[TWITTER] Pendant ce temps-là, dans l’Univers… Spécial éclipse

mars 20, 2015 dans Culture scientifique, Pendant ce temps-là, dans l'Univers

La veille de l’éclipse…

Et le jour-même !

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Et les épisodes précédents de « Pendant ce temps-là, dans l’Univers… » sont en lien ci-dessous ! (Et si vous voulez les suivre sur Twitter, la liste complète se trouve .)

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LES ÉPISODES PRÉCÉDENTS
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 1
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 2
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 3
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 4
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 5
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Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 7
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LA SUITE !
Pendant ce temps-là, dans l’Univers… 10 (à venir)

Merci à mes Tipeurs pour leur soutien

[MUSIQUE] Les zizis en chansons

décembre 14, 2011 dans Culture, En vrac

N’allez pas croire du tout que je fais dans le racoleur. Je me suis toujours refusée d’écrire le mot « sexe » dans les trois premières lignes d’un article pour un meilleur référencement, je m’y tiendrais encore cette fois-ci.

Je me suis juste fait la réflexion il y a quelques jours, quand j’ai écrit mon billet sur Barcella, que le sexe masculin avait eu droit à de nombreuses chansons, toutes plus différentes les unes que les autres.

Comme pour le Mur de Berlin ou pour les chiens, je me lance donc dans un billet musical thématique sur nos amies les bêtes la Bête.

Alors… bon… qu’on se mette d’accord tout de suite… LOIN-DE-MOI-L’IDEE de prendre à la légère un attribut aussi sérieux. Aucune blague n’aura sa place ici : elles en sont l’exact inverse si l’on en croit l’adage « les blagues les plus courtes sont les meilleures ». C’est cul Eve-Day, hein.

Ceci étant  dit, voici ma sélection des chansons les plus représentatives de l’engin de ces messieurs – en laissant volontairement de côté toutes les chansons paillardes existantes qui mériteraient non un post mais carrément un blog à elles toutes seules.

Quelques chansons un peu coquines

Où les messieurs nus comme ces vers

Se font déshabiller la pine

Et les dessous de leurs affaires.

Ne croyez pas ce qu’on y dit :

La verge en serait fort marrie…

(Comment ? Ah, non, c’était pas une chanson, ça. C’était juste une transition. Ouais, cherchez pas.)

Le zizi drôle de Lynda Lemay

Honneur aux dames !

(Attendez. Finalement, je ne suis pas sûre de l’emploi de l’expression « honneur aux dames » dans un billet traitant de pénis. Bien. Je sens que ça va être plus dur que prévu…)

(Attendez encore. Je ne suis pas sûre de l’emploi de la phrase « je sens que ça va être plus dur que prévu » dans un billet traitant de pénis. Bien. ON VA Y ARRIVER olé olé.)

On ne peut pas retirer à Lynda Lemay, qu’on l’apprécie ou non, sa plume incroyable qui chatouille souvent là où ça fait mal. Les hommes en prennent souvent pour leur grade et c’est sur leur intimité qu’elle se penche (dans tous les sens du terme, oui oui…) ici.

C’est à pleurer de rire et, parité oblige, elle rend la pareille à ces dames par la suite…

 

Le zizi choupinou de Barcella

Eh oui, je reviens dessus (…) (GNNN…) mais Barcella sait comment attendrir les filles avec son « moineau ». D’abord petit garçon angoissé puis adolescent complexé, il prend une revanche éclatante auprès de beautés décérébrées avec une verve verbiale dont lui seul a le secret.

Et d’ailleurs… en parlant de secret… Il a beau se défendre de tout texte autobiographique dans son album et accuser son pianiste en concert, le mystère rôde toujours : cette chanson sent-elle le vit-cul vécu ? Voilà qui mériterait une enquête journalistique approfondie… (PREM’S !!! Eh, oh.)

