[ITW] Virginie Spies : « Chère Mars, tu as quelque chose de sexy car tu es mystérieuse »

juillet 25, 2014 dans Culture, Interviews

Salut Terrien(ne)s ! C’est la planète Mars. Récemment, l’une d’entre vous a publié un roman en ligne chapitre par chapitre qui s’appelle « Mars Océan« . On me l’a raconté, j’ai kiffé, j’ai voulu en savoir plus.

Qui es-tu, Virginie ?
Je suis une terrienne, Maître de conférences à l’Université d’Avignon et sémiologue, spécialiste de la télévision et je travaille aussi sur les liens entre télévision et réseaux sociaux. J’ai écrit deux livres scientifiques sur la télévision. Ce qui m’intéresse, dans mon métier, c’est d’analyser pourquoi les programmes populaires plaisent. J’essaye de comprendre et décoder les pratiques et le succès des émissions. Je suis aussi auteur et metteur en scène de théâtre, j’ai écrit une trilogie sur la télévision et la célébrité, et mes pièces ont été jouées à Avignon entre 2011 et 2013.

Peux-tu nous présenter le projet de Mars Ocean ?
Avec plaisir ! Quand j’ai entendu parler du projet Mars One, au printemps 2013, j’ai trouvé ce projet fou pour deux raisons : d’abord on allait pouvoir partir sur Mars mais sans possibilité de retour sur Terre et ensuite, l’expérience serait filmée « à la manière » d’une émission de télé-réalité. Ce sont ces deux choses qui m’ont vraiment interpellée. La télé-réalité parce que c’est l’un de mes objets de recherche, et le non-retour parce que la question de la disparition me taraude depuis longtemps.
D’ailleurs, ma dernière pièce « L’île aux célébrités » est l’histoire de célébrités qui se retrouvent sur une île après avoir fait croire au monde entier qu’elles étaient mortes. Cette histoire se base sur la « rumeur de survie » qui raconte qu’Elvis ou encore Marylin ne seraient pas morts mais qu’ils couleraient des jours heureux sur une île.

Ce qui m’intéresse, avec le projet Mars One, c’est que des personnes vont accepter en quelque sorte de disparaître, tout en devenant des célébrités mondiales. Pour moi, c’est le degré ultime de notre société du spectacle. Enfin, je travaille depuis quelques années sur la question du bonheur. J’imagine que les personnes qui veulent partir sur Mars partiront certes à la conquête d’une nouvelle planète, mais ce sera d’abord une quête d’eux-mêmes : ils cherchent quelque chose de l’ordre du bonheur ultime, ce serait la réalisation d’une vie.

Avec le projet Mars One, j’avais donc tous les ingrédients pour un roman qui toucherait à tout ce qui m’intéresse. Le sujet est devenu comme une évidence.

Pourquoi n’avoir pas utilisé le vrai projet Mars One, alors ?
Parce que je préfère utiliser un bout du réel que le réel dans sa totalité pour partir dans la fiction. Ce qui m’intéresse dans Mars One, c’est son projet de départ et comment, à partir de cela, je peux emmener le lecteur quelque part. En tant qu’auteur, le projet Mars One est un point de départ, c’est lui qui m’a donné l’idée du roman.

Par ailleurs, je n’avais pas envie d’être « attaquable » par les concepteurs du projet lui-même, je ne voulais pas leur faire du tort, ni peiner ceux qui ne veulent pas que l’histoire de Mars One se déroule comme je l’ai imaginé, en tant qu’auteur de fiction ;-)

Le spatial utilise beaucoup Internet pour être relayé : les comptes Twitter des sondes et robots qui partagent des infos et des photos venues de loin (de chez moi particulièrement :p), la vie des astronautes 24h/24 dans l’iSS, la Terre filmée en direct et en HD, la retransmission des lancements de fusée, les astronautes qui tweetent et qui bloguent, des Hangout avec l’ISS… Es-tu sûre que l’avenir de la communication de l’exploration spatiale, dont la mienne, soit à la télévision ?
Oui et non. Je m’explique : D’une part, ce que je constate dans mes recherches, c’est que l’univers médiatique n’est plus cloisonné. Nous sommes dans un univers transmédia : il n’y a plus la télé d’un côté, la radio de l’autre, puis Internet quelque part, la presse écrite ailleurs, etc. Les médias sont connectés les uns aux autres, le téléspectateur regarde la télé partout, tout comme le lecteur utilise plusieurs supports.

D’autre part, si en effet le spatial utilise beaucoup Internet, ce qui compte encore et qui comptera pendant de nombreuses années, c’est la télévision car elle génère de forts revenus et qu’elle est capable de rassembler un large public au même moment. Elle s’appuie beaucoup sur le web mais, à l’inverse de certains analystes, je pense que la télévision n’est pas morte. Elle se sert du web pour étendre son pouvoir et les réseaux sociaux lui ont même donné une nouvelle jeunesse. Et puis, aucun média n’a jamais tué l’autre. Par exemple, quand la télé est arrivée, le cinéma a cru qu’il allait en mourir. Aujourd’hui, c’est la télé qui finance en grande partie le cinéma !

