[ARTICLE] Facebook et Twitter : quand la vie virtuelle rend la vie réelle plus riche

juin 24, 2011 dans En vrac, Société

[Article paru sur newzitiv.com]

Bonne nouvelle : une étude américaine a prouvé que l’utilisation régulière de Facebook apporte une vie sociale plus riche. Qu’en est-il de Twitter ? NewZitiv a mené l’enquête.

Une étude a récemment fait le tour du web : selon le centre indépendant américain Pew, les personnes qui utilisent beaucoup Facebook sont plus aptes à avoir une vie sociale riche au-delà de l’écran (sondage réalisé auprès de 2255 utilisateurs).

« On a beaucoup spéculé sur l’impact des réseaux sociaux sur la vie sociale des internautes », explique Keith Hampton, responsable de l’étude. « L’essentiel du débat tourne sur le risque que ces sites nuisent aux relations des internautes et les éloignent de la participation au monde. Nous avons découvert que c’était exactement le contraire: que les gens qui utilisent des sites comme Facebook ont en fait plus de relations proches et ont plus de chances de s’impliquer dans des activités politiques et civiques. »

Le cliché du nerd blafard vissé à son écran et entouré de cartons de pizza n’a donc plus lieu d’être. Cette étude le prouve : les échanges en ligne favorisent les échanges dans la vraie vie. Si c’est vrai de Facebook, qu’en est-il de Twitter dont on parle de plus en plus ? Quatre utilisatrices et trois utilisateurs accro au célèbre site de micro-blogging ont bien voulu témoigner.

« Une vie sociale plus riche autant en terme de qualité que de quantité »

Ils sont unanimes : oui, il y a eu un avant et un après Twitter concernant leur vie sociale, et pour un changement positif. @nikolittlestar par exemple, 30 ans, trafic manager et spécialiste du Pandaranol, a « beaucoup plus d’activités extérieures depuis Twitter ». @TrisAcatrinei, elle, avoue « une vie sociale plus riche autant en terme de qualité que de quantité », quand @Michael_Ange, 30 ans, explique le changement avec humour : « Avant, je n’avais pas de chien. Je n’en ai toujours pas, mais c’est moins grave »@sophiegironi, 36 ans, consultante en stratégie et marketing web, tempère cependant : « Je ne suis pas passée de nerd derrière mon écran à jet-setteuse. En revanche ce qui a changé, c’est le flux de nouvelles têtes que je rencontre régulièrement ».

Concernant les rencontres dans la vraie vie grâce à Twitter, il est en moyenne d’une centaine de personnes, dont une dizaine devient au fur et à mesure de véritables amitiés, sans oublier « de vrais coups de cœur » comme s’en réjouit @JuliaChou, 24 ans, chef de projet jeu web. Pluspositif encore : Twitter favorise les rencontres « avec des gens qu’on n’est pas susceptibles de rencontrer en vrai », comme l’analyse @LaPlanneuse, 20 ans, étudiante en communication.

En résumé, on ne se cantonne plus à son cercle socioprofessionnel de référence et on élargit les horizons vers des personnes de tous âges, de toutes professions (souvent, quand même, autour des métiers du web, de la communication, du marketing, et de l’information), et de toutes sensibilités (culturelles, politiques, etc). Et cela est valable également pour un côté strictement intellectuel : « Ca m’ouvre l’esprit sur beaucoup de sujets car je fréquente des gens d’horizons très différents », précise @TrisAcatrinei.

« Beaucoup de rencontres sont très positives »

Si les rencontres sont aussi nombreuses et aussi réussies, c’est parce qu’il est difficile d’être déçu après avoir longtemps suivi une personne qui se livre quotidiennement en 140 caractères maximum : « J’ai rarement eu de mauvaises surprises, et les gens que je trouve sympathiquesen 140 caractères sont rarement à l’opposé dans la vraie vie. Une amitié met du temps à se construire. Twitter peut contribuer à la rencontre ; le reste, c’est dans les faits que ca se joue », explique @sophiegironi.

