[MUSIQUE] Le Mur de Berlin en chansons

novembre 9, 2010 dans Culture

Un jour, Pôpa est rentré à la maison en claquant très fort la porte du bas, ce qui a fait trembler les murs et résonner très fort dans le hall d’entrée. Si j’étais habituée à ce que cette porte en fer prenne trop d’élan pour se refermer, j’ai commencé à m’inquiéter quand je l’ai entendu monter les marches quatre à quatre et ouvrir la porte de l’appartement à la volée.

« Le mur est tombé !!! », s’est-il écrié.

Je vous avoue que j’ai eu peur. Je pensais que le mur d’en bas s’était écroulé, et que l’appartement, où nous étions tous, allait suivre.

Heureusement, il ne s’agissait pas du mur de l’école où nous habitions. Mais bien du Mur de Berlin. C’était le 9 novembre 1989. J’avais 6 ans.

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Comme je n’avais pas vraiment l’âge de comprendre toutes les subtilités de cette page de l’Histoire qui se tournait (et même si, exceptionnellement, nous avions eu le droit de regarder les infos), Pôpa a profité de ma midinette-attitude pour Patriiiiick Bruel quelques années plus tard pour m’expliquer, via sa chanson sur le sujet, l’évènement en question.

J’ai trouvé cette méthode bien plus agréable, digeste, et compréhensible que les cours d’Histoire du lycée. C’est pour ça que pour le 21ème anniversaire de la Chute du Mur, j’ai voulu répertorier les chansons sur le sujet, pour comprendre l’Histoire via des histoires en musique.

(La liste est certainement non-exhaustive. N’hésitez pas à me dire en commentaire les chansons que je n’aurais pas trouvées…)

COMBIEN DE MURS

Celle-ci reste ma préférée. Si Patrick Bruel a beaucoup été tourné en dérision, il reste un compositeur et un parolier de talent. Cette chanson me fout les poils à chaque fois, et je regrette qu’elle soit si peu connue…

 

WIND OF CHANGE

L’incontournable. C’est en quelque sorte l’hymne de la réunification et de la fin du Rideau de Fer. D’ailleurs, c’est la chanson la plus vendue en Allemagne de tous les temps.

 

BERLIN CE JOUR-LA

Salvatore Adamo fera toujours du Salvatore Adamo. Médolie et instrumentation typique des années 80, avec des rimes faciles et une intrigue simple : deux amoureux sont enfin réunis puisque le Mur est tombé. Ce serait risible et fleur bleue si de telles situations n’avaient pas réellement existé…

MAUER

Chantée en Allemand par une femme, cette chanson de Sébastien Tellier raconte l’histoire d’une joueuse de tennis triste, parce qu’elle avait pris l’habitude de jouer en solitaire contre le Mur.

 

L’AUTRE COTE

Yves Duteil est fidèle à lui-même dans les arrangements : grandes envolées lyriques d’instruments (très efficaces), et un texte à la fois très mélodieux et proche des gens. Il y raconte la construction du Mur, sa chute, et ouvre sur d’autres murs physiques ou symboliques.

 

LES AVENTURES DE SIMON ET GÜNTHER STEIN

Cette chanson de Daniel Balavoine ne présente pas un grand intérêt, ni musical ni au niveau de l’histoire. Il s’agit de deux frères allemands, Simon et Günther, à deux époques de leur vie, en 1941 pendant la guerre, et en 1961 à la construction du Mur.

 

A GREAT DAY FOR FREEDOM

Une magnifique et dernière chanson sur le sujet, par Pink Floyd.

[MUSIQUE] Coups de coeur Jazz : Musica Nuda et The Puppini Sisters

novembre 1, 2010 dans Culture

J’ai des goûts musicaux que certainement beaucoup d’entre vous qualifieraient « de chiotte ». Oui, j’aime la bonne grosse variété qui tache. Plus la mélodie est simple et efficace, plus ça me plaît. La pop a été comme inventée pour moi et je suis en général d’accord avec les gros succès des charts. Mes idoles s’appellent Jean-Jacques Goldman, Lynda Lemay, Michael Jackson, Lady Gaga et Britney Spears. J’adore le premier album de Carla Bruni, j’écoute avec plaisir du Michel Sardou et du Céline Dion dans mon iPod, la radio de mon adolescence était Nostalgie et je me branche régulièrement sur Chérie FM. Tout cela ne m’empêche pas, en revanche, d’être allergique à Christophe Maé.