 

Le zizi crâneur de Jacques Dutronc

Alors ça, c’est typiquement le genre de mec qui me hérisse le poil (que je… non, rien). Désolée, mais ce genre de mec à gros cigare, très peu pour moi. C’est du genre à fumer après l’amour, en plus. Berk. Os-kour, quoi.

(Ouais je sais, ça fait beaucoup de « genre », mais c’est dans le genre « mauvais genre », tavu.)

 

Le zizi docte de Pierre Perret

Voilà un trublion chantant qui nous promet de « tout » nous apprendre sur le zizi. Mouais. Je suis pas convaincue, personnellement. J’ai pas eu l’air con, quand j’ai demandé où était « le grand cou » du premier zizi tout mou que j’ai vu, moi, tiens… (Enfin bon. Ca a eu le mérite de le faire rire, hein. Et homme qui rit… homme qu’on pécho, eh ouais.)

 

Le zizi python des Monty Python

Et enfin, last but not least, la Chanson du Pénis tirée (non… ne dites rien) du film « Le sens de la vie » (ça tombe d’ailleurs sous le sens si je puis me permettre).

Trêve de commentaires débiles, place aux maîtres.

 

Si vous voyez d’autres chansons à ajouter, n’hésitez pas. En attendant, soyez fripons… mais sortez couverts !

[HUMEUR] Fille = jolie ; garçon = fort (Petit Bateau). DANGER.

août 3, 2011 dans En vrac, Société

Peut-être avez-vous entendu parler de cette polémique sur les derniers bodys de la marque Petit Bateau pour les nourrissons. Sur fond gris clair, on peut y voir différents adjectifs danser en rose pour les filles, et en bleu pour les garçons. Ces deux pièces ont fait l’objet il y a quelques semaines d’un bad buzz assez conséquent, puisqu’on a accusé la célèbre marque de vêtements pour enfants d’être sexiste. « On » ? Des milliers de personnes, ne serait-ce que sur la page Facebook de Petit Bateau, et pas seulement des féministes – loin de là.

Même si mon premier réflexe a été aussi de crier au scandale – ou tout du moins de râler encore contre des stéréotypes grossiers qui décidément ont la vie dure en 2011 malgré les récents progrès – j’ai pris le temps de réfléchir. Hurler à tout bout de champ n’est pas forcément productif et dessert souvent les causes – souvenez-vous de Pierre et le Loup. Mais après réflexion, j’en suis arrivée à la conclusion suivante (qui n’engage que moi) : si l’on peut difficilement accuser Petit Bateau d’avoir sciemment créé des vêtements sexistes, il ne fait aucun doute que ce genre de pièce met à mal les avancées de ces dernières années en matière d’égalité homme-femme.

Et le fait que ce ne soit pas volontaire est peut-être encore plus inquiétant. Les luttes de ces dernières années n’auront donc servi à rien ? Les marques n’ont-elles toujours pas conscience de l’impact qu’elles ont sur l’évolution (ou la régression) des mentalités sur des sujets de société ? Le côté positif des choses est que justement les consommateurs se soient exprimés aussi nombreux sur la question. Et si l’affaire a fait tant de bruit, c’est la preuve qu’il y a un souci.

Alors intéressons-nous de près à ces fameux bodys… Il se trouve qu’il ne s’agit pas d’un problème « d’image fausse de la femme » comme l’a annoncé Petit Bateau dans un communiqué, démentant les accusations de misogynie. Il s’agit d’un problème de clichés grossiers et de stéréotypes douteux concernant à la fois la femme et l’homme, et non seulement de sexisme ordinaire en défaveur des femmes.

