[HUMEUR] Le 20-Heures de TF1 : de la nourriture pour nos sens

novembre 12, 2009 dans En vrac, Société, Travaux universitaires

Consigne :
Faites une analyse sémiologique d’un programme télévisé.

Correction :
Bon travail de décryptage, avec la pointe d’humour nécessaire.

Le JT est un cérémonial. Toute la famille en profite, en général à l’heure du dîner. Celui de TF1 est le plus regardé de France. Analyse.

Roulements de tambours, avalanche de cordes dont le volume va crescendo, jusqu’au climax. Ce sont les trois premières secondes de la musique des « infos », qui tient en respect les familles les plus récalcitrantes.

Et pour cause. Le thème est celui des Dents de la mer, à peine remasterisé (voir vidéo ci-dessous). Si, du temps de nos aïeux, le bénédicité rappelait chaque jour notre humble situation de mortel, le générique instille les mêmes sentiments universels : la peur de ce qui pourrait arriver, et la joie soulagée et voyeuriste d’être devant le poste, et non dedans.

Une fois l’attention captée, Laurence Ferrari présente le menu. La femme-tronc, assise et les jambes sous la table, prend place à nos côtés. Devant un fond dont les tons bleus rassurent et apaisent, la voix se veut lénifiante pour faire passer en douceur une volée d’horreurs. Mais ne murmure pas à l’oreille des ménagères qui veut. Si deux générations de Français aimeraient appeler PPDA « Papa », la nouvelle papesse de la grand-messe n’a pas une once d’empathie maternelle. Les audiences braillent – mais redoublent de risettes à la vue de Claire Chazal, plus convaincante dans notre rapport freudien à l’information.

Puis le repas se déroule : en entrée, que des mets habituels, presque banals. Une tomate pour un marronnier, une grève dans la salade, assaisonnée quand même de vinaigrette et d’une catastrophe naturelle.

Et le ton se fait plus grave : « C’est l’enquête, de ce 20-Heures ». Le rôti se découpe avec respect. Les petits pois, dégustés avant et après, sont autant de faits divers sordides, âpres mais enivrants comme du bon vin. L’estomac, craignant un ulcère, refuse un deuxième service, l’actualité internationale prend donc la suite. Comme le fromage, certains l’aiment forte, d’autres fade.

Enfin, le dessert réjouira petits et grands. Le sport et la culture, sucrés à souhait, prouvent que la vie est belle, malgré tout ce qu’on a avalé avant. Plus d’inquiétude, on peut se laisser aller à un petit digestif pendant qu’Evelyne Dhéliat nous annonce ce qu’elle va nous redire après la pub. En terrain connu, nous revoilà disponibles pour la suite des programmes.

Que Patrick Le Lay se rassure. Beaucoup de familles françaises ont du Coca-Cola sur la table.

VideoGenerique du JT de TF1 et les dents de la mer

[HUMEUR] Bienvenue chez les nantis, Dany

novembre 7, 2009 dans Culture, En vrac, Société, Travaux universitaires

Consigne :
Ecrivez l’éreintage d’un acteur de la culture. Soyez cruels. Et de mauvaise foi, si possible.

Correction :
Pauvre Dany Boon ! Vous avez une verve assassine.

Vous êtes sympa, Dany. Je vous aime bien. De loin. Mais, par pitié, arrêtez de jouer au comique, c’est insupportable. Citez-moi un seul individu qui soit incapable d’enfiler un K-way, à part vous. Honnêtement. Ce n’est pas des enfants que vous avez dans la salle. Vous savez, les plus de trois ans, ça ne les fait plus rire. Ça les fait sourire. De pitié. Le pauvre garçon, osons un rictus, tout de même, il a l’air de tellement s’amuser.

Et vous savez, Dany, les gens qui payent pour venir vous voir… ils aimeraient bien vous comprendre, aussi. La diction, vous connaissez ? Ton thé t’a-t-il ôté ta toux ? Ent-entr-entr-entraînez-vous-parce-par-parce-qu’entraînez-vous-parce-que-ça-parce-que-ça-devient-de-devient-vite-in-vite-in-vite-hein !-in-impossiblàécouter-hein-et puis-et puis-et puis-et puis bon-voilà-hein-hein. La dernière fois que je suis tombée sur un de vos sketchs sur Rire & Chansons, j’ai fait une crise d’épilepsie.

Et puis, votre air benêt, là… Ça va, on a compris. C’est votre marque de fabrique. Vous êtes du Nord. Okay. D’accord. Belle vitrine pour votre région, vraiment. Ça et l’expression orale, je suis pas prête d’y foutre les pieds. J’ai les nerfs en pelote rien que de penser qu’il faut que je tienne encore quelques lignes. J’en peux plus. J’en peux plus.

