dépendance au casino, par exemple. Sauf qu’on refuse rarement l’accès à Internet à un accro aux jeux vidéo.

Et avant même les jeux, on a pu être dépendant aux drogues, à l’alcool, etc. Rappelez-moi les chiffres des décès liés à l’alcool et à la drogue par rapport aux morts d’Internet ?

Voilà.

Internet encourage les pires travers humains

VRAI et FAUX. Cachés derrière un écran, planqué derrière un pseudonyme, il devient très facile de se lâcher. Ces personnes haineuses, qui aiment clasher, mettre un forum ou des commentaires sans dessus dessous, on les appelle communément des trolls.

Internet n’encourage pas ce genre d’agissements, évidemment. Il les exacerbe via l’anonymat qui reste possible (et heureusement).

Cependant, les trolls sont certes pénibles mais ils ne sont pas vraiment dangereux. Demandez donc à un troll de le rencontrer dans la vraie vie, pour discuter. Bizarrement, il n’y aura plus personne… Le troll est un poltron. Il est plus à plaindre qu’à blâmer.

Cela peut aller très loin certes, jusqu’à des plaintes pour des raisons très diverses, mais je n’ai jamais entendu parler d’un troll qui ait causé un tort réel à une personne. J’espère ne pas me tromper…

Il ne faut pas oublier que, là encore, Internet n’est pas la cause. Quitte à me faire accuser de Point Godwin, des actes lâches et anonymes ont été accomplis bien avant Internet.

Internet n’est que le reflet de la société. Internet est ce que les internautes en font. Et les internautes, ce sont vous, moi, le gros con de voisin, ou la prof de maths. Internet est profondément humain et il reflète juste les traits de cette humanité.

Internet, c’est la fin de la vie privée

FAUX. « T’es sur Facebook, sur Twitter, t’as un blog ; mais t’as plus de vie privée, alors ? » Oh le joli cliché qu’il est beau !!

Je mets au défi mes amis Facebook, mes followers, et les honorables et formidables lecteurs de ce blog de me faire un compte-rendu de ma vie privée. Ceux qui ont accès à des informations sur moi uniquement par Internet, j’entends. Allez-y, je vous écoute.

Quelle est ma situation maritale ? Quelle est ma vie sentimentale ? Quelle est mon orientation sexuelle ? Ai-je des frères et sœurs ? Ai-je des enfants ? Si oui combien, comment s’appellent-ils ? Où ai-je voyagé ? Où suis-je allée aujourd’hui, hier, la semaine dernière, dans quel café, avec qui ? Le nombre de mes amants, leurs noms, leurs âges, leurs professions ? Une sextape, peut-être ? A vous, stalkeurs ! (Et là, la dame a un peu peur, quand même.)

Il y a même bon nombre de personnes que je connais dans la vraie vie qui seraient incapables de répondre à ces questions. Internet, une fois encore, on en fait ce qu’on a envie d’en faire. N’y dites, n’y partagez rien de ce que vous avez envie de garder pour vous. Mais c’est du bon sens, non ?

Les réseaux sociaux sont dangereux

VRAI et FAUX. Cette question est liée à celle du dessus.

Si tu as 13 ans et que tu mets des photos de toi à poil sur Facebook, oui, ça peut être dangereux.

Si tu en as 25 et que tu acceptes d’aller seule chez un monsieur que tu n’as jamais rencontré dans un lieu public avant, sans prévenir personne du lieu où tu te rends, oui, ça peut être dangereux.

Si tu racontes en détail la life du petit dernier, la crèche où il va, et qu’en prime tu postes des photos de lui, oui, ça peut être dangereux.

Si tu dis « youhou voleurs, je m’en vais, profitez-en ! », oui, ça peut être dangereux.

Si tu n’as pas verrouillé ton compte ou que tu ne connais pas cet ami que tu as accepté, et que tu te mets à critiquer ton boss sur Facebook, oui, ça peut être dangereux.

Maintenant, à chacun d’avoir un peu de bon sens et de prendre ses responsabilités. Mais ceux qui les diabolisent sont de mauvaise foi. Les réseaux sociaux sont bien moins dangereux que prendre le volant, par exemple. Ou que de traverser au rouge. Ou que de manger chez Quick. Ou que de faire du hors-piste. Ou que de baiser sans capote.

Protégez-vous !

Internet c’est pas la vraie vie (et la vraie vie, c’est mieux)

FAUX. Citons Slate : « Internet ressemble à une version survoltée du monde réel, avec ses promesses et ses périls ». Tout est (joliment) dit. Internet est fait par les internautes. Les internautes sont des êtres humains. Internet, à l’image de l’humanité, peut créer le meilleur comme le pire.

Et vous avez raison, Détracteurs et Ennemis du Ouaibe, la vraie vie, c’est mieux ! Y a des catastrophes naturelles, des centrales nucléaires qui pètent, des révolutions arabes, des guerres au Proche-Orient, des prêtres pédophiles, des virus du Sida, des réchauffements climatiques, des trous de la couche d’ozone, des insecticides qui donnent des cancers, de l’air pollué, des psychopathes en liberté, des hommes et des femmes politiques, des dealeurs de drogue, des accidents de voiture, des catastrophes aériennes, des dictateurs, des voisins qui font du bruit, de la télé-réalité, des tremblements de terre, des assassins, des tsunamis, des cyclones, Christophe Maé, des fontes de glacier, des gens qui meurent de faim, des mines anti-personnelles, des…

La vraie vie, ça donne envie. Internet, c’est pas très net.

[WEB] A ceux… qui refusent les nouvelles technologies

février 24, 2011 dans En vrac, Société

Une amie vient d’apprendre une nouvelle par le biais de Facebook. Pas une grande nouvelle, plutôt une anecdote. Mais elle s’est demandé si la manière dont elle l’avait apprise n’était pas un peu dommage…

Cela m’a donné envie de vous raconter, à vous et elle, cette petite histoire…

« Il était une fois, à l’époque de nos (arrières-)grands-mères, le téléphone venait tout juste d’arriver dans les foyers. Dans tous ? Non. Dans les petits villages de notre beau pays, seule une maison avait le téléphone, repérable d’ailleurs par une plaque posée sur le mur, à la vue de tous les villageois et d’éventuels étrangers de passage.

C’est la maison de Simone et Albert, dans la grand-rue, qui avait été choisie pour accueillir le téléphone du village. Ils n’en voyaient l’intérêt ni l’un ni l’autre, mais ce serait, paraît-il, un outil indispensable dans le futur. C’est avec un grand scepticisme qu’ils se firent à l’idée de cohabiter avec cet exotique appareil, d’usage étrange.

Les mois passèrent. Un beau jour, alors qu’Albert travaillait dans son atelier, Simone dut décrocher le fameux téléphone. C’était son frère Bernard, qui avait fait des études, qui était quelqu’un d’important et qui avait une très bonne situation puisqu’il avait été élu maire du chef-lieu de canton.

Voilà qu’il appelait Simone pour lui annoncer que la Marcelle avait enfin décidé de se fiancer. Si Bernard connaissait la bonne nouvelle, c’est parce que le fiancé en question était le fils d’un de ses plus proches amis qu’il venait de croiser. La nouvelle était de la toute première fraîcheur.

Décidément peu à l’aise avec ce maudit téléphone, Marcelle écourta la conversation. Elle détestait parler à une machine, à ces matériaux froids, à ces rouages cachés, qui fonctionnait avec l’électricité qu’elle n’aimait pas beaucoup non plus et qui lui faisait un peu peur. Tout cela n’annonçait rien de bon et elle se plaisait à le répéter à ses amies. Ce qu’on appelait le « progrès » ne lui disait vraiment rien qui valût.

Et voilà qui lui donnait raison : c’est cet appareil impersonnel qui lui avait annoncé les fiançailles de la Marcelle. Avant l’invention de ce satané engin, elle l’aurait appris directement de la bouche de l’intéressée, qui serait passée la voir, avec qui elle aurait partagé un chocolat chaud et un morceau de gâteau. La vie, les gens, le quotidien normal d’un village.

Simone pestait. Si c’était ça « l’outil indispensable », si ça empêchait de se voir, de s’annoncer de telles nouvelles en face à face, si ça détruisait les relations simples avec les gens de son propre village, alors que serait-ce quand tous les foyers en auraient un ?… Elle refusait cette idée en bloc. Après tout, elle avait presque élevé la Marcelle, dont la maman était morte en couches.

Le temps d’aller à l’atelier annoncer la nouvelle des fiançailles à Albert, le portail grinça. C’était la Marcelle, radieuse, qui arrivait avec un bouquet de fleurs des champs. »

Maintenant, je vous suggère de remplacer le téléphone par (au choix) : le mail, le téléphone portable, Skype, Facebook, Twitter, etc…

Et vous avez la morale de mon histoire.

[WEB] A ceux… qui diabolisent les réseaux sociaux

novembre 3, 2010 dans En vrac, Société

Tout le monde a un avis sur les réseaux sociaux, qu’on les utilise ou non. Certains sont anti et n’y mettront jamais le clic d’une souris, d’autres n’imaginent plus leur vie sans. Certains les utilisent pour raisons professionnelles quand d’autres sont sous pseudonyme et cachent farouchement leur véritable identité. Certains les utilisent pour retrouver de vieilles connaissances quand c’est un moyen pour d’autres de se faire de nouveaux amis – dans la vraie vie. Bref ; il y a autant de façons de se servir des réseaux sociaux que d’internautes.

