[ITW] Virginie Spies : « Chère Mars, tu as quelque chose de sexy car tu es mystérieuse »

juillet 25, 2014 dans Culture, Interviews

Salut Terrien(ne)s ! C’est la planète Mars. Récemment, l’une d’entre vous a publié un roman en ligne chapitre par chapitre qui s’appelle « Mars Océan« . On me l’a raconté, j’ai kiffé, j’ai voulu en savoir plus.

Qui es-tu, Virginie ?
Je suis une terrienne, Maître de conférences à l’Université d’Avignon et sémiologue, spécialiste de la télévision et je travaille aussi sur les liens entre télévision et réseaux sociaux. J’ai écrit deux livres scientifiques sur la télévision. Ce qui m’intéresse, dans mon métier, c’est d’analyser pourquoi les programmes populaires plaisent. J’essaye de comprendre et décoder les pratiques et le succès des émissions. Je suis aussi auteur et metteur en scène de théâtre, j’ai écrit une trilogie sur la télévision et la célébrité, et mes pièces ont été jouées à Avignon entre 2011 et 2013.

Peux-tu nous présenter le projet de Mars Ocean ?
Avec plaisir ! Quand j’ai entendu parler du projet Mars One, au printemps 2013, j’ai trouvé ce projet fou pour deux raisons : d’abord on allait pouvoir partir sur Mars mais sans possibilité de retour sur Terre et ensuite, l’expérience serait filmée « à la manière » d’une émission de télé-réalité. Ce sont ces deux choses qui m’ont vraiment interpellée. La télé-réalité parce que c’est l’un de mes objets de recherche, et le non-retour parce que la question de la disparition me taraude depuis longtemps.
D’ailleurs, ma dernière pièce « L’île aux célébrités » est l’histoire de célébrités qui se retrouvent sur une île après avoir fait croire au monde entier qu’elles étaient mortes. Cette histoire se base sur la « rumeur de survie » qui raconte qu’Elvis ou encore Marylin ne seraient pas morts mais qu’ils couleraient des jours heureux sur une île.

Ce qui m’intéresse, avec le projet Mars One, c’est que des personnes vont accepter en quelque sorte de disparaître, tout en devenant des célébrités mondiales. Pour moi, c’est le degré ultime de notre société du spectacle. Enfin, je travaille depuis quelques années sur la question du bonheur. J’imagine que les personnes qui veulent partir sur Mars partiront certes à la conquête d’une nouvelle planète, mais ce sera d’abord une quête d’eux-mêmes : ils cherchent quelque chose de l’ordre du bonheur ultime, ce serait la réalisation d’une vie.

Avec le projet Mars One, j’avais donc tous les ingrédients pour un roman qui toucherait à tout ce qui m’intéresse. Le sujet est devenu comme une évidence.

Pourquoi n’avoir pas utilisé le vrai projet Mars One, alors ?
Parce que je préfère utiliser un bout du réel que le réel dans sa totalité pour partir dans la fiction. Ce qui m’intéresse dans Mars One, c’est son projet de départ et comment, à partir de cela, je peux emmener le lecteur quelque part. En tant qu’auteur, le projet Mars One est un point de départ, c’est lui qui m’a donné l’idée du roman.

Par ailleurs, je n’avais pas envie d’être « attaquable » par les concepteurs du projet lui-même, je ne voulais pas leur faire du tort, ni peiner ceux qui ne veulent pas que l’histoire de Mars One se déroule comme je l’ai imaginé, en tant qu’auteur de fiction ;-)

Le spatial utilise beaucoup Internet pour être relayé : les comptes Twitter des sondes et robots qui partagent des infos et des photos venues de loin (de chez moi particulièrement :p), la vie des astronautes 24h/24 dans l’iSS, la Terre filmée en direct et en HD, la retransmission des lancements de fusée, les astronautes qui tweetent et qui bloguent, des Hangout avec l’ISS… Es-tu sûre que l’avenir de la communication de l’exploration spatiale, dont la mienne, soit à la télévision ?
Oui et non. Je m’explique : D’une part, ce que je constate dans mes recherches, c’est que l’univers médiatique n’est plus cloisonné. Nous sommes dans un univers transmédia : il n’y a plus la télé d’un côté, la radio de l’autre, puis Internet quelque part, la presse écrite ailleurs, etc. Les médias sont connectés les uns aux autres, le téléspectateur regarde la télé partout, tout comme le lecteur utilise plusieurs supports.