@nikolittlestar confirme : « Beaucoup de rencontres sont très positives car les gens sur Twitter sont eux-mêmes, cela permet de savoir très rapidement si on pourrait s’entendre, et donc de mieux choisir avec qui on discute, et avec qui on se lie. Les rencontres réelles se passent donc toujours très bien, et je n’ai connu aucune déception de ce côté-là. »

Mais Twitter n’apporte pas seulement une vie amicale plus riche. @TrisAcatrinei a tenu à préciser ce mot de la fin : « Je ne regrette pas du tout de m’être inscrite sur Twitter car en dehors de l’aspect vie sociale, cela m’apporte beaucoup de choses au quotidien. » Quant à @Michael_Ange, il tire du positif « du rire, des informations, et des échanges ».

PMV spécial Twitter

Et nombre de Petits Miracles de la Vie (PMV) peuvent être associés directement à Twitter :

@hardisk, 17 ans, lycéen : « Quand je faisais de la webradio, au beau milieu des révolutions arabes, j’avais besoin d’un intervenant sur place avec un téléphone pour le passer à l’antenne. Grâce à la tonnes de retweets de mon appel, j’en ai trouvé un qui m’a donné plein d’infos. C’est ce soir là que j’ai vu la puissance de Twitter. »

- @JuliaChou : « J’ai trouvé une colocation via Twitter, puis, un an plus tard, mon appartement qui est absolument génial. »

- @TrisAcatrinei : « Mon PMV a été de rencontrer une personne qui se reconnaîtra qui a vraiment changé beaucoup de choses dans ma vie, sans réellement me demander mon avis. Larencontre a été le fruit à la fois du hasard et d’une succession d’évènements curieux. Quoiqu’il en soit, c’est grâce à Twitter que je l’ai rencontré. »

- @LaPlanneuse :  »Un de mes (vrais) amis actuels, avec qui je débats beaucoup et avec lequel j’ai de longues discussions, notamment sur notre domaine professionnel relativement similaire, amenant même une collaboration certaine, je l’ai rencontré sur Twitter. A la base, nous avions juste des followers en commun. »

- @Michael_Ange :  »Un billet écrit sur mon blog né d’un échange avec une twitta (qui est accessoirement une blogueuse beauté). L’un de mes billets les plus drôles écrit à un moment où je n’étais pas très bien. »

- @sophiegironi : « Je suis toujours positivement surprise par la capacité des twittos à aiderquand on a besoin d’un coup de main, leur rapidité de réaction. Pour moi, c’est devenu une vraie source d’infos. Voire parfois de réconfort quand je rencontre des galères d’entrepreneur. »

C’est en tout cas une bonne nouvelle pour les utilisateurs les plus réguliers des réseaux sociaux : ils pourront désormais dire que non seulement ça n’empiète pas sur leur vie sociale, mais qu’en plus ça l’enrichit.

Florence Porcel, pour newzitiv.com

[WEB] Dix idées reçues sur Internet

avril 11, 2011 dans En vrac, Société

On a tous dans notre entourage une grand-mère réfractaire au moindre progrès, un tonton qui n’y connaît rien à rien mais qui a toujours un avis sur tout, une copine qui passe en mode blop dès qu’on ose dire qu’on a aussi des vrais amis dénichés grâce au web, ou un homme politique prêt à diaboliser n’importe quoi pourvu que ça le fasse remonter dans les sondages.

D’où mon envie, chers internautes, de dézinguer quelques vilains clichés. Je vous donne la permission de reprendre mes arguments mots pour mots lors de vos repas de famille, si et seulement si vous filmez l’ire consanguine et que vous me l’envoyez ensuite pour que je la poste ici-même en bas du billet (histoire de rigoler un peu, hein) (si votre tonton est un homme politique et que votre grand-mère est votre meilleure amie, c’est encore mieux) (sinon faites un effort, putain !)

Voici donc 10 stéréotypes pris dans l’ordre le plus aléatoire, auquel je répondrai tour à tour avec humour, sérieux, et la plus adorable mauvaise foi.

Sur Internet, on se fait arnaquer

FAUX. On peut se faire arnaquer, nuance.