Alors bien sûr, ceux qui ne connaissent pas très bien Internet – à commencer par nombre de nos politiciens – ne les connaissent que par le biais des médias, qui n’en fournissent un écho que lorsqu’une catastrophe arrive. Et malheureusement, il y en a – le plus souvent liées à Facebook, réseau social le plus utilisé au monde.
Une jeune fille qui se suicide parce qu’un ex-petit-ami a cru rigolo de poster une photo compromettante d’elle. Des pédophiles qui se créent de faux comptes. Des apéros Facebook qui tournent mal. Etc.  Autant d’évènements terribles relayés et montrés du doigt comme les exemples-types qu’Internet, c’est le Mal.
Mais on n’a pas attendu Facebook, Twitter et les autres pour humilier un ennemi. Les pédophiles sévissaient bien avant l’invention du premier modem. Et des accidents mortels dus à l’alcool, il y en a depuis la nuit des temps. Alors certes, Internet fait en sorte que ça aille plus vite, que ce soit plus connu, que ce soit accéléré. Mais il n’est souvent pas responsable de tous les maux qu’on lui reproche.
Les réseaux sociaux, comme leur nom l’indique, sont des regroupements de personnes. Derrière un compte, derrière un avatar, se cachent des êtres humains. Ce sont ces êtres humains qui les façonnent, qui en fournissent le contenu, et qui s’en servent de manière plus ou moins louable. Et comme toute construction humaine, il y a du bon et du mauvais. Le mauvais, on le connaît. Laissez-moi vous raconter le bon…
L’AIDE D’UNE ENTREPRISE
Les dernières grèves des transports ont enquiquiné pas mal de monde, à commencer par moi. Certes, mon cas était moins préoccupant que celui des travailleurs, puisqu’il s’agissait d’un voyage pour des vacances. Mais sur le coup, quand j’ai su que mon TGV d’aller était annulé, j’en avais rien à foutre des travailleurs, ça faisait plus de deux ans et demi que je n’avais pas eu un seul jour de congé, je VOULAIS partir, et j’aurais étripé l’ensemble de ces putains de grévistes si j’avais pu (chers amis familiers de mon blog, je pense que vous aviez compris à quel point je pouvais devenir vulgaire et vocabulairement violente dès qu’il s’agit de la Saloperie Nationale des Chacals et des Fouines).
Cela dit, après m’être épanchée sur Twitter, deux comptes m’ont guidée, m’ont aidée, m’ont informée, m’ont renseignée, et ont répondu à mes questions. @quoimaligne et surtout @Yaelle_VSNCF ont pris la peine et le temps, sans que je les sollicite, de me demander ce qui me chagrinait et ce qu’ils pouvaient faire pour m’aider. J’ai pu leur poser directement quelques questions (peut-on être remboursé d’un billet non-échangeable et non-remboursable, quelle est la marche à suivre, comment puis-je savoir quel autre train roule pour sûr, etc etc…), et la putain de gêne occasionnée a été plus facile à vivre. Et quel gain de temps ! En quelques minutes, j’avais les renseignements que j’aurais mis des heures à trouver sur les sites de la SNCF, entre voyage-sncf, idtgv, etc…
Leur disponibilité, leur gentillesse, et leur efficacité sont inversement égales à la médiocrité des services et de la communication de la SNCF « classique ». C’était sur Twitter, et si plus de gens y avaient accès, je pense que et l’entreprise et les usagers s’en porteraient mieux.
C’est également valable pour n’importe quelle entreprise qui commence à comprendre l’utilité de s’adresser aux internautes, via les community managers. Je suis peut-être une grande idéaliste, mais je persiste à croire qu’on peut construire un monde meilleur par le biais des réseaux sociaux, en s’écoutant et en se répondant les uns les autres, dans l’intérêt de toutes les parties.
[Fin mot de l'histoire : @Yaelle_VSNCF m'a bien informée (et consolée un peu du coup, aussi, huhu). Aidée également par @matthieublanco qui m'a conseillé d'envoyer un recommandé avec AR pour me faire rembourser, comme la loi les y oblige, je n'ai, 21 jours plus tard, toujours pas reçu l'accusé de réception... No comment.]
L’AIDE A UNE PAS TOUT A FAIT INCONNUE
Début août, j’avais écrit ce billet pour Marie, qui avait elle-même écrit un billet dans lequel elle racontait comment elle avait appris souffrir d’une tumeur au foie. Sur Twitter, le soir de son entrée à l’hôpital, elle a partagé ses états d’âme, ses peurs, ses angoisses, et la manière avec laquelle elle tentait de ne rien laisser paraître. Ca m’a bouleversée, et je ne pouvais décemment pas la laisser seule, le soir, dans sa chambre face à ses angoisses, alors que moi-même, il y a dix ans, j’aurais tant voulu que les réseaux sociaux existent pour me sentir accompagnée et divertie dans ces moments tellement durs.
Figurez-vous qu’on m’a beaucoup reproché ce geste. Je passe sur le (vrai) troll sur Twitter qui a ironisé là-dessus, je parle des gens qui sont anti-réseaux sociaux. Ils m’ont accusée, avec beaucoup de mépris dans le regard et dans la voix, d’avoir tendu la main à « une fille que je ne connais même pas ». Inutile de vous dire que ça m’a beaucoup peinée.
Certes, je ne l’ai (encore) jamais rencontrée. Mais quand on lit les tweets de quelqu’un au jour le jour, qu’on la lit régulièrement sur un blog, qu’on a des amis-de-la-vraie-vie en commun – si, on connaît un petit peu cette personne. On s’y attache. Et quand il lui arrive quelque chose de malheureux qu’on a soi-même vécu, on ne peut qu’être empathique.
Et quand bien même elle serait une parfaite inconnue… Pourquoi me reprocher d’avoir voulu la soutenir d’un billet ? Qu’est-ce qui dérange ces gens qui m’accusent d’utiliser mon blog pour transmettre un peu de courage à quelqu’un dans une situation difficile ?
Voici ce que j’aimerais leur répondre. Un médecin, une infirmière, une assistante sociale, que sais-je… passe ses journées à aider des gens qu’ils ne connaissent ni d’Eve, ni d’Adam. En quoi ce que j’ai fait pour une personne que je suivais depuis un moment était très différent ?… Quand une personne donne la pièce à un mendiant, connaissent-ils vraiment le mendiant en question ?
Ce qui les dérange, c’est le fait de « connaître via un réseau sociaux ». Ah ben on ne « connaît » pas vraiment, alors… Je suis désolée, mais on apprend mieux à connaître une personne que l’on suit régulièrement, au jour le jour, sur un réseau social, que des gens que l’on aide par simple geste de générosité citoyenne, ou dans le cadre d’une profession.
« Connaître via un réseau social », ce n’est pas un sous-attachement, comme les « anti » le pensent très souvent. Cela peut déboucher sur une amitié réelle, ou rester un attachement virtuel, mais tout cela reste profondément humain. Des affinités, fortes, se créent chaque jour sur la toile entre des personnes de chair et de sang. Et je ne vois pas en quoi j’aurais à rougir d’une main virtuelle tendue.
L’AIDE ENTRE CITOYENS
Dernièrement, je suis allée au cinéma. En faisant le trajet à pied d’Aquaboulevard à Porte d’Auteuil, j’ai trouvé une carte bancaire sur le trottoir. Il était 22h30. Arrivée chez moi, et avant même de chercher l’adresse du commissariat le plus proche pour aller l’y déposer le lendemain, je me suis demandé si le propriétaire de cette carte était sur Facebook. Bingo ! En farfouillant parmi ses infos et ses centres d’intérêt, j’ai été certaine qu’il s’agissait bien de lui. A 23h15, je lui ai envoyé un petit mot. A mon avis, il ne s’était rendu compte de rien. A 23h30, il me répondait. A 23h45, on s’est retrouvé devant l’église pour que je la lui rende. A minuit, l’incident était clos.
S’il n’y avait pas eu les réseaux sociaux, il aurait certainement eu des tas de complications suite à la perte de sa carte bleue. Comme quoi, les réseaux sociaux peuvent aussi éviter bien des ennuis.
A travers ces exemples, je voulais juste insister sur le fait qu’il y a autant de manières de se servir des réseaux sociaux que d’internautes et de situations quotidiennes. Bien sûr qu’il faut faire attention, bien sûr qu’il faut les réguler, bien sûr que tout n’est pas toléré – mais ils ne sont pas les dangers qu’on nous présente régulièrement. Il suffit juste d’en connaître les règles et les (non-)limites, il suffit juste de savoir ce que l’on veut livrer de soi ou non, et avec un minimum de bon sens, il n’y a pas de raison que des problèmes apparaissent.
Mais peut-être le phénomène est-il encore trop jeune pour être utilisé en bonne intelligence. Je pense sincèrement que des interventions dès l’école primaire seraient utiles pour apprendre aux enfants la bonne utilisation de Facebook, de MSN, de tout ce qu’ils pourraient utiliser sans avoir conscience des risques qui existent.
Cependant, ne nous leurrons pas : oui, les réseaux sociaux, souvent, ouvrent sur les autres.
Je n’ai jamais fait autant de (belles) rencontres dans la vraie vie que depuis que je suis active sur Twitter.

