[TWITTER] Mon droit de réponse à Elizabeth Tchoungui à propos de Twitter

juin 17, 2011 dans En vrac, Société

[Ceci est un exercice de style. J'ai, moi, le plus grand respect pour tous ceux qui travaillent pour les chaînes de télévision, à l'information ou au divertissement, à la comptabilité ou à la communication, à la direction ou aux ressources humaines.

Ceci est un exercice de style. J'ai donc non seulement repris le corps du texte, mais aussi la mauvaise foi et les manières journalistiques discutables du billet d'orgine.]

Voici le billet d’humeur d’Elizabeth Tchoungui :

(source : aufeminin.com)

Je suis un dinosaure et j’assume : non, je n’ai pas de compte TwitterHashtag m’évoque un hachis parmentier allemand. Avoir des cohortes de Followers ? JMEF, pour causer comme les twittos et leur fameux OSEF, « on s’en fout ».

Car côté ragots, ceux de ma boîte et de mon immeuble me suffisent largement. Oui, Twitter, c’est le world cancan. Avec, comme la french dance éponyme, un goût prononcé pour les jambes en l’air : tapez Twitter sur Google, et en première occurrence viendra « Twitter DSK ». En France, c’est la rumeur de liaison entre Carla Bruni-Sarkozy et Benjamin Biolay qui a rendu célèbre le site de microblogging : rappelez vous, le fameux Tweet qui a mis le feu aux poudres, posté par un journaliste au soir des Victoires de la musique 2010 : « Benjamin Biolay, c’est pas le mec qui… » etc, etc.

Twitter, c’est la concierge du village global : putassière les bons jours, experte en commentaires ineptes les autres. Je lance ici un appel solennel aux neuf millions de followers de Justin Bieber – l’ado méchu chantant détient le record d’abonnés à son compte, loin devant Barack Obama : pouvez vous m’expliquer l’intérêt du tweet suivant : « J’aime les escalators car lorsqu’ils freinent ils redeviennent des escaliers » ? Moi cela ne m’évoque que la chanson de Clarika : « T’es beau comme garçon, mais y a tant d’air dans ta tête qu’on peut y faire de l’avion… »

En plus d’être inutile, Twitter est un réseau infréquentable. On y croise au choix :

- Des pros de la drague lourdingue: comme cet élu démocrate qui a réalisé aux Etats-Unis l’exploit d’éclipser l’affaire DSK en tweetant une photo en gros plan de son slip protubérant. Il pensait l’avoir adressé au seul objet de son désir, oops, tous ses abonnés l’ont reçue. Dommage…
- Des e-terroristes : le week-end dernier le site de la police espagnole a été bloqué par des pirates informatiques. Les hackers ont revendiqué leur attaque sur Twitter.
- Des as du canular pas drôle : Twitter a copieusement relayé une photo censée épingler McDo en flagrant délit de racisme: on y voyait trôner à l’entrée d’un restaurant un panneau frappé du logo officiel indiquant « Suite à une série de vols et par précaution, les clients afro-américains devront à présent payer une taxe supplémentaire de 1,5 dollars par achat« . C’était un trucage. Qui a dit que Twitter avait révolutionné l’information ?

Loin de moi l’idée de minimiser le rôle du réseau social dans les révolutions arabes : Twitter a prouvé son utilité là où la liberté d’expression est restreinte. Ce fut le cas tout récemment, dans un pays pourtant démocratique : en Italie, pendant que la presse, largement contrôlée par le Cavaliere, ne pipait mot sur les référendums anti-Berlusconi, Twitter a su mobiliser les électeurs. Résultat : une participation record, et une claque pour Silvio.

Hormis ces circonstances bien précises, et n’en déplaise aux geeks qui me lisent, oui, Tweeter n’est que littérature de concierge, le style en moins : en 140 signes maximum, difficile de faire des miracles. En avant pour de très classieux WTF (What the Fuck) ou PTDR (Pété de rire) : le français résiste sur Twitter !

Non, décidément, à Twitter, je préfère de loin ma concierge : d’abord elle a plus de verve lorsqu’elle étrille l’apprentie joaillière du sixième qui enfile les mecs comme des perles. Et puis elle a une utilité, elle : a-t-on déjà vu Twitter arroser les plantes pendant les vacances ?