Alors oui y a des sites bidons, oui y a des gens malhonnêtes, oui y a des spams qui te proposent d’enlarge your penis. Mais c’est comme dans la vraie vie, ni plus ni moins. Les escrocs, ça existait bien avant l’arrivée d’Internet. Ils ont juste trouvé un nouveau support.

Mais déjà à l’époque de nos grands-mères, on se faisait arnaquer. Le mec qui te fait croire qu’il te vend un mammouth adulte alors que c’est juste un bébé sur lequel il a rajouté trois fourrures cousues par sa femme, tsé.

Alors oui, quand on te dit qu’un cousin éloigné du Togo généreusement décédé te lègue 12,5 millions de dollars mais qu’il faut juste te rendre sur place pour signer un papier, voire faire un virement pour les frais de notaire, oui, c’est une arnaque. Faut être con, pour se faire avoir (ou être député suisse, au choix).

(Oh, et au fait toi là-bas dans le fond : je te jure, t’as pas envie d’enlarge your penis. Nan parce que, enfin c’est pour t’aider, hein, mais les pénis trop enlargés, ça fait mal, juste. Ce serait dommage de ne plus pouvoir baiser du tout. Merci. Bisous.)

(Maintenant que j’y pense, d’ailleurs, y a pas genre enlarge your boobs ? Voilà les filles, je viens de prouver par A + B que nous sommes supérieurement intelligentes.)

Internet est un repère de pédophiles

VRAI et FAUX. Voilà un sujet sur lequel je n’ai pas vraiment envie de rire (ouais, je casse l’ambiance comme ça, ouais).

Même argument que ci-dessus : les pédophiles n’ont pas attendu Internet pour exister, ils ont juste trouvé là un nouveau biais pour assouvir leurs pulsions et entrer en contact avec des enfants.

Heureusement, il existe des gendarmes du net (de la STRJD) dont le travail est, entre autres, de trouver les sites pédophiles, puis de remonter à ceux qui les créent et les visitent. Et ils sont efficaces. Beaucoup plus difficiles en revanche de découvrir qui est pédophile dans la vraie vie.

Donc oui, il y en a. Non, il n’y a pas que ça. Et au moins, sur Internet, ils laissent des traces qui permettent de les identifier. Aux parents de surveiller de près ce que font leurs enfants devant un écran. Mais c’est du bon sens, n’est-ce pas ?

Internet encourage la procrastination

FAUX. Alors la, je m’insurge – oh putain génial ce site, ça s’appelle enpause.com, y a des tas d’articles intéressants ! – c’est entièrement faux ! Quand on veut se concentrer, on peut. Hey, yo, @Univers_VL, t’as vu la dernière news sur la physique quantique ??

Là encore, on procrastinait avant l’arrivée du ouaibe, je vous signale. Je crois que ces lolcats vont me faire mourir de lol.

 

On regardait les mouches voler, tout ça. On se racontait les derniers potins à la machine à OH LA BONNE NOUVELLE !!! Oh mais y en a plein, en fait !! Wow, mais il est génial ce site. Comment il s’appelle ? NewZitiv. Vachement bien, bon concept. Que de l’actu positive. Et plein d’autres choses, aussi. Je vous le conseille !

Internet tue les artistes

FAUX. Mouahahah laissez-moi rire. Mais alors c’est qui, ce vilain Nain Ternette ? (No offense aux gens de petite taille, je suis moi-même verticalement déficiente.) Hein, c’est qui ? C’est un petit ordinateur, bien debout sur ses petites jambes, qui court après les artistes avec un rire sardonique et qui les étrangle avec le fil de la souris, mmmh ?

Internet ne tue pas. Et certainement pas les artistes, qui au contraire voient en ce progrès un médium extraordinaire pour se faire connaître et montrer ce qu’ils savent faire. Internet, ça fait juste chier les industries qui n’ont pas su s’adapter – et qui continuent à vouloir être complètement à côté de la plaque (après la musique, l’édition !)

D’ailleurs comme dirait une tweepie influente dont je tairai le nom : « Le piratage ne tue pas les artistes, il tue les maisons de disque. Il ne tue pas l’art, il tue l’industrie. »

Internet, quote of my grand-mère, « ça tue des métiers »

VRAI et FAUX. Il y a sûrement des professions qui ont fort pâti de l’arrivée de mon ouaibe bien-aimé (même si je n’ai pas d’exemple en tête là tout de suite d’emblée au pif).