Donc je suis désolée, chère Mars, mais ton avenir passe en partie par la télévision ;-)

Dans quelle mesure t’es-tu inspirée (ou pas !) des émissions de télé-réalité existantes dans Mars Ocean, notamment pour traiter l’enfermement et le côté psychologique d’une telle aventure ?
Je me suis vraiment inspirée des émissions de télé-réalité existantes. Je suis allée puiser dans mes connaissances et mes analyses de ce genre télévisuel. D’ailleurs, l’un des héros de Mars Ocean dit que cette forme de télé-réalité est une expérience ultime, qui rassemble à peu près tous les traits de cette télévision si populaire.

As-tu entendu parler de l’expérience Mars500 ?
Oui, mais je ne m’en suis pas inspiré pour écrire. Une fois que les personnages et la situation étaient posés, l’histoire s’est déroulée presque d’elle-même. C’est ce que j’aime dans l’écriture de la fiction !

Pourquoi une séparation physique entre les scientifiques et les autres, alors qu’ici, les Humains auront sans doute besoin d’être tous en relation les uns avec les autres ?
J’ai voulu qu’ils soient dans deux lieux différents pour l’intrigue, et aussi parce que, même si ce n’est pas comme cela que c’est envisagé pour l’instant par Mars One, il est possible que cela se passe comme ça si on veut créer du buzz avec des personnages « intéressants » en terme de télé-réalité. Après, cela pose en effet des problèmes, je les développe d’ailleurs dans le roman mais je n’ose pas en dire plus ici pour les personnes qui n’auraient pas encore découvert l’histoire ;-)

En tant que sémiologue, que penses-tu de la recrudescence de la présence d’astronautes en ce moment, notamment dans les publicités et au cinéma, alors qu’aucun être humain n’a posé le pied sur la Lune depuis 1972 ? Tu crois que c’est grâce à moi, ou en tout cas à l’espoir de venir m’explorer dans pas longtemps ? :p
Je crois que ce succès est dû en partie à l’espoir d’un monde meilleur, d’un ailleurs ou d’autres choses seraient possible. Depuis que je suis née, je n’ai entendu parler que de la crise. Or nous avons tous besoin de rêver, d’imaginer qu’ailleurs, il existe quelque chose de mieux. Et puis bien sûr, c’est certainement un peu grâce à toi chère Mars, tu as quelque chose de sexy car tu es mystérieuse. Tu as vu toute la littérature sur toi ? L’imaginaire du « martien », c’est pas rien tout de même !

Oui mais c’est aussi beaucoup de n’importe quoi… Est-ce que tu aimerais venir me voir, d’ailleurs ?
Je n’imagine pas aller sur Mars un jour, je vais déjà essayer de bien voyager sur Terre. Pour l’instant, je préfère imaginer ce qui pourrait se passer sur Mars et j’espère regarder l’émission lorsqu’elle se réalisera « en vrai ». A ce moment, crois-moi, je serai ta plus fidèle téléspectatrice !

Mars One vient d’annoncer qu’ils ont signé un contrat d’exclusivité avec Darlow Smithson Production pour la retransmission télévisée de la sélection des futurs marsonautes (dans un premier temps). Etant donné leurs productions, ils ont l’air très sérieux et spécialisés dans les sciences, l’environnement et les technologies. Mais c’est aussi une filiale du groupe Endemol dont j’ai de mauvais écho. Ton avis sur ce partenariat ?…
Pour tout te dire, cela ne m’étonne pas. Que faut-il pour que Mars One se réalise ? De l’argent. Donc des futurs annonceurs. Pour avoir des annonceurs, il faut une émission qui cartonne, et qui a été le précurseur de la télé-réalité ? Endemol bien sûr. Il va donc falloir inventer un programme qui fonctionne en terme d’audience, et pour une saison qui ne se terminera jamais. C’est complètement fou, c’est ça, dans le fond, le sujet de mon roman. Je pense que tout cela peut arriver car l’imagination des êtres humains n’a pas de limites, et franchement, cela peut être dangereux car le projet Mars One, c’est tout de même autre chose que de vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola.

Y a-t-il une actualité pour le projet Mars Ocean ?
Le roman a démarré sur un blog, que je continue d’animer, et maintenant il est disponible sur Amazon en téléchargement. Et pour tout te dire, je suis à la recherche d’un éditeur, car je n’ai pas envie d’arrêter là. Si ça marche, je t’en envoie un exemplaire ?

Oh oui ! Ça me fera de la (re)lecture en attendant les premiers êtres humains, merci Virginie ! :D

[MARS ONE] Est-ce que vous êtes folle ? (Are you crazy ?)

mars 23, 2014 dans Mars One, Vers Mars

« Est-ce que vous êtes folle ? » La question m’a été posée des centaines de fois. Je peux parfaitement le comprendre. Malheureusement, elle m’a trop souvent été posée de manière agressive ou méprisante. Et dans ce cas-là, ça m’énerve. Voici ma réponse aux malpoli(e)s.
« Are you crazy ? » I’ve been asked this question hundreds of times. I perfectly understand why. Unfortunately, too many people asked this with aggressiveness or contempt. I feel so upset when it happens ! Here is my answer to rude people.