[HUMEUR] A ceux… qui veulent me réduire à Marie et/ou à Marie-Madeleine

mars 20, 2010 dans En vrac, Société

En préambule, sachez que j’ai beaucoup réfléchi, et que je réfléchis toujours beaucoup, aux différents sujets que je vais aborder. Ce qui va suivre reflète ma position et mon opinion ce jour. Je reste donc libre de changer d’avis, pour la simple et bonne raison que je reste ouverte au dialogue et que je prends en compte chacun des arguments de ceux qui n’ont pas la même vision que moi. Je ne balaye jamais un point de vue du revers de la main : je le soupèse toujours avant de me forger ma propre opinion.
Je remercie donc par avance ceux qui liront ce post tout en sachant qu’ils ne seront pas d’accord avec ce qui y sera dit, et qui respecteront mes propos comme je respecte les leurs.
Sachez également qu’en cas de commentaires, je n’y répondrai pas. Mais c’est juste par manque de temps, pas par manque de volonté d’échanger des points de vue. Je ne tolérerai évidemment aucun propos raciste, homophobe, injurieux, appelant à la haine, etc… Je ne censurerai personne exprimant une opinion qui entre dans le cadre légal : je tiens trop à la liberté d’expression.
La volonté de m’exprimer sur un certain nombre de questions fait suite à ce billet d’humeur paru sur le site de Planète Campus, où j’effectue actuellement mon stage en qualité de journaliste web. Je me suis insurgée, à la demande de ma rédactrice en chef, contre la manifestation des catholiques anti-IVG devant l’Académie française(vidéo ci-dessous), où Simone Veil se faisait introniser « immortelle ».