Les bodys Petit Bateau

- La couleur

Rose pour les filles, bleu pour les garçons. Même si ça m’agace, après tout – réfléchissons –  pourquoi pas ? Chaque culture a ses codes ; ce sont les nôtres. Là où ça devient inquiétant, c’est quand des femmes intelligentes, cultivées, ayant fait des études et occupant des postes à responsabilité me disent (c’est véridique) qu’il n’est « pas possible de mettre du rose à des garçons et du bleu à des filles« . Et du vert ?, demandé-je. Même problème. Je cite : « Comme ça, on n’a pas besoin d’aller voir dans la couche du bébé pour connaître son sexe.« 

Certes. Mais je trouve ça quand même un petit dérangeant. Que des codes existent, admettons. Mais que ce soit systématique et qu’ils soient indispensables pour connaître le sexe d’un bébé, ça devient un peu grave. Ne peut-on tout simplement pas demander le prénom dudit nourrisson ?… Quid d’un bébé habillé de blanc, de jaune, de rouge… de tout ce qui n’est pas bleu ou rose ?… Lorsqu’on a un doute, va-t-on réellement lui retirer son body et aller regarder dans sa couche ? Non. On demande aux parents.

N’oublions pas que les codes couleur sont culturels. Dans notre culture, la couleur du deuil est le noir. Dans d’autres, c’est le blanc. Donc non, les petites filles ne doivent pas être réduites au rose et les petits garçons au bleu.

Surtout que ces raccourcis commencent à avoir des effets négatifs : la systématisation de ce code, notamment le rose pour les petites filles, pose désormais problème aux femmes, qui inconsciemment, le rejettent. La preuve en est de cette étude dont Slate parle et qui prouve que dans une situation de menace ou de danger (le cancer du sein par exemple, dont le symbole est le même que celui du Sida… mais en rose), les femmes sont repoussées par cette couleur qui est… trop connotée.

Après réflexion, j’ai pris conscience que c’était effectivement mon cas. Du rose dans une pub ou dans une affiche de prévention ? Je détourne le regard. Pourquoi ? Parce qu’inconsciemment pour moi, le rose est pour les petites filles, c’est sûrement un truc mignon mièvre dégoulinant, donc je ne peux pas prendre ces affiches au sérieux.

Pourquoi ai-je ces clichés dans la tête ? Parce que justement depuis ma tendre enfance, les marques associent le rose aux « petites filles mignonnes » qui sont l’exact opposé de ce que l’on peut prendre au sérieux. Comme ces fameux bodys Petit Bateau, donc, qui en plus de la couleur, en rajoutent une couche en nommant des adjectifs qui détruisent toutes les avancées faites dans le conditionnement péjoratif des genres.

- Les adjectifs

                Analyse chiffrée

Intéressons-nous d’abord aux mots inscrits sur les mignons bedons des nourrissons de sexe masculin : courageux, fort, fier, robuste, vaillant, rusé, habile, déterminé, espiègle, et cool.

Et ceux des petites filles : jolie, têtue, rigolote, douce, gourmande, coquette, amoureuse, mignonne, élégante, belle.

Maintenant, chiffrons ce que Petit Bateau nous impose comme des états de fait : 20% des adjectifs qui qualifient les garçons se rapportent à leur physique (fort et robuste), contre 60% de ceux des filles (jolie, douce, coquette, mignonne, élégante, belle). Mais 0% des premiers et 100% des seconds se rapportent à la beauté (connotée superficielle), quand 100% des premiers et 0% des seconds se rapportent à la force physique (connotée très sérieuse).

Conclusion : « Ma fille, sois belle et superficielle, espèce d’idiote évaporée », et « Mon fils, sois fort, mon brave, mon bon petit gars ! » (Oui, j’analyse des vêtements vendus en France en 2011.)

Après le physique, voyons du côté des capacités intellectuelles. Chez les garçons, 20% des adjectifs s’y réfèrent (rusé, habile), contre… 0% chez les filles. Suis-je bête (normal en même temps, je suis une fille), les filles ne sont pas faites pour penser et encore moins pour réfléchir ! Elles ne sont pas intelligentes, ni rusées, ni habiles. (Ou quand elles le sont, ce n’est pas du tout de manière positive comme pour les garçons puisqu’elles utilisent ces capacités intellectuelles – non-sens absolu avec « elles » en sujet – pour être mauvaises, mesquines et manipulatrices.)