J’aime aussi beaucoup de petits groupes plus au moins médiatiques comme Oldelaf et Monsieur D., La Chanson du Dimanche et l’excellentissime Barcella. J’écoute énormément de musique classique et baroque, je me délecte de musique médiévale, je passe aisément de Daft Punk à Henri Dès en passant par Notre-Dame de Paris et Scorpions, je ne renierai aucun des cinq concerts de Patrick Bruel auxquels j’ai assisté et je me refais régulièrement l’intégrale des Spice Girls.

Autant vous dire que le jazz, c’est pas mon truc. Mais c’est pas mon truc genre réaction épidermique quand j’entends un saxophone baver, hein. En fait, ça me provoque des crises de nerfs – c’est véridique et ça n’a rien d’amusant. Je ne supporte physiquement pas le jazz pur et dur et je fuis donc tout ce qui peut avoir une consonnance jazzy.

Mais j’ai récemment fait deux découvertes qui pourraient bien entrer dans la catégorie « jazz ». Deux petits bijoux qui sont parvenus totalement par hasard à mes oreilles éblouies. Deux groupes complètement différents l’un de l’autre, mais qui mettent tous deux l’accent sur les voix, et non l’instrumentation, à travers des reprises de chansons venues de répertoires variés.

Musica Nuda

Comme son nom l’indique, Musica Nuda conçoit la musique comme quelque chose de très dépouillé, de lesté de toutes sortes d’artifices souvent inutiles, pour arriver à un résultat minimaliste, où la nudité de la voix de Petra Nagoni révèle la force d’une interprétation à travers la sensibilité d’un timbre d’une pureté étonnante. La contrebasse de Ferruccio Spinetti l’accompagne, parfois à peine dans le pincement d’une corde à point nommé, parfois pour la soutenir dans ce qui semble être une improvisation, parfois  s’émancipant dans une minute de gloire grandement méritée.

Ces deux musiciens italiens nous offrent en tout cas tout un éventail de reprises, des Beatles à Police en passant par B.J. Thomas. Cette voix et cette contrebasse peuvent tout reprendre, dans des versions à la fois universelles et très personnelles. La technique de Petra Nagoni nous entraîne vers des sommets rarement atteints, comme ce mi qu’elle tient à la fin de Guarda Che Luna, et la discrétion tranquille de Ferruccio Spinetti rendent l’unique instrument aussi indispensable qu’inattendu.

 

The Puppini Sisters

Les Puppini Sisters sont beaucoup plus accompagnées : leurs reprises ont une sonorité très années 40, d’une pop rétro et kitch. Leur particularité est d’être composées de trois voix féminines utilisant la technique Close Harmony, pour des interprétations complètement différentes que peuvent faire Musica Nuda, mais tout aussi réussies – dans un autre style. Elles pourraient aisément se contenter de faire de l’a cappella, mais il faut bien avouer que les arrangements de leur album « Betcha Bottom Dollar » sont délicieusement jouissifs et enlevés. Les trois chanteuses britanniques, respectivement brune, rousse, et blonde, s’amusent, et ça s’entend. Leurs harmonies donnent aux chansons, souvent ultra-célèbres, une couleur que l’on n’aurait jamais soupçonnée. On redécouvre des standards paradoxalement dépoussiérés par trois chanteuses qui puisent leur inspiration dans le style des années 40. Et pour l’anecdote, Marcella Puppini a eu l’idée de former ce groupe après avoir vu Les Triplettes de Belleville. Soyons chauvins.

La raison pour laquelle j’ai voulu faire un seul billet de ces deux découvertes, c’est parce qu’elles ont réussi à me faire aimer une chanson que mes goûts naturels auraient dû ne pas me faire détester. Si je vous dis Gloria Gaynor ?… Oui, Musica Nuda et les Puppini Sisters ont réussi l’exploit de rendre I Will Survive absolument délicieuse, chacun dans leur style. Je vous laisse découvrir les deux versions, jolies illustrations de ce que peuvent faire deux groupes différents d’une seule et même superstar de la chanson, trop écoutée, trop entendue et dont on n’attend plus rien. Sauf si…

[MUSIQUE/VIDEO] Fredrik Larsson : incroyable talent !

mars 25, 2010 dans Culture

JE SUIS AMOUREUSE.

Alors… pour ceux qui ne me connaissent pas, il faut savoir que je ne tombe pas amoureuse comme ça, hein. Pis surtout pas d’un petit jeune, c’est pas mon truc. Non non, il me faut vraiment une bonne raison. 

Mais attendez que je vous le présente… Il s’appelle Fredrik Larsson (aka Freddegredde), il a 24 ans, il est jeune, il est bô, il chante la mort, il joue de tous les instruments, il fait des vidéos que t’as une fracture de l’oeil quand tu les regardes et que tes tympans ont des orgasmes quand tu les entends et… et…Hein quoi ? Oui pardon. Je me reprends, je me reprends. [Vous trouvez pas qu'il fait chaud ?]

