[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 41

20 septembre 2014 dans La folle histoire de l’Univers, Vidéos

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 41ème épisode de ce podcast où je vais vous parler du système solaire, d’intrication quantique, de voyage dans l’espace et de fête de la science…

VOLS SPATIAUX HABITÉS : SPACEX ET BOEING CHOISIS PAR LA NASA
Et commençons par le tweet de la semaine qui date du 16 septembre et qui est celui d’Elon Musk. Le fondateur et dirigeant de la société SpaceX se dit profondément honoré et reconnaissant de la confiance que la NASA place en SpaceX pour le futur des vols habités.

 

Parce qu’en fait c’est cette semaine que la NASA a choisi les deux compagnies privées qui s’occuperont du transport des astronautes vers l’ISS pour le compte des américains, parce que depuis l’arrêt des navettes spatiales, ben y a que les Russes qui peuvent envoyer des gens dans l’espace, et ça les Etats-Unis, ben ils aiment pas trop trop, être dépendants des Russes. Du coup, pouf ! ils sous-traitent à SpaceX et à Boeing, pour des contrats de partenariat de respectivement 2,6 et 4,2 milliards de dollars – ce qui n’est pas rien.
La vidéo de présentation de la capsule CST-100 de Boeing est toute pourrite, mais en gros ce sera pas tellement différent d’un Soyouz – en plus moderne, quoi – avec le même système d’atterrissage comprenant des parachutes.
Par contre, du côté de SpaceX, ça vend vachement plus de rêve… Regardez-moi ce petit bolide comme il est beau !! Et alors lui en plus, il redescend sur un pas de tir grâce à des rétrofusées.

J’ai carrément hâte de le voir à l’œuvre, et apparemment les premiers vols habités sont prévus pour 2017 – ce qui fait que Thomas Pesquet fera partie des derniers à partir dans l’ISS à bord d’un Soyouz puisque sa mission est prévue à partir de décembre 2016…

ED LU CONTRE LEES ASTÉROÏDES
La NASA est donc en train de régler son problème de dépendance vis-à-vis de la Russie concernant les vols habités, mais elle est toujours complètement à l’ouest concernant un autre problème : celui des astéroïdes potentiellement dangereux. Pour vous donner une idée de là où on en est, elle doit cataloguer 90 % des astéroïdes de 140 mètres et plus présentant un risque d’ici à 2020, et là, elle en est seulement à 10 %… Autant dire qu’on est mal barré.

Du coup il y a quelques mois, un peu échaudé par la météorite de Tcheliabinsk que personne n’avait vu venir, l’ONU a décidé qu’il fallait peut-être qu’on pense à se sortir les doigts du cul, tous, et qu’élaborer une stratégie avec les différents partenaires internationaux pour gérer un astéroïde qui nous foncerait droit dessus serait pas une si mauvaise idée, finalement. Je ne sais pas où ça en est, cette histoire, amis journalistes scientifiques, je vous refile le bébé si ça vous intéresse de creuser la question ; en tout cas il y a en a un qui ne reste pas les bras croisés sans rien faire en attendant qu’un caillou vienne nous faire un bisou, c’est Edward Lu !

Plus connu sous le nom d’Ed Lu, c’est un astronaute américain, et depuis qu’il ne va plus dans l’espace, il s’est investi de la mission qui nous intéresse, à savoir : détecter les astéroïdes qui pourraient nous mettre en danger et éventuellement réfléchir à des moyens d’agir quand y en aura un qui voudra nous dire bonjour.
Ça fait des années qu’il milite et il a toujours des formules très percutantes comme par exemple : aujourd’hui, si nous sommes heurtés par un gros astéroïde, ce ne sera plus de la malchance, ce sera de la négligence – ou encore : le million d’étoiles les plus proches ? découvert. Le million de galaxies les plus proches ? découvert. Le million d’astéroïdes les plus proches ? Toujours pas.

Du coup il est à l’origine de la fondation B612 qui a notamment sorti cette vidéo lors de la dernière Journée de la Terre, avec des chiffres que personne ne connaissait vraiment, et ça fait un peu froid dans le dos… Je vous la double en voice over.

Voilà – heureusement, Ed Lu est là qui veille au gros gras grand grain cosmique. Bruce Willis à côté, c’est un petit rigolo ! Sans rancune, Bruce.