Conclusion : les garçons sont intelligents et malins et toujours à bon escient et si les filles montrent de telles capacités, c’est forcément parce qu’elles sont toutes un peu sorcières. (Oui, j’analyse des vêtements vendus en France en 2011.)

Assez parlé des capacités intellectuelles, parlons désormais du comportement. 60% des adjectifs masculins s’y réfèrent (courageux, fier, vaillant, déterminé, espiègle, cool), contre 30% des adjectifs féminins (têtue, rigolote, gourmande). Déjà, c’est bien connu, les filles se comportent deux fois moins que les hommes puisque plus de la moitié de leur temps est pris à se faire belle. Allons plus loin. Il y a l’idée de rire dans deux des qualificatifs : espiègle pour les garçons, rigolote pour les filles. Victoire pour l’égalité ? Ahahah. Êtes-vous naïfs… naïves, pardon – forcément. Je cesse d’interpréter subjectivement pour vous fournir une preuve scientifique en images.

Analysons maintenant ces captures d’écran de définitions qui ne sont pas de mon fait (on ne peut plus m’accuser de mauvaise foi), puisqu’elles sont tirées de l’honorable dictionnaire Le Robert (pensez ! avec un nom pareil, il ne peut être que très sérieux). (Une question : combien d’Académiciens par rapport aux Académiciennes, déjà ?)

Bref. Espiègle : c’est un adjectif, c’est marqué à côté. Et puis bon, c’est quand même un adjectif qui en jette, vu qu’on ne l’entend pas beaucoup dans la vie courante. D’ailleurs, y a une explication vachement savante en-dessous comme quoi ça vient du néerlandais, ou bien de la littérature allemande. Un truc sérieux, quoi, l’espièglerie. Forcément pour les garçons, du coup.

Rigolo, ote, par contre… Ben à côté, déjà, y a rien. C’est quoi ? Un adjectif ? Un verbe ? Un poney ? On ne sait pas. Après, pas d’explications scientifiques façon culture gé néerlandaise, non. Juste un « (de rigoler) » au goût un peu âpre. Ça ne rigole plus. Et puis juste ensuite : familier. Mais oui mais c’est bien sûr !… Espiègle, c’est assez rare au quotidien, c’est sérieux pour un garçon ; par contre pour les filles, on peut les qualifier avec du vocabulaire familier, parce que faudrait voir à pas déconner quand même.

Espiègle, pour un enfant, c’est donc être vif et malicieux, sans méchanceté. Ben oui. Faut suivre, hein. Un garçon ne peut pas être méchant, seulement rusé et habile. (C’est d’ailleurs avec ces deux derniers adjectifs que je qualifierais Henri VIII, Ivan le Terrible, Hitler, Mussolini, Ben Laden, Kadhafi, ou Anders Breivik ; mais je n’utiliserais pas méchant, nooooon, voyons, quelle idée tordue sortie de mon cerveau féminin !)

Poursuivons. Un enfant espiègle, nous dit Robert, c’est un petit polisson coquin et turbulent : rusé et plein d’énergie, quoi ! Normal. Ah mais… attendez… Espiègle peut aussi être un nom, alors ! Mais oui ! Exemple : C’est une petite espiègle –> DIABLOTIN. Eh ouais. CQFD. C’est Bob qui l’a dit (via Petit Bateau) : les filles, SAYLEMAL. Nous sommes le diable, nous sommes des sorcières, nous sommes de viles pécheresses.

(Je vous avoue humblement que si j’avais voulu le faire exprès, j’aurais quand même pas pu, hein. C’est quand même assez énorme.)

Poursuivons. Revenons à notre rigolote, dont on ne connaît pas la nature. Ah, ben c’est aussi un adjectif et un nom (comme espiègle mais… passons.) Ca amuse, ça fait rire – ouais, ça ne mange pas de pain et ça n’a pas inventé le fil à couper le beurre quoi, on n’en est pas à se rouler par terre et à penser au prix Nobel du calembour, c’est mignonnet, juste. D’ailleurs, en exemple, on a donc : Elle est rigolote. Sinon, on est curieuse et étrange – un peu chelou, quoi, normal. Une fille, faut s’en méfier – toujours. Mais alors le pompon, c’est qu’il s’agit aussi d’une personne à qui l’on ne peut pas faire confiance. Je venais tout juste de le dire !!