Ce n’est pas la première fois que l’Eglise catholique – pour ne parler que d’elle… – me rend extrêmement mal à l’aise et me met en colère. Parce que ses positions me choquent. Profondément.
Mes (non-)croyances
Je viens d’une famille traditionnellement catholique. Je suis baptisée. J’ai fait un an de catéchisme, en classe de CM1 ; mes parents se sont très vite rendus compte que je resterai réfractaire à ces inepties. Je les remercie néanmoins d’avoir fait la démarche de m’initier à cette religion qui est la leur – en théorie (ni l’un ni l’autre n’est pratiquant). Et je les remercie encore plus de ne pas me l’avoir imposée par le biais de cours de catéchisme plus longuement obligatoires.
Je suis athée. Je ne crois en aucune sorte de divinité – je trouve l’idée absolument absurde, dénuée de sens même. Cela dit, je comprends qu’on puisse, qu’on ait besoin d’y croire ; je respecte totalement ceux qui ont une foi.
Ce n’est juste pas mon cas.
Comme j’accepte sans y croire une seule seconde la potentialité (même minime à l’extrême) qu’il puisse exister une divinité, merci aux croyants d’accepter sans y croire une seule seconde la potentialité (même minime à l’extrême) qu’il puisse ne pas en exister.
Tout simplement parce que, d’un côté comme de l’autre, nous n’avons aucune preuve de ce que nous avançons.
Ma position sur l’avortement
Plusieurs associations se sont donc réunies avant-hier au Quai Conti pour dénoncer l’entrée de Simone Veil, à l’origine de la loi en faveur de l’avortement, à l’Académie française. Ils pleurent les « millions d’enfants français qui manquent parce qu’ils ont été assassinés dans le sein de leur mère ». Vous remarquerez que les deux personnes à haranguer les pro-IVG étaient des hommes… Mais j’y reviendrai.
Vous l’aurez compris, je suis pour le droit à l’avortement (même si être pour ou contre n’a pas vraiment de sens puisque cette loi existe.) Je ne pense pas qu’une IVG soit un meurtre d’enfant. Une IVG est une interruption du développement d’un embryon – voire d’un foetus.
Avant la 12ème semaine de grossesse, je ne pense pas que ce foetus soit vivant : pour moi, tout ce qui n’est pas viable en dehors de l’utérus n’est pas vivant. Ca me semble être le bon sens, mais je respecte ceux qui pensent autrement.
Avant la 12ème semaine de grossesse, un foetus n’a pas de sexe déterminé. Ce n’est donc pas une personne : ce n’est encore juste qu’un ensemble de cellules qui peut potentiellement devenir un foetus viable.
Avant la 12ème semaine de grossesse, un foetus n’a pas d’activité cérébrale. Or, la sience dit qu’il n’y a conscience que lors d’une activité cérébrale.
Avorter n’est donc pas tuer. C’est juste stopper le développement d’un ensemble de cellules. Qui n’est ni vivant, ni une personne – puisque pas viable, ni conscient, ni sexué. Point.
Et Francis Kaplan, auteur de L’embryon est-il un être vivant ? (éditions du Félin, 2008) l’explique très bien dans son entretien avec Lucette Finas (que j’ai trouvé au hasard de mes recherches après avoir écrit ce précédent paragraphe.)
L’IVG : souvent la meilleure solution
Dans toutes les époques, dans toutes les cultures, les femmes ont avorté. Avec des méthodes plus ou moins dangereuses pour leur santé ou leur vie. De nos jours en tout cas, autant d’avortements sont pratiqués dans les pays où ils sont interdits que dans ceux où ils sont légalisés.
Chaque année, près de 20 millions d’avortements sont réalisés en dehors de structures spécialisées. Toutes ces femmes qui prennent des risques inconsidérés et qui endurent souffrances et complications ne le font pas pour le plaisir. Elles le font parce qu’elles n’ont pas d’autre choix. Elles le font parce que c’est la meilleure – la moins pire – des solutions qui s’offrent à elles.
Restons en France. Prenons un cas proche et concret : le mien. Mettons que je tombe enceinte demain. Malgré toutes les précautions que je prends (pilule + préservatif, je n’ai jamais fait autrement pour justement éviter ça), ça peut arriver. Je vis dans un studio de 12m². Je suis étudiante-stagiaire, je gagne 398 euros par mois. Mon loyer – pour ne parler que de lui – est de 492 euros. Je vis seule. Je suis indépendante. Mes parents travaillent, et ils sont loin. Pour avoir une place en crèche à Paris, il faut s’inscrire sur des listes d’attente deux ans avant l’accouchement (au mieux). Une assistante maternelle coûte très cher.
Que ferais-je d’un bébé ? Où l’installerai-je ? Avec quoi est-ce que je pourrai le nourrir, l’habiller, le soigner ? Quand et comment pourrais-je m’en occuper ? Si j’arrête mes études pour le garder et l’élever, à partir de quand pourrais-je recommencer à travailler pour gagner de quoi subvenir à nos besoins ? Et sans diplôme, quel genre de travail réussirai-je à avoir ? Pour quelle rémunération ?
Non, il n’y a pas de meilleure solution que l’avortement dans mon cas. Et je ne suis pas le plus désespéré, le plus démuni, le plus en détresse. Loin de là.
Mais avoir un bébé maintenant, c’est nous condamner, ce bébé et moi, à une vie de grande précarité, voire de misère. Est-ce vraiment la vie que ces manifestants souhaitent à cet enfant ?…
IVG, ITG, IMG… et la vie
Parlons-en, de la vie. Les manifestants d’avant-hier défendent la vie comme un état : un être qui respire, qui bouge, qui pense, qui ressent. Moi, je pars du principe que la vie, c’est tout ça, plus les conditions dans laquelle cet être grandit. Parce qu’être vivant, c’est être vivant quelque part, à un moment donné, dans un contexte donné. Pour reprendre mon exemple personnel, donner la vie dans neuf mois à un enfant qui serait le mien n’a aucun sens. Aucun.
Décider de mettre un enfant au monde, c’est la plus grande responsabilité qui soit. Ce n’est pas une décision qui se prend à la légère. Et le mettre au monde sous le seul prétexte que « la-vie-à-tout-prix » est à mon sens la preuve d’une irresponsabilité et d’une immaturité condamnables si les conditions pratiques, financières, sanitaires, psychologiques, etc… d’accueil du bébé ne sont pas réunies.
C’est pour ça que je n’hésiterai pas une seule seconde d’avoir recours à une IMG si par malheur le cas venait à se présenter. En tant que personne, et en tant que mère, je ne souhaite à aucun enfant d’être handicapé – physique ou mental. Les cas prévus par la loi autorisant une IMG sont pour des pathologies lourdes, et en aucun cas je ne veux être responsable de la souffrance d’un être humain. Et que les bien-pensants gardent leurs arguments : si, être (lourdement) handicapé est source de souffrance. La personne handicapée souffre, son entourage aussi. C’est ainsi. Alors si la vie tant défendue est une vie de ce genre, je ne veux pas la donner – c’est même de mon devoir de personne morale de ne pas la donner. Et je suis bien contente de vivre dans un pays qui m’autorise à ne pas faire souffrir un enfant et ses proches.
Une fois encore, ces paroles n’engagent que moi. Et ça ne m’empêche pas de respecter ceux qui ne pensent pas comme moi, et que mon point de vue pourrait choquer.
Le caractère sacré de la vie
De nombreux opposants à l’avortement – souvent des croyants – le sont parce que la vie est « sacrée ». Voici la définition de l’adjectif « sacré’ selon le dictionnaire Hachette (édition 2008) : A. Qui concerne la religion, le culte divin ; B. Qui appelle un respect absolu ; digne de vénération. Ces deux définitions renvoient à la religion. Il est donc normal que les croyants estiment que la vie soit « sacrée » ; il est normal aussi que je ne la considère pas comme telle.
Attention, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Ce n’est pas parce que je ne considère pas la vie « sacrée » que je ne la respecte pas. Ôter volontairement la vie de quelqu’un est le crime le plus odieux qui soit et devrait systématiquement conduire à la prison à vie – et sans réduction de peine possible, jamais, en aucun cas.
Je respecte infiniment la vie, et je pense même la respecter plus et mieux que ces gens qui ont manifesté avant-hier devant l’Académie française. Parce que j’en sais son prix. Parce que j’en connais sa valeur. Sa fragilité. Sa richesse. Sa beauté. Parce qu’elle est ce qui existe de plus précieux.
Je n’autorise personne – personne – à me donner des leçons sur ce qu’est la vie. Personne. Parce que j’ai vu la mort en face, à deux reprises. J’ai vécu une expérience de mort imminente – et une dizaine d’années plus tard, j’ai connu la maladie. Alors personne ne viendra me donner de leçon de – et sur la – vie. Croyez-le bien. Et certainement pas des prêtres complètement déconnectés des réalités de ce monde.
L’Eglise catholique et les femmes
En parlant de prêtres, revenons à l’Eglise catholique. J’ai bien des griefs contre elle, à commencer par sa vision des femmes qui n’a pas – ou peu – évolué depuis l’an 1. Une première question : pourquoi une femme n’a-t-elle pas le droit de dire une messe ? Messieurs les papes, les évêques, les curés, etc… on sait lire, hein. Si si. Je vous ju… promets. Alors… une réponse ? Quelqu’un ? Oui ? Je vous écoute ! Parce que « c’est difficile de voir le Christ dans une femme.«   Aaaaah… ça, c’est de l’argument, vraiment !! Mais le Christ, chers amis, n’était-ce pas d’abord et avant tout un message d’amour et de paix, des valeurs, un guide ? Une femme ne peut pas représenter tout ça ?
Passons. C’était juste un exemple pour montrer la mauvaise foi (sans mauvais jeu de mot) de l’Eglise catholique concernant les femmes.
Marie ou Marie-Madeleine ?
Le problème dans la religion, c’est qu’elle est automatiquement manichéenne. Tout est blanc, ou tout est noir. Il y a le Bien, et il y a le Mal. Or, tout le monde sait bien dans la « vraie vie » que ce n’est pas aussi simple que ça. Oui, il y a du Hitler en Mère Teresa ; et oui, il y a du Mère Teresa dans Hitler. Ca s’appelle un être humain – voilà tout. Pour reprendre les arguments des catholiques, il n’y a que « Dieu » et le « Diable » pour être respectivement tout blanc ou tout noir. Or – ils le disent eux-mêmes : la perfection n’est pas de ce monde !
Et chez les femmes, alors ? Il y a la Vierge, et il y a la Pécheresse. Notez que ces deux visions opposées de la femme sont basées sur la sexualité. Les femmes ne sont donc réductibles qu’à leur sexe… Ce n’est pas faire montre d’une grande ouverture d’esprit, tout ça. Et surtout, c’est complètement déconnecté du réel.
Alors mesdames, mesdemoiselles, qu’êtes-vous ? Une pute ou une maman ? Ni l’un ni l’autre ? Les deux en même temps ? Rien de tout ça ? Eh oui. Ca me semble tout à fait clair : « Dieu » a visiblement un problème avec les femmes. Y a qu’à voir : il l’a mise enceinte comment, la petite Marie ? Mmh ? Visiblement il ne l’a pas touchée, sinon elle ne serait plus vierge. Pourquoi ? « Dieu » serait-il homosexuel ? Nan franchement, la question se pose.
J’arrête là les sarcasmes – je sais d’expérience que les croyants, pour la plupart, n’ont pas le sens de l’humour, ce qui est fort dommage puisque ça les décrédibilise encore plus. Je vous en prie, acceptez mes critiques comme j’accepte les vôtres. OUI, la religion est critiquable. La notion de « Dieu » aussi.
Pour revenir à la « Sainte Vierge », on croit aux miracles ou on n’y croit pas. Personnellement, je n’y crois pas. Mais, au risque de me répéter, je respecte tout à fait ceux qui choisissent d’y croire.
Mais c’est un fait : l’Eglise catholique est misogyne, et elle réduit les femmes à leur sexe, à leur utérus. On en revient à l’avortement.
L’Eglise : une institution politique
Si l’avortement est aussi fermement condamné par l’Eglise, c’est évidemment parce qu’elle défend le caractère sacré de la vie, mais c’est aussi un choix politique.
Il serait bien long et fastidieux de rappeler toute l’histoire de cette institution qu’est l’Eglise. En quelques mots, elle a longtemps été autant (voire plus, selon les époques et les pays) une institution religieuse qu’une institution politique. Politique et religion ont toujours été étroitement liées, et elles le sont toujours dans de nombreux pays qui n’ont pas séparé religion et Etat. Des exemples ? Les croisades, les guerres saintes (parfait oxymore, soit dit en passant…), les colonisations, le roi de droit divin, etc… L’Eglise a été jusqu’à récemment en France une institution politique qui régissait la société, la nation, la vie de famille, le quotidien… On vivait au rythme du calendrier religieux, c’était les cloches des églises qui donnaient l’heure et organisaient les journées…
Le refus de l’avortement est donc autre chose qu’un simple point de vue religieux : c’est la volonté farouche de réduire la femme au statut de mère et de femme au foyer. La femme, utérus ambulant, qui n’a de fonction que de faire des enfants, doit rester à la maison. Pourquoi ? Mais pardi, parce que ça arrange les hommes !! Et rappelez-vous, qui sont les prêtres, les évêques, les archevêques, les papes ?… Des hommes. Il y aurait eu des femmes décisionnaires au sein de l’Eglise, les choses ne se seraient pas passées ainsi.
C’est un fait : pendant des millénaires, et aidé de tout son poids par l’Eglise catholique, les femmes ont été soumises aux bonnes volontés des hommes. Réduites à leur utérus, elles ne devaient qu’enfanter et élever la marmaille (et préparer à manger, s’occuper du foyer, recoudre et repasser, etc etc…) Réduites à leur utérus, elles n’étaient tout simplement pas des êtres libres. Réduites à leur utérus, elles devenaient tout simplement des esclaves.
L’Eglise, les femmes, l’esclavagisme
Esclave. Ce mot vous choque, amis manifestants ? Oui ? Ca tombe bien. Moi aussi. Et pourtant, l’Eglise a voulu et veut toujours réduire les femmes à l’esclavage en les empêchant d’avorter. Parce qu’avorter, c’est reprendre possession de son corps, donc de sa vie, donc de sa liberté…
Rappelons que la vie d’une mère, pour l’Eglise catholique, valait moins que celle d’un embryon : « En 1869, Pie IX, suivi par Léon XIII, impose une ligne dure à l’Église : aucune exception ne permet l’avortement, et peu importe que la vie d’une femme puisse être sauvée par l’intervention d’un médecin qui juge qu’il faudrait procéder à un avortement, il faut laisser mourir cette femme. Ils brandissent l’excommunication à quiconque ne leur obéit pas.« 
Charmant. Et tellement cohérent. Alors, cette vie, toujours aussi « sacrée » ? Ah mais quand c’est la vie d’une femme, c’est pas pareil. C’est « juste » une femme. Bah oui. Et cet embryon, il est innocent – lui. Et s’il existe, c’est bien parce que la femme a péché. Donc c’est une pute. Et une pute ne fait pas le poids par rapport à un embryon innocent. Mais sinon, cet embryon – très accessoirement – il a un père, aussi.
Quel rapport avec l’esclavagisme, me direz-vous ? J’y viens.
« Ce discours se poursuit dans la première moitié du 20ème siècle, peut-être même jusque dans les années 1960 avec le jésuite Marcel Marcotte. Celui-ci, en se conformant rigoureusement aux directives de Rome,  affirme avec vigueur que les femmes doivent offrir leur vie si celle-ci devient menacée par une grossesse, et il ajoute que ces femmes héroïques sont admirables à donner ainsi leur vie. Entre vous et moi, c’est Rome et l’Église du Québec, dans le temps, qui s’appropriait le pouvoir de décider que les femmes devaient donner leur vie dans de telles circonstances.  Ils faisaient de fortes pressions pour obliger les femmes à donner leur vie tels des soldats à la guerre. Sauf, que ces femmes n’avaient pas décidé elles-mêmes d’imiter des soldats qui, eux, savent qu’ils  peuvent perdre la vie. Ce n’était pas, non plus, leur guerre et leur lutte, c’était Rome qui était en guerre ou en lutte contre la modernité et contre l’État. Les comportements de Rome ressemblaient à celles de propriétaires d’esclaves; et ils traitaient les femmes en esclaves qu’ils pouvaient à leur guise transformer en soldats. »
Je crois que c’est très clair.

[Petit rappel historique sur l'Eglise et l'esclavagisme, hein, juste pour information : "Alors qu'un mouvement pour l'abolition de l'esclavage traverse l'Occident, et que des pays font des pressions afin que Rome suive leur exemple, en condamnant l'esclavage, l'Église de Pie IX, contre vents et marées, décide de suivre une tradition qui existe dans l'Église depuis des siècles: en 1866, l'Église de Pie IX reconnaît pour légitime la  possession d'esclaves. Pour voir vraiment une condamnation du fait de "posséder" un esclave, sans qu'aucune exception n'échappe à cette condamnation, il faudra attendre le second concile du Vatican en 1965. Mais comment s'étonner, ici, du fait que l'Église ait approuvé l'esclavage pendant des siècles, alors que selon C. Prudhomme, l'Église elle-même a possédé des esclaves dans ses États pontificaux "jusqu'au 18ème siècle, voire le début du 19ème siècle"."
1965 !!!... (pour ne parler que de cette date). Amis manifestants, vous rendez-vous compte ???]