Voilà cependant ce que j’ai répondu à ma chère grand-maman : « Oui, et quand les voitures sont arrivées, ça a tué le métier de maréchal-ferrant. [Ma mère-grand n’est pas aussi vieille, hein, quand même.] Mais ça a créé les garagistes, les fabricants de pièces détachées, les designers, les constructeurs de bitume, les auto-écoles, les… »

Voilà. Internet ne « tue » rien. C’est juste une évolution logique et normale de la société. Il aura créé les architectes des systèmes d’information, les développeurs, les webdesigners, les community managers, et tout un tas d’autres métiers en –eurs dont le monde ne pourrait plus se passer.

Internet rend asociable et peut tuer

VRAI et FAUX. Je n’ai jamais eu de vie sociale aussi riche que depuis que je suis connectée plusieurs heures par jour.

Restons dans l’esprit « Le ouaibe m’a tueR ». Alors celle-là, on me la sort souvent, en général sur la question des jeux vidéo en réseau.

Le problème n’est pas Internet, ici, ni même le jeu vidéo. Le problème, c’est la personne – que ce soit dans l’asocialité ou dans le fait de jouer jusqu’à en mourir. Cela s’appelle être dépendant, et la dépendance est une pathologie, une vraie maladie psychiatrique qui peut être soignée et guérie.

La dépendance aux jeux vidéo est la même que la dépendance au casino, par exemple. Sauf qu’on refuse rarement l’accès à Internet à un accro aux jeux vidéo.

Et avant même les jeux, on a pu être dépendant aux drogues, à l’alcool, etc. Rappelez-moi les chiffres des décès liés à l’alcool et à la drogue par rapport aux morts d’Internet ?

Voilà.

Internet encourage les pires travers humains

VRAI et FAUX. Cachés derrière un écran, planqué derrière un pseudonyme, il devient très facile de se lâcher. Ces personnes haineuses, qui aiment clasher, mettre un forum ou des commentaires sans dessus dessous, on les appelle communément des trolls.

Internet n’encourage pas ce genre d’agissements, évidemment. Il les exacerbe via l’anonymat qui reste possible (et heureusement).

Cependant, les trolls sont certes pénibles mais ils ne sont pas vraiment dangereux. Demandez donc à un troll de le rencontrer dans la vraie vie, pour discuter. Bizarrement, il n’y aura plus personne… Le troll est un poltron. Il est plus à plaindre qu’à blâmer.

Cela peut aller très loin certes, jusqu’à des plaintes pour des raisons très diverses, mais je n’ai jamais entendu parler d’un troll qui ait causé un tort réel à une personne. J’espère ne pas me tromper…

Il ne faut pas oublier que, là encore, Internet n’est pas la cause. Quitte à me faire accuser de Point Godwin, des actes lâches et anonymes ont été accomplis bien avant Internet.

Internet n’est que le reflet de la société. Internet est ce que les internautes en font. Et les internautes, ce sont vous, moi, le gros con de voisin, ou la prof de maths. Internet est profondément humain et il reflète juste les traits de cette humanité.

Internet, c’est la fin de la vie privée

FAUX. « T’es sur Facebook, sur Twitter, t’as un blog ; mais t’as plus de vie privée, alors ? » Oh le joli cliché qu’il est beau !!

Je mets au défi mes amis Facebook, mes followers, et les honorables et formidables lecteurs de ce blog de me faire un compte-rendu de ma vie privée. Ceux qui ont accès à des informations sur moi uniquement par Internet, j’entends. Allez-y, je vous écoute.

Quelle est ma situation maritale ? Quelle est ma vie sentimentale ? Quelle est mon orientation sexuelle ? Ai-je des frères et sœurs ? Ai-je des enfants ? Si oui combien, comment s’appellent-ils ? Où ai-je voyagé ? Où suis-je allée aujourd’hui, hier, la semaine dernière, dans quel café, avec qui ? Le nombre de mes amants, leurs noms, leurs âges, leurs professions ? Une sextape, peut-être ? A vous, stalkeurs ! (Et là, la dame a un peu peur, quand même.)