D’autre part, si en effet le spatial utilise beaucoup Internet, ce qui compte encore et qui comptera pendant de nombreuses années, c’est la télévision car elle génère de forts revenus et qu’elle est capable de rassembler un large public au même moment. Elle s’appuie beaucoup sur le web mais, à l’inverse de certains analystes, je pense que la télévision n’est pas morte. Elle se sert du web pour étendre son pouvoir et les réseaux sociaux lui ont même donné une nouvelle jeunesse. Et puis, aucun média n’a jamais tué l’autre. Par exemple, quand la télé est arrivée, le cinéma a cru qu’il allait en mourir. Aujourd’hui, c’est la télé qui finance en grande partie le cinéma !

Donc je suis désolée, chère Mars, mais ton avenir passe en partie par la télévision ;-)

Dans quelle mesure t’es-tu inspirée (ou pas !) des émissions de télé-réalité existantes dans Mars Ocean, notamment pour traiter l’enfermement et le côté psychologique d’une telle aventure ?
Je me suis vraiment inspirée des émissions de télé-réalité existantes. Je suis allée puiser dans mes connaissances et mes analyses de ce genre télévisuel. D’ailleurs, l’un des héros de Mars Ocean dit que cette forme de télé-réalité est une expérience ultime, qui rassemble à peu près tous les traits de cette télévision si populaire.

As-tu entendu parler de l’expérience Mars500 ?
Oui, mais je ne m’en suis pas inspiré pour écrire. Une fois que les personnages et la situation étaient posés, l’histoire s’est déroulée presque d’elle-même. C’est ce que j’aime dans l’écriture de la fiction !

Pourquoi une séparation physique entre les scientifiques et les autres, alors qu’ici, les Humains auront sans doute besoin d’être tous en relation les uns avec les autres ?
J’ai voulu qu’ils soient dans deux lieux différents pour l’intrigue, et aussi parce que, même si ce n’est pas comme cela que c’est envisagé pour l’instant par Mars One, il est possible que cela se passe comme ça si on veut créer du buzz avec des personnages « intéressants » en terme de télé-réalité. Après, cela pose en effet des problèmes, je les développe d’ailleurs dans le roman mais je n’ose pas en dire plus ici pour les personnes qui n’auraient pas encore découvert l’histoire ;-)

En tant que sémiologue, que penses-tu de la recrudescence de la présence d’astronautes en ce moment, notamment dans les publicités et au cinéma, alors qu’aucun être humain n’a posé le pied sur la Lune depuis 1972 ? Tu crois que c’est grâce à moi, ou en tout cas à l’espoir de venir m’explorer dans pas longtemps ? :p
Je crois que ce succès est dû en partie à l’espoir d’un monde meilleur, d’un ailleurs ou d’autres choses seraient possible. Depuis que je suis née, je n’ai entendu parler que de la crise. Or nous avons tous besoin de rêver, d’imaginer qu’ailleurs, il existe quelque chose de mieux. Et puis bien sûr, c’est certainement un peu grâce à toi chère Mars, tu as quelque chose de sexy car tu es mystérieuse. Tu as vu toute la littérature sur toi ? L’imaginaire du « martien », c’est pas rien tout de même !

Oui mais c’est aussi beaucoup de n’importe quoi… Est-ce que tu aimerais venir me voir, d’ailleurs ?
Je n’imagine pas aller sur Mars un jour, je vais déjà essayer de bien voyager sur Terre. Pour l’instant, je préfère imaginer ce qui pourrait se passer sur Mars et j’espère regarder l’émission lorsqu’elle se réalisera « en vrai ». A ce moment, crois-moi, je serai ta plus fidèle téléspectatrice !

Mars One vient d’annoncer qu’ils ont signé un contrat d’exclusivité avec Darlow Smithson Production pour la retransmission télévisée de la sélection des futurs marsonautes (dans un premier temps). Etant donné leurs productions, ils ont l’air très sérieux et spécialisés dans les sciences, l’environnement et les technologies. Mais c’est aussi une filiale du groupe Endemol dont j’ai de mauvais écho. Ton avis sur ce partenariat ?…
Pour tout te dire, cela ne m’étonne pas. Que faut-il pour que Mars One se réalise ? De l’argent. Donc des futurs annonceurs. Pour avoir des annonceurs, il faut une émission qui cartonne, et qui a été le précurseur de la télé-réalité ? Endemol bien sûr. Il va donc falloir inventer un programme qui fonctionne en terme d’audience, et pour une saison qui ne se terminera jamais. C’est complètement fou, c’est ça, dans le fond, le sujet de mon roman. Je pense que tout cela peut arriver car l’imagination des êtres humains n’a pas de limites, et franchement, cela peut être dangereux car le projet Mars One, c’est tout de même autre chose que de vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola.