Par Elizabeth Tchoungui, présentatrice des Maternelles sur France 5.

Voici mon droit de réponse :

Je suis un dinosaure et j’assume : non, je n’ai pas de téléviseurLes Maternelles m’évoque une école pleine de chiards. Regarder la télé-réalité ? Je l’emmerde avec un grand A, pour causer comme les candidats dans leur fameux Loft.

Car côté sexe et voyeurisme, la vie et mon immeuble me suffisent largement. Oui, la télévision, c’est le world han-han. Avec, comme la french dance presque éponyme, un goût prononcé pour les jambes en l’air : allumez votre téléviseur, et en première occurrence sur les chaînes d’informations en continu viendra « Affaire DSK ». En France, c’est la sauterie aquatique de Jean-Edouard et Loana qui a rendu célèbre la télé-réalité : rappelez vous, c’était en 2001, elle promettait gloire, richesse, merveilles et alouettes à ses participants. Juste une question : comment va Loana ?

Le téléviseur, c’est la concierge du village global : à écouter aux portes les bons jours, experte en commentaires ineptes les autres. Je lance ici un appel solennel à tous ces envoyés spéciaux à New York plantés devant un Sofitel ou un tribunal – attendant l’odieux directeur du FMI, voire sa femme et ses enfants, autrement plus intéressant que la situation à Fukushima : pouvez-vous m’expliquer l’intérêt du commentaire suivant : « DSK s’est fait livrer des pizzas hier soir, sa femme a un tailleur gris, sa fille une manucure beige, les visages sont fermés – Ah ! On me signale sur Twitter qu’il a plaidé non-coupable » ? Moi cela ne m’évoque que la chanson de Clarika : « T’es beau comme garçon, mais y a tant d’air dans ta tête qu’on peut y faire de l’avion… »

En plus d’être inutile, la télévision est un monde infréquentable. On y croise au choix :

- Des pros de la drogue lourdingues : comme cet animateur qui a réalisé en France l’exploit d’éclipser tout autre actualité en faisant un mea culpa dans sa propre émission sur sa dépendance à la cocaïne. Il pensait la sniffer pour son propre plaisir, oups, les flics ont fait une descente chez lui. Dommage…

- Des terroristes : il y a quelques années un animateur d’émission matinale a été mis à pied pour violences sur son chroniqueur. Le délinquant est revenu deux semaines après dans le téléviseur.

- Des as du canular pas drôle : la télévision a copieusement relayé une information censée annoncer la mort d’enfants: le 8 août 2008, le petit Louis a été annoncé mort dans le JT de TF1, alors qu’il était bien vivant. France 2 aannoncé la mort de Pascal Sevran, décédé quelques semaines plus tard. C’était de fausses informations. Qui a dit que la télévision était un média fiable ?

Loin de moi l’idée de minimiser le rôle du téléviseur dans la société de nos grands-parents : le téléviseur a prouvé son utilité là où la TSF était incapable de transmettre des images. Ce fut le cas tout récemment, dans un pays pourtant démocratique : en France, pendant que Twitter, largement contrôlé par des kikoolols et des terroristes, ne pipait mot sur la #frenchrevolution à la Bastille, ses 5000 participants pacifiques et ses 3000 CRS belliqueux, la télévision a fait des reportages en continu. OH WAIT… Non en fait, aucun journal n’en a parlé et c’est sur Twitter que ça s’est passé.  

Hormis ces circonstances bien précises, et n’en déplaise aux employés des chaînes qui me lisent, oui, le téléviseur n’est qu’images et son de concierge, le style en moins : en 2 minutes maximum pour un reportage dans un JT, difficile de faire des miracles. En avant pour de très classieux Cékikapété ou Oh my gott : le français résiste dans le téléviseur !

Non, décidément, au téléviseur, je préfère de loin ma voisine : d’abord elle a plus de verve lorsqu’elle se fait troncher par son mec qu’un paysan dans son champ à la recherche de l’amour en train de tripoter une vache. Et puis elle a une utilité, elle : a-t-on déjà vu un téléviseur te prêter du sucre pendant les vacances ?

Par Florence Porcel, détentrice du compte @FlorencePorcel sur Twitter.