PHILAE SE POSERA SUR LE SITE J !
Restons dans les petits corps célestes à explorer, mais cette fois-ci à défaut de les attendre, c’est nous qui allons vers eux. L’info de la semaine concerne la mission Rosetta autour de la comète Churyumov-Gerasimenko, puisque le site de l’atterrissage du module Philae a été désigné lundi par les scientifiques, il s’agira donc du site J ! qui se trouve… ici, précisément. Il reste à confirmer, et si jamais les nouvelles données concernant la surface annoncent de vilaines choses, alors le site joker est le site C – mais J a fait l’unanimité chez les chercheurs, donc ce serait dommage. Ensuite, faudra juste espérer que le site J sera sans mauvaise surprise le jour… J.

Ouais, je suis hyper chaude pour faire des pubs LCL, là – ils veulent pas me signer un gros chèque ? Non ? Non, bon. J’aurais tenté.
En attendant l’atterrissage prévu autour du 11 novembre, je vous remets l’animation du voyage parcouru par Rosetta et Philae ces 10 dernières années. Je sais, je l’ai déjà signalé 1000 fois, mais j’hallucine toujours autant qu’on puisse prévoir une trajectoire aussi incroyable sur un temps aussi long dans un espace aussi grand pour finalement réussir à viser un caillou aussi petit – par rapport à l’immensité de l’espace-temps. Et encore, y a pas la trajectoire de la mise en orbite, sur cette image ! La voilà, du coup.

Vraiment, je suis ébaubie devant ça, moi. Les mathématiques. Tu fais quelques calculs, et bim ! tu sais te mettre en orbite autour d’une comète. Et même peut-être te poser dessus. Wow.
Et je rappelle, soyons chauvins, qu’il s’agit d’une mission européenne avec une grosse participation française. Ça fait pas de mal.

CHURY, PLUTON ET SATURNE
Du côté des images, ben voici les dernières en date de Chury… Magnifiques, hein ? Prises par un engin qui a plus de 10 ans, donc. Et qui se trouve à environ 400 millions de kilomètres de nous.
Pour l’anecdote, 400 millions de kilomètres, si tu veux savoir à peu près comment c’est loin, dis-toi que si tu voulais y aller en TGV, tu mettrais 143 ans. Voilà. Ah ben ça calme direct, oui. T’imagines, vivre 143 ans en bouffant que des sandwichs SNCF ? A côté, s’installer sur Mars c’est le Club Med.

Mais je m’égare un peu. Donc, magnifiques clichés de notre comète.
Pendant ce temps-là, à la NASA, voici ce qu’ils réussissent à nous pondre… Vous savez ce que c’est, ce truc tout moche ? Ben c’est Pluton. Prise par la sonde New Horizons, légèrement plus jeune que Rosetta puisqu’elle est partie il y a moins de 9 ans. Alors par contre elle est encore loin de sa cible. Genre elle doit arriver le 14 juillet 2015, tu vois, genre.

Mais c’est ridicule. Europe. Etats-Unis. Europe. Etats-Unis. Europe. Etats-U… Oh, ok, ça va, hein. On peut se charrier, de temps en temps, non ?…
Tenez, pour vous prouver que je suis fair play, voici Saturne, le 8 septembre dernier, prise par Cassini, qui est américaine. On touche au sublime, là quand même…

LES DISTANCES DU SYSTÈME SOLAIRE
C’est beau le système solaire, hein ? Moi je m’y sens carrément bien, alors on va y rester un peu avec le bidule connecté de la semaine – et c’est justement une visite du système solaire par la BBC que je vous propose de découvrir à l’adresse que j’indiquerai dans le billet dédié à ce podcast sur mon blog florenceporcel.com, il a été conçu pour un peu mieux appréhender les distances qui sont à l’œuvre là-dedans – peut-être que ça vous parlera plus que de compter en temps de TGV, allez savoir…

PREMIÈRE INTRICATION QUANTIQUE DE 3 PHOTONS
Quittons maintenant le silence éternel de nos espaces infinis qui font flipper, là, et voyons voir du côté des particules… Figurez-vous qu’une première mondiale a été réalisée par des chercheurs canadiens dans le domaine quantique ! Ils ont réussi à intriquer trois photons, qui sont des particules de lumière, entre autres.

L’intrication c’est simplissime sur le papier mais évidemment c’est une autre paire de manche en pratique : on dit qu’une particule est intriquée quantiquement à une autre quand elles se comportent comme si elles n’étaient qu’une seule et même entité. C’est-à-dire que si on modifie l’une, l’autre est modifiée à l’exact même moment même si elle se trouve à l’autre bout de l’univers. Un observateur extérieur à l’espace-temps qui ne pourrait pas nous voir, mais qui observerait une modification des particules intriquées réparties n’importe où dans l’espace-temps, serait parfaitement incapable de dire laquelle de ces particules a été modifiée par quelqu’un.