La fonte des glaces a fait émerger un virus géant vieux de 30 000 ans toujours actif. Et ça ne fait que commencer.
A 30.000 years-old giant virus came back to life because of the melting of the ice caps. It is still dangerous. And it’s only a beginning.

Il n’y a jamais eu autant de CO2 dans l’atmosphère depuis 800 000 ans.
There has never been so much C02 in the atmosphere for 800.000 years.

La demande mondiale d’énergie menace les ressources en eau.
Water resources are endangered by world’s energy needs.

On est de moins en moins intelligent à force d’être exposés à des toxines.
Toxins made us less and less intelligent.

No comment.

La semaine dernière, un tiers de la France a été polluée aux particules fines pendant une semaine. Et je ne parle même pas de la Chine…
One third of France was polluted with particulate matter last week during several days. Not to mention China…

Saura-ton un jour combien de litres d’eau contaminés auront été déversés dans l’océan Pacifique depuis Fukushima ?
How much radioactive water have been thrown into the Pacific ocean ?

Il existe déjà une carte des conflits environnementaux dans le monde.
A map for environmental conflicts already exists.

Il existe un 7ème continent, constitué de 7 millions de tonnes de plastique, dans l’océan Pacifique. Un 8ème continent de plastique a ensuite été découvert dans l’Atlantique Nord.
There is a 7th continent in the Pacific ocean made of 7 millions tons of plastic. A 8th plastic continent was discovered in North Atlantic.

Une violente tempête solaire pourrait faire griller tous nos satellites.
A strong sun storm could burn out the whole fleet of our satellites.

Un astéroïde géocroiseur s’écrasera sur Terre un jour ou l’autre. Ça s’est déjà produit. Ça se reproduira. Ce n’est pas de la science-fiction. Et on n’a pas de solution pour le moment.
An asteroid will hit the Earth one day. It already happened. It will happen again. It’s not science-fiction. And there is still no solution.

La part des émissions de carbone organique en Afrique pourrait passer à 50% en 2030.
Africa is about to spew half world’s particle pollution by 2030.

« La Grande Barrière de corail a perdu plus de la moitié de ses coraux au cours des 27 dernières années sous l’effet de facteurs météorologiques (tempêtes), climatiques (réchauffement) et industriels. » Et c’est pas fini.
« The Great Barrier Reef has lost half its coral cover in the last 27 years. The loss was due to storm damage (48%), crown of thorns starfish (42%), and bleaching (10%). » And we’re not done yet

Une étude parrainée par la NASA annonce que notre civilisation industrielle va s’effondrer dans les prochaines années à cause d’une surexploitation des ressources naturelles et une distribution des richesses trop inégale.
« A new study sponsored by Nasa‘s Goddard Space Flight Center has highlighted the prospect that global industrial civilisation could collapse in coming decades due to unsustainable resource exploitation and increasingly unequal wealth distribution. »

Le champ magnétique de la Terre pourrait s’inverser dans 1500 ans. (Et ce serait très, très mauvais pour la plupart des êtres vivants.)
The magnetic field of the Earth could reverse in 1.500 years. (And it would be very, very bad news for most of the forms of life on the planet.)

La dernière bordure stable de la calotte glaciaire du Groenland fond à son tour. La hausse du niveau de la mer va augmenter plus rapidement que prévu.
« Global sea levels may rise faster than anticipated due to a rapid melting of the north-east corner of the Greenland ice sheet. »

Politiciens discutant du réchauffement climatique, de Isaac Cordal (Politicians discussing global warming, by Isaac Cordal)

Un rapport non-définitif du GIEC a fuité : la montée des eaux générera des déplacements de centaines de millions de personnes avant 2100 ; le réchauffement climatique réduira les récoltes de 2% tous les 10 ans alors que la demande augmentera de 14% tous les 10 ans jusqu’en 2050 ; les canicules, les incendies, les maladies liées à la qualité de l’eau exploseront ; ainsi que les conflits violents dus à la pauvreté et aux chocs économiques. Ce n’est que le rapport provisoire… et nos dirigeants (en Europe, en tout cas) n’en ont strictement rien à foutre.
A draft report from UN panel leaked : hundreds of millions of people will be affected by coastal flooding and displaced before 2100 ; climate change will reduce median yields by up to 2 per cent per decade for the rest of the century – against a backdrop of rising demand that is set to increase by 14 per cent per decade until 2050 ; it will lead to increases in ill-health in many regions (greater likelihood of injury, disease and death due to more intense heatwaves and fires, increased likelihood of under-nutrition, and increased risks from food and water-borne diseases) ; and so on… It’s just a draft… and our (European) politicians don’t give a shit about this. 