Alors, parlons de votre succès interplanétaire de la France (du Nord). Dites, c’est pas un peu se foutre de la gueule du monde ? Vous croyez vraiment que les gens du Sud ne mangent que de la bouillabaisse et de la ratatouille ? Ou qu’ils pensent qu’au-delà de Lyon, c’est le Cercle polaire ? Ce n’est pas un hommage à votre région, monsieur Boon. C’est prendre les gens pour des cons. (Je reste polie.) Autre chose : vous voulez prouver que les Ch’tis ne sont pas des poivrots ? Vous vous écrivez un rôle… de poivrot. Sans compter que vous répétiez à longueur d’interview que les Ch’tis sont généreux, eux. Allez visiter d’autres trous que le vôtre. Vous serez surpris.

Ah, vous ne pouvez pas ? Remarquez, je comprends. Vous êtes très occupé à rester silencieux sur l’affaire du journaliste interdit de spectacle. Des fois qu’il en dise du mal. Ah non, c’est pas ça ? Los Angeles ? Ça fait une trotte, c’est sûr. Tant que vous y êtes, prenez une citrouille avant de revenir par chez nous. Toujours plus original qu’un gros melon.

Bienvenue chez les nantis, Dany.

[HUMEUR] Honni soit qui bien y pense

novembre 2, 2009 dans Culture, En vrac, Société, Travaux universitaires

Consigne :
Ecrivez une chronique de 1500 signes.

Correction :
Aucune chance qu’il vous épouse après une telle volée de bois vert. Eh oui, le monde est injuste. Mais vous trouverez votre place avec une telle énergie. Bien.

Jean Sarkozy aurait pu être nommé à la tête de l’EPAD. 23 ans, bac +1. J’aurais pu participer à une émission de téléréalité pour pouvoir peut-être décrocher un stage à Gala. 26 ans, bac +7.

Loin de moi l’idée d’interpréter ces faits en poussant des hauts cris d’orfraie. Laissez-moi juste donner quelques conseils…

Mademoiselle, suez sang et eau au McDo du coin pour financer vos trois années de cours Florent. Lou Doillon prendra le rôle que votre talent (pas le sien, rassurez-vous) aurait mérité.

Jeune homme, dépensez vos émoluments de barman dans une maquette de vos chansons. Vincent Delerm fera déprimer les gens que vous auriez fait rêver.

Jeune fille, offre-toi des implants mammaires. Etre candidate à Secret Story t’ouvrira plus facilement les portes de la jet-set que des études dans l’évènementiel.

Jeune collégien rêveur, ne travaille plus tes alexandrins. Plus tard, tu seras arnaqueur de stars et tu signeras chez Michel Lafon.

Les jeunes, surtout quittez l’école tôt. Le Pôle Emploi ne vous aidera que si vous avez bac+2 ou moins.

Etudiants en journalisme, vous n’avez pas écouté ce que je viens de dire. Bon, mais puisque vous y êtes, surtout soyez médiocres. Vous faites peur à vos employeurs potentiels.

Moralité : avoir un emploi et du talent tout en étant dépourvu de nom célèbre et/ou de 95C est impossible. Meghan McCain ne dira pas le contraire. Et moi, je ne vois plus qu’une issue à mon triste sort.

Voulez-vous m’épouser, monsieur Poivre d’Arvor ?

[HUMEUR] La semaine des guignols

novembre 2, 2009 dans Culture, En vrac, Société, Travaux universitaires

Consigne :
Ecrivez un billet de 800 signes.

Correction :
Vous avez oublié mademoiselle Bové dans ce hit-parade de la « reproduction ». Votre billet m’a beaucoup amusé. 

Frédéric Mitterrand, neveu de François Mitterrand, a été pris pour cible à cause de son livre Mauvaise viepar Marine Le Pen, fille de Jean-Marie Le Pen.

Le même jour sort Rose et Noir, film de Gérard Jugnot, avec aussi Arthur Jugnot, fils de Gérard Jugnot.

Charlotte Gainsbourg, fille de Serge Gainsbourg, fait la promotion de son prochain album tandis que Benjamin Castaldi, fils de Jean-Pierre Castaldi, explique qu’il est contre un Secret Story people.

Jean Sarkozy, fils de Nicolas Sarkozy, s’explique sur l’affaire EPAD auprès de Marie Drucker, nièce de Michel Drucker, pendant que Jacques Dutronc, père de Thomas Dutronc, évoque sa tournée.

Monsieur Allouche, veuillez transmettre ma copie à votre fils. Qu’il soit indulgent, ma fille a écrit ce billet.

[DANSE] « Joyaux » : un ballet de pierres précieuses

octobre 30, 2009 dans Culture, En vrac, Travaux universitaires

Le ballet « Joyaux » de George Balanchine fera l’objet de 15 représentations entre le 21 octobre et le 18 novembre 2009 à l’opéra Garnier. La promotion 2010 du Master 2 de Journalisme Culturel a pu assister à la répétition générale du 16 octobre, dans une ambiance à la fois studieuse et informelle.   