(Alors oui, pour le coup, l’exemple est masculin. Mais c’est l’unique Académicienne, qui devait forcément être avoir ses règles ce jour-là, qui a dit à ses collègues de ne pas la faire chier et de mettre un exemple testostéroné.)

Poursuivons. Après le couple espiègle/rigolote, on a celui de déterminé/têtue. Je traduis : un mec, ça sait ce que ça veut et où ça va ; une fille, ça emmerde le monde avec ses idées à la con dont elle ne démordra pas. Comprenez : un mec, c’est posé carré réfléchi ; une fille, c’est une chieuse avec des lubies. Et puis un mec, c’est « cool », aussi, hein.

Et pour finir avec le comportement, pendant qu’une fille c’est gourmande (ça s’enfile des plaquettes de chocolat et du cheesecake avec ses copines pendant que son mec « sait apprécier les bonnes choses » comme un bon vin accompagné d’un bon fromage), un garçon sera courageux, fier et vaillant. Vachement plus important et positif quand même que de s’empiffrer du dernier cookie de chez Starbucks et de pleurer ensuite quand on monte sur la balance pendant qu’on passe la moitié de notre temps à se faire belle. Hein.

Conclusion : un garçon, c’est espiègle, ça sait ce que ça veut, c’est carré, et c’est courageux ; pendant qu’une fille, c’est rigolote donc pas vraiment sérieuse, ça fait chier le monde avec sa tête de mule à la con, et ça sert qu’à bouffer des sucreries. (Oui, j’analyse des vêtements vendus en France en 2011.)

Et enfin, Petit Bateau parle des sentiments : là où 0% des adjectifs masculins y font référence, 10% de ceux des filles s’y rapportent (amoureuse). Amoureuse, putain… Coucou, tu veux voir mon gros cliché avec des cœurs (roses !) ? Parce que c’est bien connu : toutes les filles sont toujours amoureuses en permanence. Tou-jours. D’ailleurs, elles ne vivent que pour ça : mesdemoiselles sont des princesses (belles, chieuses et toutes de rose vêtues, donc) qui attendent leur prince charmant (fort, vaillant, courageux et déterminé, donc).

(Oui, j’analyse des vêtements vendus en France en 2011.)

Si ce genre de stéréotype me rend ouf, là où c’est grave, c’est que visiblement les garçons n’ont pas le droit d’avoir des sentiments. Hey, Petit Bateau ! Les émotions, c’est pas sale, hein ! C’est ce qui fait de nous des êtres humains !

                  Analyse générale

 Le problème, voyez-vous, c’est non seulement que ces bodys sont effectivement très misogynes, mais c’est aussi qu’ils véhiculent des clichés et des stéréotypes soit complètement faux, soit d’une autre époque, concernant les garçons et les filles.

Si l’on en croit Petit Bateau, les hommes n’ont donc pas de sentiments ni d’émotions, puisqu’aucune référence n’y est faite. Un homme, ça agit, et ça ne ressent pas ?… Les émotions, c’est un truc de gonzesse ?… Non mais… sans déconner… Un homme aime ou déteste, il éprouve de l’affection ou du mépris, il peut être joyeux ou triste, il se sent confiant ou mal à l’aise, etc… Et je vous assure, Petit Bateau, il lui arrive même d’être amoureux.

Un homme se soucie même de son apparence (et ça ne date pas d’hier, donc si on pouvait cesser avec ce stéréotype du Cro-Magnon, ce serait bien. Merci. Bisous.) Souvent, il aime être élégant et bien habillé. Il fait attention à sa coupe de cheveux et passe parfois quelques minutes le matin à mettre du gel pour la sculpter (et non, ça n’en fait pas un métrosexuel). Il taille un bouc consciencieusement ou entretient une barbe de trois jours parce qu’il se trouve mieux comme ça que rasé de près. Et il lui arrive même d’épiler un mono-sourcil par souci d’esthétisme.