Personne ne sait exactement comment ça fonctionne, mais ça fonctionne, et si on avait jusqu’ici réussi à intriquer deux particules – des chercheurs de l’agence spatiale européenne avaient réussi à faire changer d’état deux photons distants de 143 kilomètres il y a 2 ans, par exemple – là les scientifiques ont donc intriqué 3 photons qui possédait une même polarisation – verticale ou horizontale – et ils ont réussi à tous les faire changer de polarisation au même moment en ne touchant qu’à un seul d’entre eux.

Et comme on peut remplacer vertical et horizontal par 0 ou par 1, eh ben c’est une nouvelle piste vers l’ordinateur quantique qui intéresse beaucoup de monde, même si ça reste pour l’instant plus du côté de la fiction que de la science… Mais on avance.

LE RETOUR DES « MARDI DE L’ESPACE »
En parlant de science-fiction justement, le thème du premier « Mardi de l’Espace » organisé par le CNES a été dévoilé, et il s’agira de « 2001, odyssée de l’espace – Quand la réalité rejoint la fiction ».
Les mardis de l’espace, ce sont des rencontres avec un ou deux experts sur un sujet donné dans un café près du siège social du CNES à Paris, l’entrée est libre dans la limite des places disponibles mais il faut évidemment prendre une conso.
La saison 2014-2015 s’annonce très très alléchante et on peut suivre l’événement sur Twitter grâce au hashtag #CNEStweetup. Le premier de la saison, ce sera donc le 21 octobre.

LA FÊTE DE LA SCIENCE
Et restons dans l’agenda avec les dates de la semaine – la fête de la science commencera vendredi prochain, le 26 septembre, et durera jusqu’au 19 octobre. C’est un événement national et des milliers d’activités, de rencontres, d’ateliers, de visites, de conférences sont organisés partout en France, tout le programme se trouve sur le site fetedelascience.fr.

D’ailleurs le week-end prochain la Cité des Sciences sera gratuite, et en plus elle organise une grande braderie, vous pourrez acheter des livres à 1 euro pièce – de quoi vous constituer une chouette bibliothèque à des prix défiant toute concurrence, si vous êtes dans le coin…
Et j’en profite également pour vous signaler qu’aujourd’hui, le 20 septembre, c’est le Jour de la Nuit, et que si vous écoutez ce podcast à temps vous pourrez sans doute participer à l’une des nombreuses manifestations organisées pour l’occasion. Le Jour de la Nuit, c’est le nom rigolo d’une opération de sensibilisation à la pollution lumineuse, à la protection de la biodiversité nocturne et du ciel étoilé.

C’est la fin du 41ème épisode de ce podcast – merci beaucoup de l’avoir suivi. L’épisode 42 ne sortira pas la semaine prochaine parce que je passe une grosse partie de mon week-end à Réaumur, en Vendée, pour donner une conférence – n’hésitez pas à venir si vous êtes du coin.
Merci à tous pour les messages sur les différentes plateformes, que ce soit sur Youtube, sur mon blog, sur Twitter, sur Facebook, sur Google Plus ou sur iTunes où vous pouvez mettre plein d’étoiles aussi – et merci de m’avoir propulsée en tête de classement devant la NASA, ça me fait toujours un petit quelque chose…

Si vous aimez ce podcast, je vous rappelle que vous pouvez voter pour lui à pour les Golden Blog Awards tous les jours pour le faire arriver dans la shortlist – c’est ensuite un jury qui décidera lequel méritera le prix dans la liste des 10 shortlistés.

Le 8ème épisode de ma twitsérie « Pendant ce temps-là dans l’Univers » est sorti – il s’agit de l’actualité de l’Univers vue par l’Univers lui-même – je m’éclate comme une gamine, avec ça.
Je vais voir l’Exoconférence ce mercredi 24 septembre – si vous êtes dans la salle aussi, ça peut être rigolo de se retrouver après pour discuter 5 minutes – donc faites signe.
Et bien sûr vous pouvez me retrouver sur Twitter, sur Facebook, sur mon blog florenceporcel.com et dans « La tête au carré » sur France Inter en fin d’émission pour le quiz scientifique !

Prenez soin de vous, prenez soin de notre planète, et n’oubliez pas de rester le nez en l’air à ne rien faire !