Donc. Où en étions-nous ? Faut suivre, hein. Donc ce jeune homme suédois est célib… extrêmement talentueux, et le mieux est encore de vous le faire découvrir. Quoi que… j’ai tellement envie de le garder pour moi que finalement je me tâ… je me demande si je… enfin bon, d’accord, puisque vous insistez (lourdement). [Non mais sérieusement... il fait chaud, non ?]

Bon, première vidéo. Je l’ai découverte grâce à @faux_semblant à qui je voue désormais une reconnaissance éternelle (au moins).

Alors non, non, il n’a pas de frère jumeau. Si on en a deux pour le prix d’un sur celle-ci (et je ne suis pas partageuse quand il s’agit de suédois-musiciens-qui-chantent-la-mort), c’est uniquement parce qu’il joue lui-même de tous les instruments dont il a besoin, et que là en l’occurrence, il avait besoin d’un clavier et d’une guitare pour nous interpréter un medley de génériques de séries. [Ce que j'ai chauuuuuuud, aaaaah !!...]

Mes bras, mes oreilles, ma mâchoire, mes yeux m’en sont tombés, et j’ai pas la télé. (Il faut le savoir. D’ailleurs c’est pour ça que j’ai le temps de faire de merveilleuses découvertes sur le web, d’ailleurs. J’ai dit deux fois « d’ailleurs ». L’émotion, sûrement. Ok bon je la boucle, je vous laisse voir/écouter/baver/ne pas rayer de mention, il n’y en a pas d’inutile.)

5 minutes 23 secondes. « I wanna do bad things with you… »

Et là, c’est le drame.

Florence Porcel s’évanouit. Elle comprend subitement pourquoi elle avait si chaud. Amenez-lui ses sels, que vous aurez auparavant fait fondre dans un seau d’eau à 1°C que vous lui balancerez en pleine figure, s’il vous plaît.

SPLASH !!!!

AAAAAAAH !!! Bande de fieffés chenapans !!! Bon, merci. Brrrrr, ça remet les idées en place. Donc. Hum. Pfouuu…

Donc le jeune homme est très agaçant. (Mais je le garde quand même, girls, ne vous réjouissez pas trop vite.) Parce que non seulement il joue à la perfection et il chante la mort (hein, donc), mais en plus il fait ses arrangements lui-même : « Oui, j’ »écris » mes propres arrangements pour toutes mes vidéos. Parce qu’en fait c’est vraiment la seule façon de faire des trucs originaux et frais. » La grâce incarnée, je vous dis.

Le côté rassurant de la chose, c’est qu’il lui aura fallu trois jours pour pour faire ces 7 minutes de plaisir pur« presque sans fautes ». Qui, de toute façon, même si on les repérait, lui seraient toutes pardonnées.

Deuxième vidéo de la mort qui tue : « 32 songs in 8 minutes ». Tout est dit dans le titre. C’est une fois encore très impressionnant, même s’il ne s’agit ici que d’un seul lui. C’est donc moins intéressant musicalement et visuellement, mais il faut tout de même saluer la performance.

Une mention spéciale pour son interprétation de Harder, Better, Faster, Stronger de Daft Punk, d’une difficulté inouïe au niveau du chant. Et une fois encore… il est parfait. Et il arrive même à ne pas être ridicule quand il chante O-Zone.

 

Et last but not least… Passionné de jeux vidéos, il a décidé de faire la musique de The Legend of Zelda. A 10 instruments, et 9 voix. Tout seul.

(Et là, je me tords de rire. Mais c’est nerveux, rassurez-vous.)

 

Voilà. Je suis amoureuse. Mais ça va passer…Si vous voulez écouter et voir d’autres choses, ou découvrir ce fantastique jeune homme, je vous laisse faire un tour sur son site.

Moi, je dois aller m’acheter un billet aller simple pour la Suède. J’ai une question à lui poser. On peut faire un don, sur son site. Mais accepterait-il ceux en nature ?…

Trêve de plaisanterie (douteuse) (Mais pas tant que ça, il me l’a dit lui-même, hein, souvenez-vous : « I wanna do bad things with you » Ca tombe drôlement bien, honey, je suis une très vilaine fille.)

Hein ? Ah pardon, j’avais pas vu que vous étiez toujours là. J’espère en tout cas que vous aurez pris autant de plaisir que moi à écouter ce jeune homme. Je remercie Twitter, @faux_semblant, le web, la Suède, et les technologies modernes de l’avoir rendu possible.

A suivre de très près !