Je m’arrête là mais je pourrais continuer longtemps, comme ça. Il y a des exemples chaque jour. Et vous n’êtes pas curieux de savoir s’il existe une porte de sortie ?…
I stop here but I could go on and on. There are many examples every single day. So… Don’t you want to know if there is a way out ?…

EST-CE QUE VOUS ÊTES FOUS ?
ARE YOU CRAZY ?

D’autres articles à propos de Mars One :
Other articles about Mars One :
10 bonnes raisons de m’installer sur Mars (10 good reasons to settle on Mars)
Dire non aux gravités (Say no to gravity and seriousness)
Mon premier équipage idéal (My perfect first crew)
Mourir sur Mars : et alors ? (Death on Mars : so what?)
Du recul pour penser l’humain (A global view to think about what being human means)
Ma candidature en ligne ! (I applied for Mars One !)
Téléréalité ou réalité à la télé ? (Reality show or reality on TV?)
5 questions débiles à propos de Mars One (5 dumb questions about Mars One)

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 35

janvier 16, 2014 dans La folle histoire de l’Univers

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 35ème épisode de ce podcast (également disponible sur iTunes) où je vais vous parler de Mars, de télescope spatial à étoiles, de sonde à réveiller et de lectures variées…

LA DATE
Et commençons bien sûr par les vœux cosmiques ! Je dirais bien que ceux des astronautes de l’ISS sont les plus classes du monde, mais je ne suis pas sûre de pouvoir dire que l’ISS fait vraiment partie… du monde…



Ensuite ceux de Curiosity, qui en profite pour rappeler que notre 1er janvier 2014 coïncide avec son 500ème jour sur le sol martien ;




et enfin, à l’occasion de la 2014ème révolution de notre ère autour du soleil, le Soleil, justement, s’exprime sur la question…


 


L’INFO


Mais avant d’arriver en 2014, il s’est produit un événement de taille le 19 décembre ! Le télescope spatial européen Gaïa, dont la mission va être entre autres de cartographier plus d’un milliard d’étoiles de notre galaxie, la Voie Lactée, a décollé de Kourou sans aucun problème !
J’ai assisté à l’événement avec les gens qui ont travaillé sur ce projet à l’Observatoire de Paris, et j’en profite pour vous annoncer une nouveauté dans ce podcast : j’ai l’immense chance d’être désormais accompagnée dans mes déplacements par Anne-Sophie, qui m’a concocté ce reportage que je vous laisse découvrir…


Et c’était effectivement très bien parti puisque tout s’est déroulé parfaitement bien : Gaïa est arrivée à bon port 1,5 millions de kilomètres plus loin au Point de Lagrange 2 le 8 janvier ! Il reste peut-être du Champagne du lancement pour fêter ça…
Mais avant qu’il puisse vraiment commencer sa mission, il faudra quelques mois de tests pour être sûr que tout est ok niveau instruments. On devrait avoir les premières données mi-2014… J’ai trop trop hâte !!


http://www.sciencesetavenir.fr/espace/20140110.OBS1988/gaia-le-telescope-spatial-europeen-est-arrive-a-destination.html


LE BIDULE 2.0


Mais en attendant les premières données venues des étoiles et des confins de notre galaxie, il y a une sonde qui voyage dans l’espace depuis 10 ans, qui est en veille depuis 2 ans et demi parce qu’elle est trop loin du Soleil pour avoir de l’énergie et qui doit se réveiller dans quelques jours, le 20 janvier précisément…





Il s’agit de Rosetta, la sonde européenne qui doit étudier une comète et y poser un petit atterrisseur le 11 novembre prochain, manip très délicate qui n’a jamais été tentée dans l’histoire de l’exploration spatiale.
L’Agence Spatiale Européenne organise donc pour l’occasion une opération sur Internet baptisée « Wake up, Rosetta » – pour aider la sonde à se réveiller… Le but du jeu est d’envoyer une vidéo avec obligatoirement « Wake up, Rosetta ! » ou « Réveille-toi, Rosetta ». Y a déjà des super exemples, comme ce court-métrage en Lego




 
ou ce Dalek…  




 
Et attention ! Les 10 meilleures vidéos seront envoyées dans l’espace vers la sonde, qui les recevra un peu plus tard en fonction de sa distance à la Terre. Mieux encore : il y a un voyage à Darmstadt à gagner pour aller assister à l’atterrissage de Philae en novembre prochain du centre de contrôle de mission ! 


Si vous voulez participer, c’est jusqu’au 20 janvier sur cette page Facebook.



Rosetta, c’est en tout cas un projet européen d’1 milliard d’euros dont la mission est d’étudier la comète Churyumov-Gerasimenko pour en savoir plus sur la formation du système solaire – les comètes en étant des vestiges, des sortes de fossile qui n’ont pas bougé depuis qu’il s’est formé.