Quelles sont mes sources, me demandez-vous ? Question sensée. Je me suis appuyée sur le travail de Yolande Potvin, historienne, sur l’avortement et l’Eglise. Je vous conseille vivement de lire ces quelques paragraphes intéressants, instructifs, et bien sourcés.
L’Eglise catholique, pas vraiment en odeur de sainteté
Comme j’essaye de le démontrer, l’Eglise catholique n’est pas toute blanche. Au cours des siècles, elle a fait inifiniment plus de morts qu’elle n’a sauvé de vies. Guerres saintes, croisades, complots politiques. colonisations… Non-assistance à personne en danger pour ces femmes aux grossesses mortelles… Alors quand on me parle de vie « sacrée », ça me fait bien rigoler. Quand on sacrifie des femmes et qu’on possède des esclaves, on n’a pas à me donner des leçons sur le respect de la vie humaine. Vraiment pas.
Mesdames et messieurs les manifestants, allons vous enfin comprendre que l’Eglise est une institution humaine, gérée par des êtres humains, régies par des lois humaines, et qui suivent un texte (la Bible) écrit par des êtres humains ?… Par pitié, ayez un minimum de sens critique !! Ne suivez pas à la lettre tout ce qu’on vous demande de penser !!

Surtout qu’en matière d’opinion, même sur l’avortement, l’Eglise n’a pas toujours eu la position qu’elle a aujourd’hui…

L’Eglise et l’avortement
Si vous avez lu les quelques paragraphes de Yolande Potvin, vous vous serez rendu compte que l’Eglise n’a pas toujours interdit l’avortement.
« Au 19ème siècle, en Occident, avant que Pie IX ait des ennuis avec ceux qui n’acceptaient pas sa façon de régner, les femmes avaient le droit d’avorter pendant les premiers mois de la grossesse, car on croyait que ce qui n’est pas encore formé n’a pas d’âme. »
[NB : Je n'ai pas fait de recherches plus poussées par manque de temps. J'estime le travaille de madame Potvin assez sourcé pour pouvoir lui faire confiance. Mais elle peut se tromper, et moi aussi. J'accepterai de croire que ce qu'elle dit est faux si on m'en apporte la preuve.]
La position d’aujourd’hui est de dire que dès que le spermatozoïde a fécondé l’ovule, l’âme est là, les cellules qui se divisent en 2 puis en 4, puis en 8 etc… sont déjà un être humain vivant.
Ces deux positions sont très différentes. Or, elles viennent de la même institution : l’Eglise catholique. Preuve qu’elle n’a pas la parole divine. Comme je le disais, elle est dirigée par des êtres humains, faillibles par définition. Alors, mesdames et messieurs les manifestants, pourquoi croyez-vous plus ce que l’Eglise dit maintenant plutôt que ce qu’elle disait hier ? Ou plutôt… Si vous étiez né hier, auriez-vous été d’accord avec elle quand même ? Auriez-vous suivi aveuglément ce qu’elle vous demandait de croire ?
« Dans l’Église, avant Pie IX, j’ai pu observer une alternance entre permis et non permis au début de la grossesse. Mais depuis Pie IX, la position des papes contre l’avortement au début de la grossesse est présentée comme une vérité suprême provenant d’un pape infaillible.«  Voilà qui résume admirablement bien mes propos jusqu’à présent. Depuis Pie IX, donc, la position de l’Eglise est contre l’avortement, quel que soit le cas. Viol, inceste, danger pour la vie de la mère, mauvais moment dans une vie… Peu importe. Pas d’avortement, jamais, en aucun cas.
Vraiment ?…
Amis manifestants, savez-vous que l’Eglise elle-même a fait avorter des religieuses violées par des Congolais en 1960, lors de l’indépendance du Congo belge ?…
A l’époque, l’affaire avait fait grand bruit. Mais curieusement, malgré mes recherches, je n’ai rien trouvé sur le web se rapportant à ces faits. Seulement des témoignages sur des forums. En voici quelques-uns :
- Aurore boréale sur un forum Yahoo : « Je me pose des questions … pourquoi en 1960 l’église a t elle accepté les avortements des religieuses qui se sont fait violées dans l’ex Congo belge. Hypocrisie comme toujours avec les religions ? »
- dirk, sur altermedia.info :  »Des religieuses violées par des Congolais lors de l’indépendance du Congo Belge ont été autorisées à avorter par la Vatican. Peu de gens le savent. Simple info (j’avais 3 oncles et tante missionnaires dans ce pays à l’époque !) »
- altaric sur un forum de france5.fr : « En 1960 au Congo ex-belge , des religieuses se sont trouvées enceintes après avoir été violées par des militaires congolais. Le Vatican les a autorisées à avorter. »
Le Vatican étant maintenant sur Twitter (@news_va_fr), je leur ai donc posé la question suivante : Comment expliquez-vous l’avortement autorisé par l’Eglise des religieuses violées au Congo belge en 1960 ? Je ne manquerai pas de faire part de la réponse – si elle arrive.
Pour résumer
Mesdames les manifestantes, mesdames et mesdemoiselles qui êtes contre l’avortement parce que vous suivez ce que dit l’Eglise… Sachez donc que cette institution est dirigée par des hommes qui n’ont aucune idée de ce qu’est une femme, de ce qu’est une famille, de ce que c’est que d’élever un enfant aujourd’hui.
Ce sont des hommes qui suivent des lois d’un autre temps, écrites par des hommes d’un autre temps, et qui sont complètement inapplicables en l’état aujourd’hui.
C’est une institution loin d’être parfaite et qui n’a pas toujours eu la même position sur le sujet de l’IVG.
Sachez que l’interdiction de l’avortement prôné est aussi (surtout ?) une manière de réduire la femme à une fonction d’usine à bébés. Une femme n’est pas qu’un ventre, mesdames !!… Reprenez le contrôle sur votre corps, sur votre vie – reprenez votre liberté et votre « libre arbitre » : choisissez en votre âme et conscience de quand, comment, avec qui, et dans quelles conditions faire un bébé.
L’Eglise est également contre la contraception non-naturelle. Mais enfin… de quoi se mêle-t-elle ? Comment peut-on accepter que des hommes qui vivent coupés du monde et des relations humaines, sentimentales et sexuelles ordonnent de ne pas contrôler le moment d’accueillir un enfant ??
Pour reprendre les arguments catholiques, si « Dieu » nous a donné le désir et le plaisir sexuel, pourquoi ne pas en profiter ? Pouvez-vous répondre à ça, s’il vous plaît ?… S’il avait voulu que les rapports sexuels servent seulement à la conception, pourquoi le désir, pourquoi le plaisir, pourquoi les sentiments amoureux, tout simplement ? Ca n’a aucun sens.
Ne laissez pas ces hommes décider de ce qu’est votre vie. Et si ce dieu est si miséricordieux, pourquoi voudrait-il qu’un enfant lourdement handicapé naisse ? C’est absurde.
Si ce dieu était si bon, pourquoi voudrait-il qu’une femme soit violée ? Pourquoi voudrait-il que cette petite fille  de 9 ans violée par son beau-père mette au monde des jumeaux ?
Si c’est ça, « Dieu », eh ben non merci. Ca ressemble bien à une invention masculine, par les hommes, pour les hommes.

En plus, c’est bien beau d’interdire l’avortement, la contraception, tout ça tout ça. Mais la responsabilité des hommes, là-dedans ? L’Eglise en parle-t-elle ? Non. Et pourtant, ces embryons, ils ne se font pas tout seul.

Mesdames les manifestantes, j’espère au moins que vous n’utilisez aucun moyen de contraception. Que vous n’avez fait l’amour que pour concevoir vos enfants. Soyez cohérentes, jusqu’au bout – sinon, ne venez pas donner de leçon de morale, de leçon de vie à la respectable madame Veil.
Messieurs, bien sûr, vous ne réclamez jamais un rapport sexuel juste parce que vous en avez le désir. Vous ne gâchez jamais votre semence si précieuse dans un plaisir solitaire.
Mesdames et messieurs les manifestants, puisque la vie vous est si « sacrée », j’espère que vous ne mangez que de la viande venant d’animaux morts de mort naturelle. Que vous n’écrasez jamais d’araignées, ni de moustiques. Que vous ne vous soignez pas pour laisser les microbes vivre. Raisonnement idiot ? Un peu extrême, certes. Mais qui se pose.

SOYEZ COHERENTS. Et ensuite, on pourra discuter.