Mieux encore, il fait du sport pour entretenir une silhouette, faire fondre des poignées d’amour, récupérer quelques abdos ou bien gonfler des biceps. Et non, Petit Bateau, ce n’est pas juste pour ressembler à ton cliché de l’homme fort, mais pour être bien avec lui-même et pour plaire aux filles – ou à la femme dont il est amoureux. Tout comme une fille ne se maquille pas parce qu’elle doit absolument être belle dans ton monde de clichés grotesques, mais pour se sentir mieux avec elle-même et pour plaire aux garçons – ou à l’homme dont elle est amoureuse.

Autre chose. Il y a des filles chiantes, mais il existe la même version côté garçon – tout comme être déterminé, têtu, rusé, habile, vaillant, rigolo, élégant, coquet, etc. Tous ces adjectifs correspondent, dans la vraie vie de la réalité, à des tas de personnes tous sexes, genres, et sexualités confondus. Arrêtons de vouloir mettre dans des cases et en tirer des généralités dangereuses. Car oui, il y a danger – mais j’y reviendrai.

Ce qui me dérange aussi, Petit Bateau, tu vois, c’est le caractère définitif de tes affirmations. Par exemple, si on prend mon cas personnel, je ne suis ni belle ni jolie. Donc je ne suis pas une fille ? Je ne suis pas douce trois semaines par mois. Donc trois semaines par mois, je ne suis pas une fille ? Je ne suis pas amoureuse. Donc je ne suis pas une fille ? En revanche, je suis déterminée, courageuse, fière, espiègle, et cool. Je suis donc un garçon ? Je ne suis pas coquette, mais je suis forte. Je suis donc un garçon ?

Par pitié, putain. Mesdames et messieurs du marketing, arrêtez ce genre d’agissements débiles, infondés, absurdes, d’un autre temps, et dangereux.

Les effets nocifs de tels clichés dans la société 

- De la propagande

Pour Petit Bateau, aucun adjectif ne fait référence aux capacités intellectuelles des filles. Sauf qu’en 2008, selon les données de l’Insee, plus de la moitié des filles (51%) sont diplômées de l’enseignement supérieur, contre un gros tiers de garçons (37%). Je ne suis pas en train de dire que les garçons ne sont pas intelligents – loin de là – je dis juste que la vision des femmes de Petit Bateau est erronée et qu’elle ressemble à de la propagande : « Sois belle, tais-toi, surtout n’étudie pas, on pourrait voir que tu as intelligence, culture, esprit, et analyse. » (Je rappelle que je suis toujours en train d’analyser des vêtements vendus en France en 2011.)

Au-delà de cet exemple ciblé concernant l’éducation et le niveau d’études, la commercialisation de ce type de vêtement contribue à entretenir une vision des deux sexes qui n’a plus lieu d’être dans nos sociétés occidentales, mais qui malheureusement résiste encore aux volontés de progrès en matière d’égalité, de parité, et tout simplement de respect de chacun des sexes et de leurs différences.

Bien sûr que nous sommes différents. Bien sûr qu’un homme est physiologiquement plus fort qu’une femme. Mais il y a des hommes gras et des femmes musclées. Il y a des forces de la nature chez les femmes, comme il existe des hommes chétifs. Il existe des hommes aux traits fins, qui sont coquets et élégants, et des femmes qui se soucient peu de leur apparence vestimentaire et qui ont des traits épais et une mâchoire carrée. En quoi ces hommes ne seraient pas des hommes au même titre qu’un sportif bodybuildé ? En quoi ces femmes ne seraient pas des femmes au même titre qu’une mannequin jolie et élancée ?