Y a-t-il une actualité pour le projet Mars Ocean ?
Le roman a démarré sur un blog, que je continue d’animer, et maintenant il est disponible sur Amazon en téléchargement. Et pour tout te dire, je suis à la recherche d’un éditeur, car je n’ai pas envie d’arrêter là. Si ça marche, je t’en envoie un exemplaire ?

Oh oui ! Ça me fera de la (re)lecture en attendant les premiers êtres humains, merci Virginie ! :D

[TWITTER] A ceux… qui ont live-tweeté les Victoires de la Musique

mars 7, 2010 dans Non classé

… ou Twitter expliqué (par un exemple) aux néophytes.

MERCI. Merci à vous, ô followings adorés, pour cette soirée passée à rire devant mon écran. Vous étiez nombreux, hier soir, à suivre les Victoires de la Musique retransmises du Zénith en direct sur France 2. Et vous étiez également nombreux à les commenter en direct sur ce fabuleux site de micro-blogging…

http://poncier.org/blog/wp-content/2009/09/twitter.jpg
Je n’étais pas tout le temps d’accord avec vous : par exemple, bah oui, moi j’aime bien Grégoire, c’est sympa et ça se prend pas la tête. En revanche, je déteste Bashung… mais je ne prendrai pas le risque de le dire sur Twitter… Parce que parfois (souvent ? tout le temps ?), les abonnés font montre d’une étroitesse d’esprit et d’un élitisme qu’ils clament combattre… 
Je n’étais pas tout le temps d’accord avec vous, donc, mais qu’est-ce que j’ai ri… Et un tel bon moment, ça se partage. Je me suis dit qu’en plus de le partager, ça pourrait devenir un merveilleux exemple de ce que peut être Twitter, pour ceux qui se demanderaient à quoi ça peut bien servir (rassurez-vous, je me posais encore la questions pas plus tard qu’il y a quelques semaines).

Chers amis internautes, voici donc une sélection tout à fait arbitraire des meilleurs tweets d’hier soir. 

[Aux néophytes : j'estime que rien ne vaut la pratique pour comprendre. Je ne compte donc pas faire un glossaire des mots à connaître. J'expliquerai au fur et à mesure en rouge ce qui me semble utile d'être expliqué. Cela dit, quelques notions doivent être connues avant de commencer.]

But du jeu : vous résumer ma soirée avec les meilleurs « tweets » (c’est un message court de 140 caractères)En fait, plusieurs de mes « followings » (ceux dont je suis les tweets) ont « live-tweeté » (commenté en direct sur Twitter) les Victoires de la Musique.
Autre élément à savoir : les hashtags. Un « hashtag », c’est un mot-clé que l’on précède du caractère « # ». Il sert à mettre un tweet dans une certaine catégorie. Ce soir, les principaux tweets des Victoires ont été « hashtagués » #VDM ou #vicmusic. 
En fait, ils sont très utiles : ça permet d’avoir tous les tweets de tout le monde sur un même sujet quand on tape un mot-clef dans « rechercher ». Souvent, le « hashtag » précise quelque chose, indique une ironie, classe dans une conversation sur un sujet précis, etc…

Attention… C’EST PARTI !!

[Amis Twitteux, je n'ai fait que copier-coller, sans corriger l'orthographe. Je n'ai pas non plus repris les pseudos par souci de facilité de lecture. Les cités se reconnaîtront, je les en remercie.] 