Par pitié, amis manifestants, ayez un peu de sens critique. Vous utilisez décemment le mot « extermination » concernant madame Veil, qui a survécu aux camps nazis. Mais suivre comme des moutons ce que l’Eglise vous dit de penser, c’est la même démarche que de suivre comme des moutons un système totalitaire.
Je préfère – et de loin, très loin – être une brebis égarée.
Je ne fais pas de prosélytisme. Je ne demande à personne d’avoir la même opinion que moi. Je ne demande surtout à personne de renoncer à sa foi.
Je voudrais juste que chacun, chacune réfléchisse comme je réfléchis. Que chacun aille au bout de son propre raisonnement. Que chacun fasse preuve de sens critique. Je voudrais que chacun, chacune se pose ces questions :
Pourquoi croyez-vous en ce que vous croyez ? Y croyez-vous parce qu’on vous a élevé comme ça, parce qu’on vous a dit d’y croire, ou parce que c’est vraiment de l’intime conviction ? D’où vient votre foi – vraiment ?
Ne pensez-vous pas que suivre aveuglément sans aucune remise en question des principes qu’on vous a inculqués n’est pas la même démarche que de suivre aveuglément les principes de n’importe quelle dictature ?
Pourquoi l’Eglise interdit l’avortement aujourd’hui alors que ça n’a pas toujours été le cas ?
Pourquoi a-t-elle autorisé ces religieuses violées à avorter ?
Pourquoi n’autorise-t-elle aucune femme à être décisionnaire au sein de cette institution ?
Instigatrice de guerres saintes, complice de l’esclavage, fermant parfois les yeux sur des prêtres pédophiles, est-elle réellement un exemple à suivre les yeux fermés, sans un minimum de sens critique ?
Est-elle vraiment apte à donner des leçons de morale, à imposer des règles inapplicables ?
Non, la femme n’est pas par essence douce et maternelle comme  on veut nous le faire croire. Non, il n’y a souvent pas d’autres solutions que d’avorter. Non, ce n’est pas un crime.
Oui, je pense que c’est criminel de prôner l’abstinence au lieu d’encourager le port du préservatif. Oui, je pense que l’Eglise n’a pas à intervenir dans les questions de sexualité, de vie de couple, de contrôle des naissances tant qu’elle n’autorisera pas les femmes à être prêtres, et les prêtres à se marier.
Oui, je pense que l’Eglise est une institution nauséabonde, poussiéreuse, misogyne, criminelle, incapable de s’adapter à la vie moderne, qui ne montre pas l’exemple et qui ne fait pas honneur aux valeurs qu’elle dit défendre.
Je ne suis pas spécialement féministe. Mais je rejoins les Chiennes de Garde sur ce point :
« Être favorable à la légalisation de l’IVG, c’est, tout simplement, être sensible à un problème de santé publique (et donc, économique) : car une femme qui veut avorter le fera, dans n’importe quelle condition, quitte à mettre sa santé ou sa vie en danger, et quoi qu’en dise la loi. (…) Ce que chacun-e pense du statut de l’embryon, du commencement de la vie humaine ou de l’existence de l’âme ne devrait même pas faire l’objet d’un débat et ne devrait relever que des convictions intimes n’ayant strictement rien à voir avec la législation.»
Merci aux croyants de m’avoir lue jusqu’au bout – et de respecter mon opinion et mon point de vue. Aux autres aussi, bien sûr – ce post est très long.
Pour conclure, je vous propose d’écouter cette chanson de Lynda Lemay. Elle mettra tout le monde d’accord. Elle raconte une histoire, l’histoire banale d’une femme qui se retrouve enceinte par accident. Elle s’en remet à Dieu. On ne sait pas si elle décidera d’avorter ou pas. Là n’est d’ailleurs pas le sujet. C’est juste une histoire, une situation. A chacun de juger.
Ou pas.

[TWITTER] A ceux… qui ont live-tweeté les Victoires de la Musique

mars 7, 2010 dans En vrac, Société

… ou Twitter expliqué (par un exemple) aux néophytes.

MERCI. Merci à vous, ô followings adorés, pour cette soirée passée à rire devant mon écran. Vous étiez nombreux, hier soir, à suivre les Victoires de la Musique retransmises du Zénith en direct sur France 2. Et vous étiez également nombreux à les commenter en direct sur ce fabuleux site de micro-blogging…

http://poncier.org/blog/wp-content/2009/09/twitter.jpg
Je n’étais pas tout le temps d’accord avec vous : par exemple, bah oui, moi j’aime bien Grégoire, c’est sympa et ça se prend pas la tête. En revanche, je déteste Bashung… mais je ne prendrai pas le risque de le dire sur Twitter… Parce que parfois (souvent ? tout le temps ?), les abonnés font montre d’une étroitesse d’esprit et d’un élitisme qu’ils clament combattre… 
Je n’étais pas tout le temps d’accord avec vous, donc, mais qu’est-ce que j’ai ri… Et un tel bon moment, ça se partage. Je me suis dit qu’en plus de le partager, ça pourrait devenir un merveilleux exemple de ce que peut être Twitter, pour ceux qui se demanderaient à quoi ça peut bien servir (rassurez-vous, je me posais encore la questions pas plus tard qu’il y a quelques semaines).

Chers amis internautes, voici donc une sélection tout à fait arbitraire des meilleurs tweets d’hier soir. 

[Aux néophytes : j'estime que rien ne vaut la pratique pour comprendre. Je ne compte donc pas faire un glossaire des mots à connaître. J'expliquerai au fur et à mesure en rouge ce qui me semble utile d'être expliqué. Cela dit, quelques notions doivent être connues avant de commencer.]

But du jeu : vous résumer ma soirée avec les meilleurs « tweets » (c’est un message court de 140 caractères)En fait, plusieurs de mes « followings » (ceux dont je suis les tweets) ont « live-tweeté » (commenté en direct sur Twitter) les Victoires de la Musique.
Autre élément à savoir : les hashtags. Un « hashtag », c’est un mot-clé que l’on précède du caractère « # ». Il sert à mettre un tweet dans une certaine catégorie. Ce soir, les principaux tweets des Victoires ont été « hashtagués » #VDM ou #vicmusic. 
En fait, ils sont très utiles : ça permet d’avoir tous les tweets de tout le monde sur un même sujet quand on tape un mot-clef dans « rechercher ». Souvent, le « hashtag » précise quelque chose, indique une ironie, classe dans une conversation sur un sujet précis, etc…

Attention… C’EST PARTI !!

[Amis Twitteux, je n'ai fait que copier-coller, sans corriger l'orthographe. Je n'ai pas non plus repris les pseudos par souci de facilité de lecture. Les cités se reconnaîtront, je les en remercie.] 


Il y a quand même une revendication « C’était mieux avant la zik française » qui traîne dans cette soirée…#vicmusic
PPDA sur France 2. über-laule. #VDM
« Ma chanson est naïve, un peu bête ». Nooooooon, sérieux? #VDM
PPDA remue ses genoux sur @lafouine78 ca c’est Gangsta
(La Fouine était sur scène à ce moment-là. J’en conclus donc que @lafouine78 est son compte Twitter.) 
« Machin est dans la place », le truc qui se dit plus depuis 1993. #vicmusic
PPDA humour toujours !!!!!  »il va retourné fouiner en coulisse !!« 
C’est moi ou ils ne remettent aucun prix à cette cérémonie? #vicmusic En même temps personne n’en mérite.
C’est moi où un gamin tient une bière derrière Jack Lang? #VDM
+1 Bonne nuit ! RT @soubrou J’allume la TV. Grégoire, PPDA, La Fouine. Gicquel est mort. J’éteins…
(Traduction : Quand on veut réagir au tweet de quelqu’un devant tout Twitter, on le « ReTweete », donc on écrit RT + pseudo + copié-collé de son tweet. Et avant le RT, on écrit ce qu’on veut dire. Et quand on aime le tweet de quelqu’un, on peut mettre « +1″, ou plus +1000000″ etc… si on aime vraiment.)
« Un énorme élan d’enthousiaSTE pour tout ce qui est dialogue ». Hum. #vicmusic
Il est vert Hugues Auffray ou j’ai mal réglé ma TV ? #vicmusic #Liebiglegumes
Bon, certaines personnes de la TL voient Hugues Auffray « ocre foncé » ou « orange », moi  »vert »… j’en déduis qu’il moisit. #vicmusic
(Twitter n’est pas connu pour être tendre… Mais c’est ça qui est drôle !! – Ah pardon, et TL veut dire « timeline ». Ce sont tous les tweets qu’on voit s’afficher sur son compte.)
Après drucket, ppda, delarue, voilà sabatier….le prochain c’est guy lux …ah on me dit en régie qu’il est mort
(Ces deux-là sont drôles : écrits exactement à la même minute, ils donnent deux points de vue complètement opposés !! C’est la magie Twitter…)
Positivons : au moins les chanteurs présents aux Victoires de la musique n’encouragent pas le téléchargement illégal.
On va être obligé de télécharger tellement c’est mauvais. Les major se tirent une balle dans le pied #hadopi #VicMusic
qui est ce qui a invité le soutif de Lombroso ? Et sundé with a flou. Mais son accent pue du cul!
Qqun peut dire au clone de Charlie Winston de sortir, et de laisser faire les grandes personnes? #VDM
RT @FlorencePorcelhttp://twitpic.com/170w24 - Points de vue… #megalol #VDM +1000
(Ca, c’est donc quelqu’un qui m’a « retwittée ». Vous pouvez cliquer sur le lien, vous verrez la capture d’écran des 2 tweets contradictoires. Et il a rajouté +1000 à la fin.)
Philippe Gildas ou le brushing qui tient toute la vie #vicmusic #revedecoiffeur #fileladressepourmagrandmere
(Voilà le tweet le plus drôle de la soirée. En voyant le hashtag #fileladressepourmagrandmere », j’ai cru que j’allais faire pipi-culotte.)
Le show est sur Twitter, pas dans ta télé. Bienvenue sur le web 2.0. #VDM
(Ca c’est moi !! :-p)
(Le tweet suivant est une réponse à @lagendart qui me demandait si les live-tweets me plaisaient.)
@lagendart J’ai pas ri autant depuis la dernière rediff de Rasta Rocket.
(Et sa réponse :)
@FlorencePorcel Oulaaah c’est qu’on est bon. huhu.
Si j’avais l’âge que j’ai, je me ferais bien Maxime Nucci pour mon goûter. #VicMusic
Que pense Claude François de cette soirée, on pourrait lui demander via interview médium #vicmusic
(Ah oui, vous ne pouvez pas comprendre si vous n’êtes pas au courant de ça. Oui, c’est d’un autre monde. Sans mauvais jeu de mot.)
Nagui : « le Zénith est encore rempli ». T’as raison de préciser, parce que nous aussi ça nous surprend #vicmusic #fail !
heuh quelqu’un peut buter la voix off avant que je fasse un frontkick à ma TV !
RT @abstraitconcret: « merci oxmo puccino qui va repartir pucciner en coulisses »
mdr ! RT @jeymer a quand la catégorie du « plus grand téléchargé » #vicmusic
(+ 1 000 000 000 000 000 000 000)
France2tv un bouchon de Champagne vient de me sauter dessus..
(Quand je serai grande, je serai journaleuse.)
Faudra vraiment qu’on m’explique ce défilé des animateurs #vicmusic
(En effet, maintenant que tu le dis…) 