Il y a même bon nombre de personnes que je connais dans la vraie vie qui seraient incapables de répondre à ces questions. Internet, une fois encore, on en fait ce qu’on a envie d’en faire. N’y dites, n’y partagez rien de ce que vous avez envie de garder pour vous. Mais c’est du bon sens, non ?

Les réseaux sociaux sont dangereux

VRAI et FAUX. Cette question est liée à celle du dessus.

Si tu as 13 ans et que tu mets des photos de toi à poil sur Facebook, oui, ça peut être dangereux.

Si tu en as 25 et que tu acceptes d’aller seule chez un monsieur que tu n’as jamais rencontré dans un lieu public avant, sans prévenir personne du lieu où tu te rends, oui, ça peut être dangereux.

Si tu racontes en détail la life du petit dernier, la crèche où il va, et qu’en prime tu postes des photos de lui, oui, ça peut être dangereux.

Si tu dis « youhou voleurs, je m’en vais, profitez-en ! », oui, ça peut être dangereux.

Si tu n’as pas verrouillé ton compte ou que tu ne connais pas cet ami que tu as accepté, et que tu te mets à critiquer ton boss sur Facebook, oui, ça peut être dangereux.

Maintenant, à chacun d’avoir un peu de bon sens et de prendre ses responsabilités. Mais ceux qui les diabolisent sont de mauvaise foi. Les réseaux sociaux sont bien moins dangereux que prendre le volant, par exemple. Ou que de traverser au rouge. Ou que de manger chez Quick. Ou que de faire du hors-piste. Ou que de baiser sans capote.

Protégez-vous !

Internet c’est pas la vraie vie (et la vraie vie, c’est mieux)

FAUX. Citons Slate : « Internet ressemble à une version survoltée du monde réel, avec ses promesses et ses périls ». Tout est (joliment) dit. Internet est fait par les internautes. Les internautes sont des êtres humains. Internet, à l’image de l’humanité, peut créer le meilleur comme le pire.

Et vous avez raison, Détracteurs et Ennemis du Ouaibe, la vraie vie, c’est mieux ! Y a des catastrophes naturelles, des centrales nucléaires qui pètent, des révolutions arabes, des guerres au Proche-Orient, des prêtres pédophiles, des virus du Sida, des réchauffements climatiques, des trous de la couche d’ozone, des insecticides qui donnent des cancers, de l’air pollué, des psychopathes en liberté, des hommes et des femmes politiques, des dealeurs de drogue, des accidents de voiture, des catastrophes aériennes, des dictateurs, des voisins qui font du bruit, de la télé-réalité, des tremblements de terre, des assassins, des tsunamis, des cyclones, Christophe Maé, des fontes de glacier, des gens qui meurent de faim, des mines anti-personnelles, des…

La vraie vie, ça donne envie. Internet, c’est pas très net.

[WEB] A ceux… qui refusent les nouvelles technologies

février 24, 2011 dans En vrac, Société

Une amie vient d’apprendre une nouvelle par le biais de Facebook. Pas une grande nouvelle, plutôt une anecdote. Mais elle s’est demandé si la manière dont elle l’avait apprise n’était pas un peu dommage…

Cela m’a donné envie de vous raconter, à vous et elle, cette petite histoire…

« Il était une fois, à l’époque de nos (arrières-)grands-mères, le téléphone venait tout juste d’arriver dans les foyers. Dans tous ? Non. Dans les petits villages de notre beau pays, seule une maison avait le téléphone, repérable d’ailleurs par une plaque posée sur le mur, à la vue de tous les villageois et d’éventuels étrangers de passage.

C’est la maison de Simone et Albert, dans la grand-rue, qui avait été choisie pour accueillir le téléphone du village. Ils n’en voyaient l’intérêt ni l’un ni l’autre, mais ce serait, paraît-il, un outil indispensable dans le futur. C’est avec un grand scepticisme qu’ils se firent à l’idée de cohabiter avec cet exotique appareil, d’usage étrange.