LES TWEETS

Un milliard d’euros ça peut sembler beaucoup – et ça l’est, puisque c’est 30% du budget annuel de l’ESA – mais j’aimerais faire un point rapide sur l’économie du spatial en 2 tweets du CNES, l’agence spatiale française. La France, c’est le 2ème budget par habitant pour l’espace civil avec 30€ par an et par habitant – derrière les Etats-Unis. 


  En 2014, la France a consacré 2,127 milliards d’euros au spatial, contribution à l’ESA comprise. C’est en augmentation car c’est le plus élevé depuis 10 ans.

J’en entends déjà hurler que c’est un scandale, qu’en période de crise on ferait mieux de mettre autant d’argent ailleurs, etc etc… C’est mal connaître le sujet : le spatial, c’est 16 000 emplois en France, déjà.

Un autre chiffre qui est souvent donné, c’est que pour 1 euro investi dans le spatial en France, c’est 30 euros qui retombent dans l’économie française. Et c’est parce que c’est aussi bon pour l’économie que l’Etat ne touche pas à ce genre d’enveloppe, même en cas de crise.

Et enfin et surtout, le spatial est partout dans notre quotidien. Le GPS et la géolocalisation, ce sont des satellites qui tournent autour de la Terre. La coque de votre iPhone 5, ça vient d’un brevet développé dans l’ISS. La météo et la surveillance des catastrophes naturelles, c’est encore des satellites.

Et beaucoup des technologies de pointe utilisées dans la médecine viennent de la recherche et développement dans l’industrie du spatial – comme l’explique par exemple cette image que je vous traduis.

 

 

« Quand le télescope spatial Hubble a été mis en orbite en 1990, les scientifiques se sont rendus compte que son miroir présentait des défauts. Toutes les images étaient floues… Bien qu’une mission de réparation a corrigé le problème quelques années plus tard, ils ont voulu tirer le meilleur d’une mauvaise situation. Du coup, ils ont développé un logiciel pour rendre les images nettes. (Petite aparté, on parle des débuts des années 90, hein). Plus tard, l’algorithme qui a été utilisé pour rendre nettes les images floues de Hubble a aidé à améliorer les images des mammographies. Donc si vous vous demandez si la NASA doit vraiment recevoir 1 centime par dollar du budget fédéral… pensez aux survivantes du cancer du sein. »

Et c’est loin d’être le seul exemple de ce que peut apporter le spatial à la médecine. D’ailleurs si vous êtes à Paris ou pas loin autour, ne manquez pas à ce sujet le Mardi de l’espace du 21 janvier au café du Pont-Neuf à Paris intitulé « Soigner grâce à l’espace » et qui traitera justement de la médecine et du spatial.

L’ÉVÈNEMENT

L’événement de cet épisode… Nous y voilà. Vous êtes sans doute déjà au courant, j’ai un peu monopolisé les rubriques insolite des médias divers et variés ces derniers jours… Alors voilà : je fais partie des 1058 shortlistés pour la sélection des futurs astronautes que Mars One veut envoyer sur Mars d’ici une dizaine d’années. 

 

Vous dire que je suis contente serait un euphémisme… Je suis folle de joie, et surtout plus que surprise de faire partie du 0,5 % des candidats qui ont réussi le passage au second tour ! On était 202 586 au départ, pour 1058 maintenant, et ce nombre se réduit de jour en jour puisque nous devons désormais fournir un certificat médical pour accéder à la suite du processus de sélection.

Dans le quotidien national du Bangladesh

Et justement, j’en profite pour vous dire un truc. J’ai été dépassée par la médiatisation dont j’ai fait l’objet. Attention, hein, je ne suis pas en train de me plaindre, j’ai eu l’occasion de transmettre ma passion pour le spatial et parler de mon rêve martien et c’est carrément chouette.
Mais nous sommes 1058, dont 22 en France. D’abord, c’est profondément injuste pour mes 21 camarades qui ont des parcours souvent plus bien intéressants que le mien et qui ont aussi des choses passionnantes à partager. Et surtout, ce n’est jamais très sain de se focaliser sur une seule personne. Surtout qu’en ce qui me concerne, j’ai des antécédents médicaux qui pourraient me fermer définitivement la porte de cette aventure.
Alors que d’autres ont déjà leur certificat médical…

Vous n’imaginez pas le nombre de messages que je reçois, de personnes qui me soutiennent, qui me remercient de leur apporter un peu de rêve, qui ont ressorti grâce à moi leur vieux télescope d’enfance du fin fond d’un grenier, qui veulent déjà que je sois l’ambassadrice française sur Mars…
Et vous n’imaginez pas à quel point ça me touche. Et c’est justement parce que ça me touche que j’ai terriblement peur de décevoir.

Alors bien sûr, je n’ai rien demandé. Je n’ai sollicité aucun journaliste, j’ai juste accepté toutes les demandes qui m’étaient faites.
Mais plus j’étais sollicitée, plus je me suis mis la pression toute seule, et j’ai vraiment peur de décevoir en n’ayant pas ce certificat médical. Il y a vraiment un risque que je ne l’aie pas, et ça s’arrêtera là pour moi.