Voilà ! J’espère, pour les néophytes, que vous appréhendez un peu mieux ce merveilleux outil. Si vous voulez en savoir plus sur Twitter, je vous conseille de regarder le reportage d’Envoyé Spécial diffusé le jeudi 04/03/2010 sur France 2. Il est très bien fait ! Ainsi que mon mode d’emploi drôle et illustré.
 


 

 

[ENQUETE] Les hommes en Force de l’Art contemporain

janvier 13, 2010 dans Culture, En vrac, Société, Travaux universitaires

La situation des femmes dans la société française pose encore bien des problèmes et soulève bon nombre d’injustices. Si les derniers gouvernements ont prôné la parité, les résultats ne sont pas encore ceux escomptés. Qu’en est-il de la représentation des femmes dans les manifestations publiques créées ces dernières années ? Le Ministère de la Culture et de la Communication, notamment, s’est investi dans le soutien et la promotion de l’art contemporain à travers la création d’une triennale intitulée La Force de l’Art. Cette initiative publique donne-t-elle toutes ses chances aux artistes, quel que soit leur sexe ?

Souhaitée par Dominique de Villepin, alors Premier Ministre, La Force de l’Art a été créée en 2006 et a pour mission de promouvoir à l’étranger les créateurs d’art contemporain, français ou vivant en France, vivants ou non. Conçues comme une vitrine de la scène française, les deux premières éditions de cette triennale, en 2006 et en 2009, se sont déroulées sous la Nef du Grand Palais à Paris. Si l’édition de 2006 a été un succès avec 80 000 visiteurs, en partie due à la primauté de l’évènement, la deuxième édition présente un bilan plus contrasté : 67 000 visiteurs pour l’exposition sous la Nef du Grand Palais. En ce qui concerne les visites des annexes (Musée du Louvre, Tour Eiffel, Musée Grévin, Palais de la Découverte, et Eglise Saint-Eustache), le chiffre avancé est de 40 000 entrées, mais il est impossible de différencier les entrées pour les monuments eux-mêmes, des entrées pour les annexes de laForce de l’Art 02.

D’une manière générale, les artistes sont satisfaits de la démarche et l’encouragent. Cependant, ils soulèvent bon nombre de problèmes dans la réalisation, et notamment la faible représentation des artistes femmes – et, quand elles sont présentes, une certaine désinvolture à leur égard, à l’instar de Frédérique Loutz, artiste exposée lors de la deuxième édition : « Un des trois commissaires n’a pas eu la politesse de me saluer ». Elle s’est alors sentie « seule, démunie et éprouvée ». Les artistes hommes ont également conscience de la sous-représentation de leurs consœurs, phénomène qui ne se résume pas à la Force de l’Art, mais bien aux expositions, collections, et manifestations françaises en général : même si Fayçal Baghriche n’est pas « pour la parité dans les expositions ; on choisit de montrer des travaux selon leur pertinence et non selon le sexe de l’auteur », il estime tout de même que « des oublis aussi manifestes ne peuvent être assimilés qu’à du dédain ». Fayçal Baghriche n’est pas le seul à tempérer ses propos sur la question. Gilles Fuchs, président de l’Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français (ADIAF), modère également son opinion personnelle : « On fait attention à la présence de femmes mais ce n’est pas un critère déterminant. Si on n’avait que des Louise Bourgeois dans notre sélection, on n’aurait que des Louise Bourgeois. Les personnes sélectionnées sont artistes avant d’être femmes. Il est vrai que les artistes promus par les galeries sont en majorité des hommes. (…) En art, il n’est pas essentiel de distinguer les deux genres : si vous lisez un bon roman, il n’est pas nécessaire de savoir si c’est un homme ou si c’est une femme qui l’a écrit. Ce n’est pas vital au niveau de l’organisation de la société. Si vous demandez à Annette Messager si elle est une artiste femme, elle vous griffera et vous dira : je suis UN artiste ».

Ce problème mobilise, des groupes militants se forment, notamment sur Facebook où un groupe intitulé « La faiblesse de la Force de l’Art » a été créé en écho à la lettre ouverte écrite par Isabelle Alfonsi (galeriste et critique d’art), Claire Moulène (journaliste et commissaire d’exposition indépendante), Lili Reynaud-Dewar (artiste et enseignante à l’Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux), et Elisabeth Wetterwald (critique d’art et enseignante à l’Ecole des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand). Cette lettre vise à dénoncer la faible représentation des femmes, notamment à la Force de l’Art. Philippe Comtesse, le créateur du groupe, explique : « Cet appel est bien plus large que celui de La Force de l’Art qui n’est qu’un symptôme de ce qui se passe dans l’art et la représentation des femmes dans les collections, événements, expositions. Pour ce qui est de mon engagement dans cette histoire, je suis sympathisant féministe. Suite à cet appel, j’ai boycotté l’événement. » Il ne semble pas être le seul concerné. Jihane El Meddeb, auteure et cinéaste présente au vernissage des deux éditions, a déclaré : « J’ai d’ailleurs eu une conversation avec Orlan à ce sujet. J’avais entamé une action relevant le pourcentage de femmes représentées lors de ces expositions alors que je ne suis pas « féministe » pour un sou… » Et Polina, une amatrice d’art contemporain qui ne se sent pas non plus particulièrement proche d’un quelconque mouvement féministe, avoue : « Oui, les artistes femmes ne sont pas assez représentées, mais ce n’est pas spécifique à la Force de l’Art, c’est tout le milieu de l’art en général. »

Les artistes femmes comptaient pour 16% des effectifs lors de la Force de l’Art, alors qu’elles comptent pour 60% des diplômées des écoles des Beaux-Arts en France. Parmi les candidats admis en première année aux Beaux-Arts de Paris pour 2009-2010, 55% sont des candidates. A la Villa Arson de Nice, dans l’équipe pédagogique de 34 personnes, 4 professeurs sont des femmes, dont 3 sont des artistes, et plus de la moitié des étudiants sont des étudiantes.

Le monde de l’art contemporain ne reste pas inactif face à cette sous-représentation : depuis le 27 mai 2009, l’accrochage elles@centrepompidou a investi le Musée national d’art moderne de Paris. Entièrement dédié à la création contemporaine féminine, il a pour vocation d’interpeler à la fois le public et les institutions pour qu’enfin un jour, et le plus tôt possible, les artistes femmes soient représentées dans les manifestations, dans les collections, et dans les expositions à la hauteur de leur présence, de leur talent, et de leur contribution à la scène contemporaine française.

[HUMEUR] A ceux… qui veulent tout pardonner à Roman Polanski

novembre 21, 2009 dans En vrac, Société

Les artistes se distinguent des politiques et des héritières de par leur capital-sympathie non négligeable dans une société donnée. Celle-ci sera alors plus clémente envers ses créateurs qu’envers un citoyen lambda. Ils jouissent donc de libertés de ton et d’action plus larges ; mais sont-elles infinies pour autant ?

Toute madame Michu qui se respecte claironnera la même chose : « Ah !… Ces artistes… », avec cette tendresse dans le regard comme on rouspète – pour la forme – un enfant aux boucles d’ange qui aurait fait une grosse bêtise. Georg Baselitz (peintre allemand), lui, a déclaré : « L’artiste n’a de responsabilité envers personne. Son rôle social est asocial. » Tout est dit. Si l’essence même du créateur est d’être outre-société, alors pourquoi lui imposerait-on les règles et les lois inhérentes à tout citoyen ? Après tout, la scène publique a besoin de ces artistes non-conformistes : qui d’autre remplirait ce rôle ? Le Manifeste des 343 salopes, symbole de la désobéissance civile, n’aurait pas réussi à faire voter le droit à l’avortement si une majorité d’artistes ne l’avait pas signé.