L’opération Petit Bateau est un cas d’école. Dans les forums, j’ai souvent lu ce commentaire : « Non mais arrêtez, comme si les bébés entendaient et comprenaient ce que ça veut dire… » Ben oui. Ils comprennent. Ils comprennent dans le sens où ils grandissent dans un environnement conditionné par ce genre de message. C’est tout un processus inconscient qui se met en place, et qui s’insinue dans la façon de modeler notre pensée, d’appréhender le monde, et les personnes genrées qui le peuple. Même les familles les plus cultivées et/ou les plus attentives à ce genre de choses n’y échappent pas.

Ça s’appelle l’inconscient collectif, et tant que ce sera entretenu par les médias, les dessins animés, les pubs, les jouets, etc, les hommes ne résoudront pas leur crise actuelle d’identité (oui, tu es un homme dans ta définition la plus noble même si tu aimes changer les couches du petit dernier, prendre soin de ta peau, et être à l’écoute de tes émotions), et les femmes continueront à ne pas être prises au sérieux (que ce soit dans le monde du travail où elles sont sous-payées, ou dans le domaine juridique où elles sont forcément coupables quelque part de s’être fait violer – entre autres exemples.)

Autre exemple concret du danger de ces clichés : le monde politique. Met-on en doute les capacités intellectuelles ou le mérite d’un homme politique d’être arrivé là où il est ? Et même plus loin : met-on en doute tout ceci sur la seule base de son apparence ?

On n’accuse pas Dominique Strauss-Kahn d’être une femme parce qu’il est petit et gras. Par contre, on accuse Martine Aubry d’être lesbienne (donc, si l’on continue dans le cliché grossier, d’être un peu mec quand même) parce qu’elle a les cheveux courts, qu’elle ne se soucie pas de son apparence, et que les traits de son visage sont épais et « peu féminins ».

D’un autre côté, on accuse Ségolène Royal (qui a soigné son look lors des dernières élections présidentielles) ou Rachida Dati (femme toujours très élégante) de tous les maux : la première est une idiote, et la deuxième a forcément couché pour réussir.

Conclusion : quand une femme politique ressemble au cliché de la femme diffusé par Petit Bateau, on ne la prend pas au sérieux. Quand elle ne ressemble pas à ce cliché, ce n’est plus vraiment une femme, mais on lui reproche quand même. D’ici à ce que Martine Aubry se lance dans un relooking pour ne plus qu’on lui reproche de ressembler à un mec, on lui reprochera d’être comme toutes les autres : obsédée par son apparence, donc superficielle.

Pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, et François Hollande sont des hommes courageux, forts, vaillants, habiles, et déterminés à faire voter des lois justes pour faire de la France un meilleur endroit pour vivre (c’est bien connu.)

Vous avez dit propagande ?

- Les effets nocifs de tels clichés dans le monde du travail

Je ne prendrai qu’un seul exemple – et il sera rapide. L’écart de salaire entre les hommes et les femmes à formation, ancienneté, et compétences égales est de 9% (en défaveur des femmes). Pourquoi ? L’une des principales raisons (on parle toujours de formation, ancienneté, et compétences égales pour un même poste) est qu’une grande majorité des femmes ne négocient pas leur salaire.

Pourquoi ? Parce que la propagande des « petites fille mignonnes » fait en sorte qu’elles sont inconsciemment persuadées que gagner de l’argent pour une fille, c’est mal, qu’avoir de l’ambition pour une fille, c’est mal, et qu’être déterminé, c’est pour les garçons. En gros, elle reste bien sage, mignonne, rigolote, douce, et pas sérieuse, et dit merci monsieur au gentil patron qui a bien voulu l’embaucher.

Merci, Petit Bateau, de contribuer au rappel de ces belles vérités, qui aident notre société à avancer dans le bon sens et à être plus juste.

Mais merci l’Education Nationale aussi, pour avoir subtilement expliqué lors de ta campagne de recrutement que les femmes ont des rêves et les hommes de l’ambition.