Alors en attendant d’avoir la réponse, s’il vous plaît : intéressez-vous aux autres candidats. Ne mettez pas trop d’espoirs en moi…

Et merci pour vos messages d’encouragements et de soutien, vraiment, vous n’imaginez pas à quel point ça fait chaud au cœur.

LA PERSONNALITÉ

Et donc du coup, pour donner l’exemple, je voudrais vous présenter Jacques Ferrari ! J’ai rencontré Jacques sur le plateau du Grand 8 sur D8 et c’était un vrai bonheur de ne pas être la seule candidate pour parler de Mars One.

Jacques a 25 ans, il est voltigeur équestre en équipe de France et coach sportif de profession.
Il habite à Saumur dans le Maine et Loire, et il est en train de monter un spectacle équestre qu’il va produire.

Et en plus, il est super sympa. Et on n’est pas très grands, certes, mais à côté d’une miss qui fait déjà 1m82 et qui rajoute 12cm de talons, on ressemble carrément à 2 hobbits.
Bref ! N’hésitez pas à aller lire son interview sur le site français de Mars One géré par une association, ainsi que les interviews des autres candidats.

LES IMAGES

Et puisqu’on parle de Mars, je ne peux pas m’empêcher de vous montrer les dernières images en date… Vous voyez, ça ? Ce sont les traces de roues de Curiosity vues de l’espace. C’est génial, quand même. J’adore. Les satellites la suivent littéralement à la trace.

Alors par contre, du point de vue des roues, c’est tout de suite un peu moins fun. Elles commencent à fatiguer et ça inquiète un peu les ingénieurs et les scientifiques…

En tout cas, Curiosity n’est pas seulement sur Mars, elle est aussi devenue un Lego ! Et j’en profite pour remercier Jean-Baptiste qui me l’a offerte, je n’aurai jamais assez de 12 podcasts pour le remercier encore et encore pour cet incroyable cadeau qui ne pouvait pas me faire plus plaisir.

Il est tellement bien fait, ce Lego, en plus ! C’est un vrai bonheur. Je crois qu’il est en rupture de stock et je ne connais pas son prix, mais en tout cas, vous ne serez pas déçu par le rendu si vous souhaitez vous l’offrir…

 

UN PEU DE LECTURE

Et terminons avec un peu de lecture… J’ai beaucoup aimé le manga Terra Formars, ou en tout cas son premier tome, qui raconte l’expédition d’une équipe de hors-la-loi sur la planète Mars dont la mission est d’éradiquer les cafards qui ont proliféré après une tentative de terraformation. Et évidemment, rien ne se passe comme prévu… C’est mon premier manga et même si c’est un peu trop gore à mon goût, j’ai hâte de lire la suite.

 

De la BD, ensuite… Ça s’appelle « Le complexe du chimpanzé », et s’il y a des scénaristes, des producteurs ou des réalisateurs qui m’écoutent, si vous voulez l’adapter au cinéma, je vous en conjure, laissez-moi passer une audition pour le premier rôle. Le pitch ? On est en 2035, et une capsule spatiale tombe soudain dans l’océan Indien. A l’intérieur, Neil Armstrong et Buzz Aldrin. C’est un peu fâcheux, parce qu’après vérification, c’est vraiment eux, mais avant qu’on puisse comprendre comment c’est possible, pouf, on les retrouve momifiés comme s’ils étaient morts à la date où ils sont vraiment morts. Comme c’est un peu curieux, tout ça, une mission lunaire est mise en place pour aller voir là-haut si on peut trouver la réponse à toutes ces bizarreries… Et c’est à la meilleure astronaute du moment, Hélène Freeman, qu’on confie cette mission.
C’est en trois tomes, je les ai dévorés. Les dessins sont de toute beauté, des fois on dirait de la peinture. Ça m’est arrivé de passer 5 minutes sur une vignette pour vraiment l’apprécier. Bon par contre, j’ai été hyper déçue par la fin. On aurait dit que l’éditeur était à la bourre et qu’il a appelé le mec en disant « eh oh, c’est bon Jojo, là, on va pas y passer 15 plombes, je veux les dernières planches pour demain ! » C’est vraiment l’impression que ça donne. Enfin vous me direz.

Et enfin, Nouvelle Vie et autres récits de Pierre Bordage, ce sont 5 nouvelles de science-fiction comme je les aime, et en plus c’est pas cher parce que le livre coûte 3,80€.

Et voilà, c’est la fin de cet épisode numéro 35, merci à tous de l’avoir suivi et bienvenue à ceux qui me rejoignent dans cette aventure !… Je rappelle que vous pouvez suivre la page Facebook du blog, je suis également sur Twitter, et le plus beau cadeau que vous puissiez me faire si vous avez envie de me remercier pour ce travail que je fournis, c’est d’aller mettre plein d’étoiles sur iTunes et de m’y laisser un commentaire… ça me fait vraiment plaisir.