Les mois passèrent. Un beau jour, alors qu’Albert travaillait dans son atelier, Simone dut décrocher le fameux téléphone. C’était son frère Bernard, qui avait fait des études, qui était quelqu’un d’important et qui avait une très bonne situation puisqu’il avait été élu maire du chef-lieu de canton.

Voilà qu’il appelait Simone pour lui annoncer que la Marcelle avait enfin décidé de se fiancer. Si Bernard connaissait la bonne nouvelle, c’est parce que le fiancé en question était le fils d’un de ses plus proches amis qu’il venait de croiser. La nouvelle était de la toute première fraîcheur.

Décidément peu à l’aise avec ce maudit téléphone, Marcelle écourta la conversation. Elle détestait parler à une machine, à ces matériaux froids, à ces rouages cachés, qui fonctionnait avec l’électricité qu’elle n’aimait pas beaucoup non plus et qui lui faisait un peu peur. Tout cela n’annonçait rien de bon et elle se plaisait à le répéter à ses amies. Ce qu’on appelait le « progrès » ne lui disait vraiment rien qui valût.

Et voilà qui lui donnait raison : c’est cet appareil impersonnel qui lui avait annoncé les fiançailles de la Marcelle. Avant l’invention de ce satané engin, elle l’aurait appris directement de la bouche de l’intéressée, qui serait passée la voir, avec qui elle aurait partagé un chocolat chaud et un morceau de gâteau. La vie, les gens, le quotidien normal d’un village.

Simone pestait. Si c’était ça « l’outil indispensable », si ça empêchait de se voir, de s’annoncer de telles nouvelles en face à face, si ça détruisait les relations simples avec les gens de son propre village, alors que serait-ce quand tous les foyers en auraient un ?… Elle refusait cette idée en bloc. Après tout, elle avait presque élevé la Marcelle, dont la maman était morte en couches.

Le temps d’aller à l’atelier annoncer la nouvelle des fiançailles à Albert, le portail grinça. C’était la Marcelle, radieuse, qui arrivait avec un bouquet de fleurs des champs. »

Maintenant, je vous suggère de remplacer le téléphone par (au choix) : le mail, le téléphone portable, Skype, Facebook, Twitter, etc…

Et vous avez la morale de mon histoire.

[WEB] A ceux… qui diabolisent les réseaux sociaux

novembre 3, 2010 dans En vrac, Société

Tout le monde a un avis sur les réseaux sociaux, qu’on les utilise ou non. Certains sont anti et n’y mettront jamais le clic d’une souris, d’autres n’imaginent plus leur vie sans. Certains les utilisent pour raisons professionnelles quand d’autres sont sous pseudonyme et cachent farouchement leur véritable identité. Certains les utilisent pour retrouver de vieilles connaissances quand c’est un moyen pour d’autres de se faire de nouveaux amis – dans la vraie vie. Bref ; il y a autant de façons de se servir des réseaux sociaux que d’internautes.