Il y a quand même une revendication « C’était mieux avant la zik française » qui traîne dans cette soirée…#vicmusic
PPDA sur France 2. über-laule. #VDM
« Ma chanson est naïve, un peu bête ». Nooooooon, sérieux? #VDM
PPDA remue ses genoux sur @lafouine78 ca c’est Gangsta
(La Fouine était sur scène à ce moment-là. J’en conclus donc que @lafouine78 est son compte Twitter.) 
« Machin est dans la place », le truc qui se dit plus depuis 1993. #vicmusic
PPDA humour toujours !!!!!  »il va retourné fouiner en coulisse !!« 
C’est moi ou ils ne remettent aucun prix à cette cérémonie? #vicmusic En même temps personne n’en mérite.
C’est moi où un gamin tient une bière derrière Jack Lang? #VDM
+1 Bonne nuit ! RT @soubrou J’allume la TV. Grégoire, PPDA, La Fouine. Gicquel est mort. J’éteins…
(Traduction : Quand on veut réagir au tweet de quelqu’un devant tout Twitter, on le « ReTweete », donc on écrit RT + pseudo + copié-collé de son tweet. Et avant le RT, on écrit ce qu’on veut dire. Et quand on aime le tweet de quelqu’un, on peut mettre « +1″, ou plus +1000000″ etc… si on aime vraiment.)
« Un énorme élan d’enthousiaSTE pour tout ce qui est dialogue ». Hum. #vicmusic
Il est vert Hugues Auffray ou j’ai mal réglé ma TV ? #vicmusic #Liebiglegumes
Bon, certaines personnes de la TL voient Hugues Auffray « ocre foncé » ou « orange », moi  »vert »… j’en déduis qu’il moisit. #vicmusic
(Twitter n’est pas connu pour être tendre… Mais c’est ça qui est drôle !! – Ah pardon, et TL veut dire « timeline ». Ce sont tous les tweets qu’on voit s’afficher sur son compte.)
Après drucket, ppda, delarue, voilà sabatier….le prochain c’est guy lux …ah on me dit en régie qu’il est mort
(Ces deux-là sont drôles : écrits exactement à la même minute, ils donnent deux points de vue complètement opposés !! C’est la magie Twitter…)
Positivons : au moins les chanteurs présents aux Victoires de la musique n’encouragent pas le téléchargement illégal.
On va être obligé de télécharger tellement c’est mauvais. Les major se tirent une balle dans le pied #hadopi #VicMusic
qui est ce qui a invité le soutif de Lombroso ? Et sundé with a flou. Mais son accent pue du cul!
Qqun peut dire au clone de Charlie Winston de sortir, et de laisser faire les grandes personnes? #VDM
RT @FlorencePorcelhttp://twitpic.com/170w24 - Points de vue… #megalol #VDM +1000
(Ca, c’est donc quelqu’un qui m’a « retwittée ». Vous pouvez cliquer sur le lien, vous verrez la capture d’écran des 2 tweets contradictoires. Et il a rajouté +1000 à la fin.)
Philippe Gildas ou le brushing qui tient toute la vie #vicmusic #revedecoiffeur #fileladressepourmagrandmere
(Voilà le tweet le plus drôle de la soirée. En voyant le hashtag #fileladressepourmagrandmere », j’ai cru que j’allais faire pipi-culotte.)
Le show est sur Twitter, pas dans ta télé. Bienvenue sur le web 2.0. #VDM
(Ca c’est moi !! :-p)
(Le tweet suivant est une réponse à @lagendart qui me demandait si les live-tweets me plaisaient.)
@lagendart J’ai pas ri autant depuis la dernière rediff de Rasta Rocket.
(Et sa réponse :)
@FlorencePorcel Oulaaah c’est qu’on est bon. huhu.
Si j’avais l’âge que j’ai, je me ferais bien Maxime Nucci pour mon goûter. #VicMusic
Que pense Claude François de cette soirée, on pourrait lui demander via interview médium #vicmusic
(Ah oui, vous ne pouvez pas comprendre si vous n’êtes pas au courant de ça. Oui, c’est d’un autre monde. Sans mauvais jeu de mot.)
Nagui : « le Zénith est encore rempli ». T’as raison de préciser, parce que nous aussi ça nous surprend #vicmusic #fail !
heuh quelqu’un peut buter la voix off avant que je fasse un frontkick à ma TV !
RT @abstraitconcret: « merci oxmo puccino qui va repartir pucciner en coulisses »
mdr ! RT @jeymer a quand la catégorie du « plus grand téléchargé » #vicmusic
(+ 1 000 000 000 000 000 000 000)
France2tv un bouchon de Champagne vient de me sauter dessus..
(Quand je serai grande, je serai journaleuse.)
Faudra vraiment qu’on m’explique ce défilé des animateurs #vicmusic
(En effet, maintenant que tu le dis…) 

Voilà ! J’espère, pour les néophytes, que vous appréhendez un peu mieux ce merveilleux outil. Si vous voulez en savoir plus sur Twitter, je vous conseille de regarder le reportage d’Envoyé Spécial diffusé le jeudi 04/03/2010 sur France 2. Il est très bien fait ! Ainsi que mon mode d’emploi drôle et illustré.