Au-delà des faits de société lourds de sens et de conséquences, l’artiste revêt une fonction beaucoup plus triviale – mais non moins importante : la catharsis d’un peuple, la bouffée d’oxygène de la bien-pensance de tout-un-chacun. Johnny Halliday est un coureur de jupons invétéré ? Les femmes sourient et pardonnent, les hommes l’envient. Lady Gaga porte des tenues toujours plus improbables ? Les femmes se rêvent aussi libres qu’elle, les hommes sont sous le charme. Pete Doherty entame l’hymne nazi ? S’il n’était pas aussi sulfureux, il n’aurait aucun intérêt… Les artistes, au-delà de leurs œuvres, se doivent donc de ne pas avoir nos valeurs et notre morale : un peu de folie dans ce monde de brute est salutaire. Leur liberté de ton, plus grande que celle d’un citoyen lambda, est même nécessaire à une démocratie digne de ce nom.

« Un artiste est quelqu’un qui a réussi à transformer des défauts caractériels en qualités professionnelles », disait Philippe Bouvard. Libérons donc sur le champ Roman Polanski. Il a certes plaidé coupable de relation sexuelle sur mineure de 13 ans. Mais un homme si talentueux, qui a tant apporté au 7ème art !… Kate Moss consomme de la drogue et fait l’éloge de la maigreur ? On ne peut décidément pas mettre au ban une telle figure de la mode. Tom Cruise fait l’éloge de la Scientologie ? Mais il a un sourire si bankable… Serge Gainsbourg prend Vanessa Paradis adolescente sur ses genoux et lui susurre des chansons qui feraient rougir Humbert Humbert ? Oui ; mais c’était (paraît-il, je ne suis pas convaincue…) un génie.

Adolf Hitler était artiste peintre. Gardons-le tout de même à l’esprit.

[HUMEUR] Le 20-Heures de TF1 : de la nourriture pour nos sens

novembre 12, 2009 dans En vrac, Société, Travaux universitaires

Consigne :
Faites une analyse sémiologique d’un programme télévisé.

Correction :
Bon travail de décryptage, avec la pointe d’humour nécessaire.

Le JT est un cérémonial. Toute la famille en profite, en général à l’heure du dîner. Celui de TF1 est le plus regardé de France. Analyse.

Roulements de tambours, avalanche de cordes dont le volume va crescendo, jusqu’au climax. Ce sont les trois premières secondes de la musique des « infos », qui tient en respect les familles les plus récalcitrantes.

Et pour cause. Le thème est celui des Dents de la mer, à peine remasterisé (voir vidéo ci-dessous). Si, du temps de nos aïeux, le bénédicité rappelait chaque jour notre humble situation de mortel, le générique instille les mêmes sentiments universels : la peur de ce qui pourrait arriver, et la joie soulagée et voyeuriste d’être devant le poste, et non dedans.

Une fois l’attention captée, Laurence Ferrari présente le menu. La femme-tronc, assise et les jambes sous la table, prend place à nos côtés. Devant un fond dont les tons bleus rassurent et apaisent, la voix se veut lénifiante pour faire passer en douceur une volée d’horreurs. Mais ne murmure pas à l’oreille des ménagères qui veut. Si deux générations de Français aimeraient appeler PPDA « Papa », la nouvelle papesse de la grand-messe n’a pas une once d’empathie maternelle. Les audiences braillent – mais redoublent de risettes à la vue de Claire Chazal, plus convaincante dans notre rapport freudien à l’information.

Puis le repas se déroule : en entrée, que des mets habituels, presque banals. Une tomate pour un marronnier, une grève dans la salade, assaisonnée quand même de vinaigrette et d’une catastrophe naturelle.

Et le ton se fait plus grave : « C’est l’enquête, de ce 20-Heures ». Le rôti se découpe avec respect. Les petits pois, dégustés avant et après, sont autant de faits divers sordides, âpres mais enivrants comme du bon vin. L’estomac, craignant un ulcère, refuse un deuxième service, l’actualité internationale prend donc la suite. Comme le fromage, certains l’aiment forte, d’autres fade.

Enfin, le dessert réjouira petits et grands. Le sport et la culture, sucrés à souhait, prouvent que la vie est belle, malgré tout ce qu’on a avalé avant. Plus d’inquiétude, on peut se laisser aller à un petit digestif pendant qu’Evelyne Dhéliat nous annonce ce qu’elle va nous redire après la pub. En terrain connu, nous revoilà disponibles pour la suite des programmes.

Que Patrick Le Lay se rassure. Beaucoup de familles françaises ont du Coca-Cola sur la table.

VideoGenerique du JT de TF1 et les dents de la mer

[HUMEUR] Bienvenue chez les nantis, Dany

novembre 7, 2009 dans Culture, En vrac, Société, Travaux universitaires

Consigne :
Ecrivez l’éreintage d’un acteur de la culture. Soyez cruels. Et de mauvaise foi, si possible.

Correction :
Pauvre Dany Boon ! Vous avez une verve assassine.

Vous êtes sympa, Dany. Je vous aime bien. De loin. Mais, par pitié, arrêtez de jouer au comique, c’est insupportable. Citez-moi un seul individu qui soit incapable d’enfiler un K-way, à part vous. Honnêtement. Ce n’est pas des enfants que vous avez dans la salle. Vous savez, les plus de trois ans, ça ne les fait plus rire. Ça les fait sourire. De pitié. Le pauvre garçon, osons un rictus, tout de même, il a l’air de tellement s’amuser.

Et vous savez, Dany, les gens qui payent pour venir vous voir… ils aimeraient bien vous comprendre, aussi. La diction, vous connaissez ? Ton thé t’a-t-il ôté ta toux ? Ent-entr-entr-entraînez-vous-parce-par-parce-qu’entraînez-vous-parce-que-ça-parce-que-ça-devient-de-devient-vite-in-vite-in-vite-hein !-in-impossiblàécouter-hein-et puis-et puis-et puis-et puis bon-voilà-hein-hein. La dernière fois que je suis tombée sur un de vos sketchs sur Rire & Chansons, j’ai fait une crise d’épilepsie.

Et puis, votre air benêt, là… Ça va, on a compris. C’est votre marque de fabrique. Vous êtes du Nord. Okay. D’accord. Belle vitrine pour votre région, vraiment. Ça et l’expression orale, je suis pas prête d’y foutre les pieds. J’ai les nerfs en pelote rien que de penser qu’il faut que je tienne encore quelques lignes. J’en peux plus. J’en peux plus.

Alors, parlons de votre succès interplanétaire de la France (du Nord). Dites, c’est pas un peu se foutre de la gueule du monde ? Vous croyez vraiment que les gens du Sud ne mangent que de la bouillabaisse et de la ratatouille ? Ou qu’ils pensent qu’au-delà de Lyon, c’est le Cercle polaire ? Ce n’est pas un hommage à votre région, monsieur Boon. C’est prendre les gens pour des cons. (Je reste polie.) Autre chose : vous voulez prouver que les Ch’tis ne sont pas des poivrots ? Vous vous écrivez un rôle… de poivrot. Sans compter que vous répétiez à longueur d’interview que les Ch’tis sont généreux, eux. Allez visiter d’autres trous que le vôtre. Vous serez surpris.

Ah, vous ne pouvez pas ? Remarquez, je comprends. Vous êtes très occupé à rester silencieux sur l’affaire du journaliste interdit de spectacle. Des fois qu’il en dise du mal. Ah non, c’est pas ça ? Los Angeles ? Ça fait une trotte, c’est sûr. Tant que vous y êtes, prenez une citrouille avant de revenir par chez nous. Toujours plus original qu’un gros melon.

Bienvenue chez les nantis, Dany.

[HUMEUR] Honni soit qui bien y pense

novembre 2, 2009 dans Culture, En vrac, Société, Travaux universitaires

Consigne :
Ecrivez une chronique de 1500 signes.

Correction :
Aucune chance qu’il vous épouse après une telle volée de bois vert. Eh oui, le monde est injuste. Mais vous trouverez votre place avec une telle énergie. Bien.

Jean Sarkozy aurait pu être nommé à la tête de l’EPAD. 23 ans, bac +1. J’aurais pu participer à une émission de téléréalité pour pouvoir peut-être décrocher un stage à Gala. 26 ans, bac +7.

Loin de moi l’idée d’interpréter ces faits en poussant des hauts cris d’orfraie. Laissez-moi juste donner quelques conseils…

Mademoiselle, suez sang et eau au McDo du coin pour financer vos trois années de cours Florent. Lou Doillon prendra le rôle que votre talent (pas le sien, rassurez-vous) aurait mérité.

Jeune homme, dépensez vos émoluments de barman dans une maquette de vos chansons. Vincent Delerm fera déprimer les gens que vous auriez fait rêver.

Jeune fille, offre-toi des implants mammaires. Etre candidate à Secret Story t’ouvrira plus facilement les portes de la jet-set que des études dans l’évènementiel.

Jeune collégien rêveur, ne travaille plus tes alexandrins. Plus tard, tu seras arnaqueur de stars et tu signeras chez Michel Lafon.

Les jeunes, surtout quittez l’école tôt. Le Pôle Emploi ne vous aidera que si vous avez bac+2 ou moins.

Etudiants en journalisme, vous n’avez pas écouté ce que je viens de dire. Bon, mais puisque vous y êtes, surtout soyez médiocres. Vous faites peur à vos employeurs potentiels.

Moralité : avoir un emploi et du talent tout en étant dépourvu de nom célèbre et/ou de 95C est impossible. Meghan McCain ne dira pas le contraire. Et moi, je ne vois plus qu’une issue à mon triste sort.

Voulez-vous m’épouser, monsieur Poivre d’Arvor ?