 

- Du cliché de la femme mignonne et douce à la réalité d’une agression

L’affaire DSK « aidant », une amie m’a récemment avoué qu’il lui était arrivé sensiblement la même chose que le viol présumé de Nafissatou Diallo. Le choc d’une telle révélation passée, mon premier réflexe, à l’écoute de son témoignage, a été de lui demander pourquoi elle ne l’avait pas mordu. « Facile à dire », m’a-t-elle répondu, « j’y ai bien pensé l’espace d’une demi-seconde, mais dans ma tête, ce qui s’est passé plus vite encore, c’est la peur qu’il me frappe à la tête pour se dégager, coup qui aurait pu me provoquer des dégâts importants étant donné sa stature par rapport à la mienne, ou bien me faire valser sur le coin de la table basse située à côté et me tuer sur le coup en cas de mauvaise chute, contre un coin par exemple. Alors non, je ne l’ai pas mordu, j’ai préféré me laisser faire. »

Après l’avoir rassurée sur le fait que même si elle avait « préféré » se laisser faire, il ne s’agissait pas d’un choix et qu’elle ne devait pas culpabiliser ni avoir honte, elle m’a avoué quelque chose dont le cheminement nous a choquées toutes les deux.

Après avoir réussi à se dégager et à s’éloigner de son agresseur, celui-ci est revenu vers elle. Folle de rage à cause de ce qui venait de se passer et terrifiée à l’idée que ça pouvait recommencer, elle s’est mise à le repousser violemment et à lui donner des coups. Il a fini par se reculer et à lui dire qu’ok, ok, il la respectait, il ne la toucherait plus. Outre le caractère effectivement choquant et criminel du viol, elle s’est sentie coupable d’utiliser la violence à ce moment-là, alors qu’elle ne faisait que se défendre d’une éventuelle autre agression.

Voici ce qu’elle m’a dit : « Pendant que je le frappais, j’étais en train de me dire que ce n’était pas digne de ma condition de femme de me battre comme une chiffonnière ; qu’une fille, ça ne se bat pas, et que je devais avoir honte de me comporter comme ça. »

En disant ces mots à voix haute, elle a compris à quel point c’était choquant – ce dont elle n’avait pas réellement pris conscience avant de m’en parler. « Une fille, ça ne se bat pas », parce qu’une fille, c’est « mignonne » et « douce » et « amoureuse ».

Voilà le danger de la diffusion de tels clichés telle que celle de Petit Bateau. Au lieu de rentrer dans le crâne des petites filles des affirmations définitives du genre « une fille, ça ne se bat pas », apprenons-leur qu’elles doivent absolument user de la violence quand elle est nécessaire et que, si, elles peuvent avoir une certaine force dans des cas précis.

La preuve, dans l’histoire de mon amie, c’est que, surpris par son accès de violence inattendu, l’agresseur a eu l’air d’avoir du respect et de l’admiration quand il l’a vue se battre. Peut-être parce que lui non plus ne s’y attendait pas, partant du principe que « une fille, ça ne se bat pas », et que celle qui se bat est plus digne d’être respectée que celle qui est mignonne et douce et amoureuse.

C’est très grave. C’est très grave de continuer à nous marteler ce genre de conneries jusqu’à ce que des femmes modernes et libérées, comme ma copine, arrivent à y croire, et qu’on devienne victime à cause d’une propagande dont on a du mal à trouver un but.

Je ne dis pas que le fait « d’autoriser » les filles à se défendre violemment (et Dieu sait si j’abhorre la violence) empêchera toutes les agressions ou tous les viols. Mais s’il peut en empêcher quelques-uns par l’effet de surprise que ça peut provoquer, alors ce serait déjà une grande victoire.

Petit Bateau et les autres, arrêtez de répéter que les garçons doivent absolument n’être que forts, courageux, et déterminés, et que les filles doivent absolument n’être que jolies, douces, et amoureuses.

Non seulement c’est souvent faux et toujours réducteur, mais en plus c’est dangereux. Halte aux clichés hasardeux et aux stéréotypes périlleux. Louons également (et pas seulement, car je refuse d’aller vers l’excès inverse) les hommes sensibles et les femmes fortes.