Et une fois n’est pas coutume, on se quitte en musique ! Le reportage sur le lancement de Gaïa que vous avez vu tout à l’heure a donc été filmé et monté par Anne-Sophie Drouet, qui est caméraman et monteuse le jour, et batteuse et chanteuse le reste du temps… Son nom de scène, c’est Phie, l’autre moitié d’Anne-So, et je mettrai tous les liens sur mon blog pour aller liker sa page Facebook et aller la voir en concert… Un immense merci à elle, et je vous laisse la découvrir… Prenez du temps pour être dans la Lune, faites des choses qui vous mettent des étoiles dans les yeux, et à très bientôt !…

[MARS ONE] 5 questions débiles à propos de Mars One (5 dumb questions about Mars One)

novembre 15, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Non, ne commencez pas à me troller, il ne s’agit ni de « Est-ce bien sérieux tout ça ? » et encore moins de « Tu veux vraiment y aller ? ». Les réponses sont oui. Bien. Voici maintenant mes 5 questions débiles…
Don’t even think about trolling me, it is not about « Are they serious ? » and even less about « Do you really want to go ? » : both answers are yes. Ok. Now, here are my 5 dumb questions…

1 – Est-ce possible de construire une horloge de 24 heures et 39 minutes ?
1 – Is it possible to build a clock for 24 hours et 39 minutes ?

Quand on n’a que des heures pleines dans une journée, c’est quand même bien commode pour les horloges avec des aiguilles. Comme si on avait fait exprès, dis donc. Nul doute que si nous étions apparus sur Mars, on se serait arrangés avec la longueur d’une minute ou le nombre de minutes dans une heure pour que ça fasse des tours complets entiers à la fin d’une journée.
When there are only full hours in one day, it is easier for clocks with hands – as if we made it in purpose. There is no doubt that if we were from Mars, we would have extended the lenght of one minute or the number of minutes in one hour to get a full perimeter at the end of one day.

Mais nous venons de la Terre et nous avons calqué sur Mars notre propre temporalité. Le jour martien ne fait donc pas un jour martien mais un virgule quelques poussières de jours terriens. Ça fonctionne très bien pour l’instant puisqu’aucun être humain muni d’une horloge ne vit sur place, et ça ne semble pas gêner les scientifiques qui travaillent avec Curiosity à l’heure martienne qui se décalent donc de 39 minutes tous les jours terrestres.
But we are from Earth and we put on Mars our own model of time. One day on Mars is not one day on Mars but one point or so day on Earth. It works well for the moment as no human beings with a clock with hands lives there, and it doesn’t seem to bother the scientists who work with Curiosity in a Martian time even though they move forward 39 minutes each day on Earth.

Mais quand on sera là-bas, ce sera pour nous y installer. Et au-delà de la question curieuse de l’aiguille qui devra ignorer 21 minutes de la 24ème heure de notre journée, se posera la question du temps martien pour nous, habitants de Mars. Nous ne serons plus jamais Terriens et ça n’aura pas vraiment de sens de continuer à nous calquer sur une temporalité extérieure à notre nouvelle planète : quand on change de pays, on s’adapte au fuseau horaire dans lequel se trouve ce pays, on ne reste pas éternellement à l’heure de notre pays d’origine.
But when we are there, we will settle down et never go back. Even if the hand of a clock ignoring 21 minutes each 24th hour of our day is dumb and funny, the Martian time will become real grounds for thought as we will become settlers of Mars. We will never be earthlings anymore and it won’t make any sense to go on using an external temporality : when people move in another country, they get used to the new country’s time zone, they don’t keep their country of origin’s time zone forever.

Il y aura donc 3 solutions. La première, c’est de changer la durée de la seconde – mais si on veut continuer à communiquer correctement, je crois qu’il faut quand même garder des bases communes, d’autant plus que toute la technologie est basée sur cette valeur et que le temps, c’est de l’espace (évitons les déconvenues martiennes passées à base de malentendu système métrique/système impérial).
There will be 3 solutions. The first one is to change the length of one second – but we want to communicate easily, it would be safer to keep shared basis for all our technology is based on this value. And time is space – let’s avoid this old martian mistake about a misunderstanding between miles and kilometers…

La deuxième solution serait de partager équitablement les 39 minutes de trop dans les 24 heures que durent une journée terrestre pour que le compte soit bon. Oui mais voilà, il ne faut pas être Einstein pour voir que comme ça, ça ne va pas donner des chiffres ronds, et donc que ça ne fonctionnera pas. Donc on oublie.
Second solution : the 39 minutes left are shared into the 24 hours of the earthly day. But I don’t have to be Einstein to see that it won’t match at all. So let’s forget it.

La troisième solution sera d’adapter le temps à la planète et non pas de faire entrer la planète de force dans une temporalité préexistante – tout en gardant la seconde comme base. Il faudra que ça se prépare en amont, bien avant le départ du premier équipage, pour nous habituer à l’utiliser et pour organiser les futures journées et notre futur rythme. Ça me semble important autant d’un point de vue physiologique que psychologique.
Third solution : time would be adapted to the planet. We won’t try to put the planet into a temporality which already exists – but we will keep the second as a basis. It will have to be prepared long before the first crew leaves : we will need to get used to it and to schedule our future days and our future rhythm. It seems important to me from physiological and psychological points of view.