Quoi de plus alléchant en ces temps de crise que des joyaux servis sur un plateau d’argent ? L’invitation fut la bienvenue. Nous avons réussi à nous extraire, le temps d’une soirée, de nos chambres de bonne étriquées pour nous retrouver dans l’immensité étourdissante et fastueuse du Palais Garnier. Et le luxe de l’espace fit place à l’éclat des bijoux : les tableaux « Emeraudes », « Rubis », et « Diamants » nous furent présentés comme autant de confiseries acidulées. Un triptyque aux couleurs éclatantes pour nous faire oublier la grisaille quotidienne.

Si Joyaux est un unique ballet en 3 actes, chacun des tableaux a son indépendance. « Emeraudes », pièce d’ouverture dans un décor simpliste aux tons verts assorti aux costumes, évoque le ballet romantique français sur des extraits de Pélléas et Mélisande etShylock de Gabriel Fauré. De pointes en entrechats, de pas de biche en arabesques, les danseuses et les danseurs évoluent sur la scène dans un ensemble architectural et monumental qui n’est pas sans évoquer une certaine froideur. Les chorégraphies, convenues et sans surprise, sont cependant interprétées avec une grâce sans égal. L’absence de narration métamorphose ce premier tableau en un long poème désincarné.

« Rubis » envoie les spectateurs dans un autre cadre spatio-temporel. Exit le romantisme français et ses mouvements codifiés, place à une chaleur plus américaine sur des tons rouges, accompagnés duCapriccio pour piano et orchestre de Stravinsky. L’influence des comédies musicales de Broadway est nette : les jambes en-dedans sont omniprésentes, les têtes apprennent la latéralité, et le music-hall se devine dans des chorégraphies gourgandines. Ce tableau rythmé et sensuel garde cependant cette élégance dans la symétrie qui renvoie sans aucun doute à la structure moléculaire d’une pierre précieuse.

« Diamants », enfin, ravive l’éclat du style impérial russe et de son maître, Marius Petipa, sur la Symphonie n°3 en ré majeur Op. 29 de Tchaïkovsky. Christian Lacroix, créateur des costumes et des décors, a choisi des tons bleus glacés pour ce tableau final. Des mouvements irréels mettant en valeur la féminité font de ces derniers instants une féérie. Peut-être parce que les diamants sont les meilleurs amis des femmes.

Dans tous les cas, ces joyaux-là ont inspiré à Balanchine des phrasés et des articulations dignes des plus grandes parures, dont les harmonies chromatiques couplés aux mélodies classiques composent un ballet étincelant pour les sens.

[MEMOIRE] Le statut des livres des acteurs médiatiques à la télévision

juin 30, 2009 dans Culture, En vrac, Travaux universitaires

Voici mon projet de mémoire de Master 1 d’Information et Communication à l’université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle. L’intitulé exact est :

« Le statut des livres des acteurs médiatiques à la télévision : produits culturels, outils de communication, ou prétextes à une auto-promotion ? » 

J’ai toujours été agacée par les livres de people et j’ai voulu étudier ce phénomène. Mais le terme « people » étant un peu large et pas toujours bien connoté, j’ai choisi de me concentrer sur des acteurs médiatiques : Thierry Ardisson (animateur, producteur), Patrick Poivre d’Arvor (journaliste, écrivain) et Thomas Sayofet (gagnant du Loft 2).

L’enjeu était de montrer si leur livre pouvait s’apparenter à un produit culturel, à un outil de communication à des fins personnelles ou un simple prétexte à une auto-promo – ou rien de tout ça, ou tout ça en même temps. Pour mener à bien ma démonstration, j’ai choisi de me baser uniquement sur la promotion de leur livre pendant des talk-shows.

Ceci n’est qu’un projet de mémoire (en Master 1 c’est la règle), il ne s’agit donc pas d’une étude réalisée comme un mémoire de Master 2, mais c’était néanmoins passionnant et très instructif tant sur le lien entre livre et personnalité qu’entre livre et télévision…

Le statut des livres des acteurs médiatiques à la télévision (PDF)

[RAPPORT] Parenthèse Radio, talk 100% famille

juin 30, 2009 dans En vrac, Travaux universitaires

Voici mon rapport de stage de Master 1 d’Information et Communication. En fait, il s’agit plutôt d’un rapport sur Parenthèse Radio où j’étais employée en CDI à temps partiels en tant que « chef du standard auditeurs ». L’entreprise étant très jeune, j’ai également été assistante de rédaction, journaliste, chroniqueuse cinéma (en direct une fois par semaine) et voix de pub et de jingles.

J’ai obtenu la note de 16/20.

Rapport de stage : Parenthèse Radio, talk 100% famille