Alors bien sûr, ceux qui ne connaissent pas très bien Internet – à commencer par nombre de nos politiciens – ne les connaissent que par le biais des médias, qui n’en fournissent un écho que lorsqu’une catastrophe arrive. Et malheureusement, il y en a – le plus souvent liées à Facebook, réseau social le plus utilisé au monde.
Une jeune fille qui se suicide parce qu’un ex-petit-ami a cru rigolo de poster une photo compromettante d’elle. Des pédophiles qui se créent de faux comptes. Des apéros Facebook qui tournent mal. Etc.  Autant d’évènements terribles relayés et montrés du doigt comme les exemples-types qu’Internet, c’est le Mal.
Mais on n’a pas attendu Facebook, Twitter et les autres pour humilier un ennemi. Les pédophiles sévissaient bien avant l’invention du premier modem. Et des accidents mortels dus à l’alcool, il y en a depuis la nuit des temps. Alors certes, Internet fait en sorte que ça aille plus vite, que ce soit plus connu, que ce soit accéléré. Mais il n’est souvent pas responsable de tous les maux qu’on lui reproche.
Les réseaux sociaux, comme leur nom l’indique, sont des regroupements de personnes. Derrière un compte, derrière un avatar, se cachent des êtres humains. Ce sont ces êtres humains qui les façonnent, qui en fournissent le contenu, et qui s’en servent de manière plus ou moins louable. Et comme toute construction humaine, il y a du bon et du mauvais. Le mauvais, on le connaît. Laissez-moi vous raconter le bon…
L’AIDE D’UNE ENTREPRISE
Les dernières grèves des transports ont enquiquiné pas mal de monde, à commencer par moi. Certes, mon cas était moins préoccupant que celui des travailleurs, puisqu’il s’agissait d’un voyage pour des vacances. Mais sur le coup, quand j’ai su que mon TGV d’aller était annulé, j’en avais rien à foutre des travailleurs, ça faisait plus de deux ans et demi que je n’avais pas eu un seul jour de congé, je VOULAIS partir, et j’aurais étripé l’ensemble de ces putains de grévistes si j’avais pu (chers amis familiers de mon blog, je pense que vous aviez compris à quel point je pouvais devenir vulgaire et vocabulairement violente dès qu’il s’agit de la Saloperie Nationale des Chacals et des Fouines).
Cela dit, après m’être épanchée sur Twitter, deux comptes m’ont guidée, m’ont aidée, m’ont informée, m’ont renseignée, et ont répondu à mes questions. @quoimaligne et surtout @Yaelle_VSNCF ont pris la peine et le temps, sans que je les sollicite, de me demander ce qui me chagrinait et ce qu’ils pouvaient faire pour m’aider. J’ai pu leur poser directement quelques questions (peut-on être remboursé d’un billet non-échangeable et non-remboursable, quelle est la marche à suivre, comment puis-je savoir quel autre train roule pour sûr, etc etc…), et la putain de gêne occasionnée a été plus facile à vivre. Et quel gain de temps ! En quelques minutes, j’avais les renseignements que j’aurais mis des heures à trouver sur les sites de la SNCF, entre voyage-sncf, idtgv, etc…
Leur disponibilité, leur gentillesse, et leur efficacité sont inversement égales à la médiocrité des services et de la communication de la SNCF « classique ». C’était sur Twitter, et si plus de gens y avaient accès, je pense que et l’entreprise et les usagers s’en porteraient mieux.
C’est également valable pour n’importe quelle entreprise qui commence à comprendre l’utilité de s’adresser aux internautes, via les community managers. Je suis peut-être une grande idéaliste, mais je persiste à croire qu’on peut construire un monde meilleur par le biais des réseaux sociaux, en s’écoutant et en se répondant les uns les autres, dans l’intérêt de toutes les parties.
[Fin mot de l'histoire : @Yaelle_VSNCF m'a bien informée (et consolée un peu du coup, aussi, huhu). Aidée également par @matthieublanco qui m'a conseillé d'envoyer un recommandé avec AR pour me faire rembourser, comme la loi les y oblige, je n'ai, 21 jours plus tard, toujours pas reçu l'accusé de réception... No comment.]
L’AIDE A UNE PAS TOUT A FAIT INCONNUE
Début août, j’avais écrit ce billet pour Marie, qui avait elle-même écrit un billet dans lequel elle racontait comment elle avait appris souffrir d’une tumeur au foie. Sur Twitter, le soir de son entrée à l’hôpital, elle a partagé ses états d’âme, ses peurs, ses angoisses, et la manière avec laquelle elle tentait de ne rien laisser paraître. Ca m’a bouleversée, et je ne pouvais décemment pas la laisser seule, le soir, dans sa chambre face à ses angoisses, alors que moi-même, il y a dix ans, j’aurais tant voulu que les réseaux sociaux existent pour me sentir accompagnée et divertie dans ces moments tellement durs.
Figurez-vous qu’on m’a beaucoup reproché ce geste. Je passe sur le (vrai) troll sur Twitter qui a ironisé là-dessus, je parle des gens qui sont anti-réseaux sociaux. Ils m’ont accusée, avec beaucoup de mépris dans le regard et dans la voix, d’avoir tendu la main à « une fille que je ne connais même pas ». Inutile de vous dire que ça m’a beaucoup peinée.
Certes, je ne l’ai (encore) jamais rencontrée. Mais quand on lit les tweets de quelqu’un au jour le jour, qu’on la lit régulièrement sur un blog, qu’on a des amis-de-la-vraie-vie en commun – si, on connaît un petit peu cette personne. On s’y attache. Et quand il lui arrive quelque chose de malheureux qu’on a soi-même vécu, on ne peut qu’être empathique.
Et quand bien même elle serait une parfaite inconnue… Pourquoi me reprocher d’avoir voulu la soutenir d’un billet ? Qu’est-ce qui dérange ces gens qui m’accusent d’utiliser mon blog pour transmettre un peu de courage à quelqu’un dans une situation difficile ?
Voici ce que j’aimerais leur répondre. Un médecin, une infirmière, une assistante sociale, que sais-je… passe ses journées à aider des gens qu’ils ne connaissent ni d’Eve, ni d’Adam. En quoi ce que j’ai fait pour une personne que je suivais depuis un moment était très différent ?… Quand une personne donne la pièce à un mendiant, connaissent-ils vraiment le mendiant en question ?
Ce qui les dérange, c’est le fait de « connaître via un réseau sociaux ». Ah ben on ne « connaît » pas vraiment, alors… Je suis désolée, mais on apprend mieux à connaître une personne que l’on suit régulièrement, au jour le jour, sur un réseau social, que des gens que l’on aide par simple geste de générosité citoyenne, ou dans le cadre d’une profession.
« Connaître via un réseau social », ce n’est pas un sous-attachement, comme les « anti » le pensent très souvent. Cela peut déboucher sur une amitié réelle, ou rester un attachement virtuel, mais tout cela reste profondément humain. Des affinités, fortes, se créent chaque jour sur la toile entre des personnes de chair et de sang. Et je ne vois pas en quoi j’aurais à rougir d’une main virtuelle tendue.
L’AIDE ENTRE CITOYENS
Dernièrement, je suis allée au cinéma. En faisant le trajet à pied d’Aquaboulevard à Porte d’Auteuil, j’ai trouvé une carte bancaire sur le trottoir. Il était 22h30. Arrivée chez moi, et avant même de chercher l’adresse du commissariat le plus proche pour aller l’y déposer le lendemain, je me suis demandé si le propriétaire de cette carte était sur Facebook. Bingo ! En farfouillant parmi ses infos et ses centres d’intérêt, j’ai été certaine qu’il s’agissait bien de lui. A 23h15, je lui ai envoyé un petit mot. A mon avis, il ne s’était rendu compte de rien. A 23h30, il me répondait. A 23h45, on s’est retrouvé devant l’église pour que je la lui rende. A minuit, l’incident était clos.
S’il n’y avait pas eu les réseaux sociaux, il aurait certainement eu des tas de complications suite à la perte de sa carte bleue. Comme quoi, les réseaux sociaux peuvent aussi éviter bien des ennuis.
A travers ces exemples, je voulais juste insister sur le fait qu’il y a autant de manières de se servir des réseaux sociaux que d’internautes et de situations quotidiennes. Bien sûr qu’il faut faire attention, bien sûr qu’il faut les réguler, bien sûr que tout n’est pas toléré – mais ils ne sont pas les dangers qu’on nous présente régulièrement. Il suffit juste d’en connaître les règles et les (non-)limites, il suffit juste de savoir ce que l’on veut livrer de soi ou non, et avec un minimum de bon sens, il n’y a pas de raison que des problèmes apparaissent.
Mais peut-être le phénomène est-il encore trop jeune pour être utilisé en bonne intelligence. Je pense sincèrement que des interventions dès l’école primaire seraient utiles pour apprendre aux enfants la bonne utilisation de Facebook, de MSN, de tout ce qu’ils pourraient utiliser sans avoir conscience des risques qui existent.
Cependant, ne nous leurrons pas : oui, les réseaux sociaux, souvent, ouvrent sur les autres.
Je n’ai jamais fait autant de (belles) rencontres dans la vraie vie que depuis que je suis active sur Twitter.