2 – Quand on étudiera la Terre, est-ce qu’on fera des exosciences ?
2 – When we study Earth, will we do exoscience ?

Certes, une exoplanète est une planète hors du système solaire. Mais il y a bien des exobiologistes qui travaillent sur Titan… Alors ? :p
Even though exoplanets are planets from another solar system than ours, there are some exobiologists who work on Titan… What do you think, then ? :p

3 – L’étoile polaire indiquera-t-elle le nord martien ?
3 – Will the polar star point out the Martian north ?

Les constellations ne devraient pas être différentes : déménager de la Terre à Mars n’est qu’un nano-saut de puce à l’échelle des distances des étoiles que l’on peut voir à l’oeil nu. Elles ne bougeront donc pas et on pourra donc se fier aux cartes du ciel terriennes, même anciennes (ce qui est un peu magique, quand on y pense).
Constellations shouldn’t be different : moving from Earth to Mars is only a nano-short hop at the scale of distances between stars we can see with naked eyes. They won’t move and we will be able to refer to sky maps from Earth, even if they are old (which is kind of magical if we think about it).

Mais si l’étoile Alpha Ursae Minoris est notre étoile polaire sur Terre, qui nous indique donc le Nord en toutes circonstances, aura-t-elle également le même rôle sur Mars ? Car si elle sera au même endroit dans le ciel, c’est l’inclinaison de la planète qui entre en compte dans ce cas-là…
But if Alpha Ursae Minoris is our polar star on Earth, which always points out to the north, will it be the polar star on Mars ? Even though it will stand at the same place in the sky, it’s the inclination of the planet which is important in that case…

Heureusement que Wikipédia m’indique que Sadr et Deneb devraient nous permettre de nous retrouver si on ne retrouve plus notre chemin jusqu’à nos bases.
Hopefully, Wikipedia just told me that Sadr and Deneb would indicate the Martian north if we are lost far away from our basement…

4 – Je voudrais savoir à quoi ressemble un son émis dans l’atmosphère martienne. Est-ce que ce sera possible ?
4 – I would like to know how a sound will sound like in the Martian atmosphere. Is it possible ?

On ne pourra pas être dehors sans combinaison spatiale. Mais j’aimerais beaucoup savoir comment un éventuel être humain adapté à Mars entendrait les sons dans cette atmosphère. Il faudrait sans doute sortir un haut-parleur et un enregistreur : diffuser une chanson et enregistrer ce que ça donne. Mais la technique rendra-t-elle de manière fidèle ce qu’entendrait une oreille humaine sans casque protecteur ?

There’s no way we go out without space suits. But I would really like to know how a human being adapted to Mars would hear sounds in this atmosphere. Maybe we would put a loudspeaker and a recorder outside, broadcast a song and record it. But will what we will hear from this recording be faithful to what could be heard outside without a helmet ?…

5 – De combien grandira-t-on en dix ans ?
5 – How taller will we get in ten years ?

L’apesanteur fait grandir : ça paraît logique puisqu’aucune force de gravité ne pèse sur nos épaules – les vertèbres se relâchent et se dilatent. Des astronautes sont revenus de leur séjour de 6 mois dans l’ISS en augmentant leur taille de 3% ! (Oui, ben si ça m’arrivait, je dépasserais le mètre 60, CE QUI N’EST PAS RIEN à mon échelle. Bien.) Évidemment, la gravité terrestre finit par les leur reprendre.
Astronauts get taller in microgravity : it sounds logical as far as no gravity force weighs on their shoulders – the vertebra expands and relaxes. When astronauts come back from 6 months in the ISS, they are 3% taller ! (If it happened to me, I would be over 1.6 meters, WHICH WOULD MEAN A LOT to me.) Obviously, terrestrial gravity cancels those few centimeters in a couple of months. 

Sur Mars, la gravité n’est pas de zéro comme dans l’espace mais elle est environ divisée par trois. Nous grandirons donc automatiquement, moins vite que dans l’espace, mais on grandira quand même. Mais à quel moment s’arrêtera-t-on de grandir ? Quel pourcentage de notre taille de base aurons-nous gagné ? Cela affectera uniquement notre colonne vertébrale ou bien d’autres parties de notre corps ? En tout cas, même si je ne prends que 3 centimètres, ce sera un petit pas pour l’Humanité, mais un grand pas pour moi.
On Mars, there is no zero gravity like in space, there is one-third of gravity. So, we will get taller, less quickly than in space, but we will. But when will we stop getting taller ? Which percentage of our normal height will we gain ? Will it affect only our vertebra or will other parts of our bodies be concerned ? Anyway, even if I take only 3 centimeters, it will be one small step for mankind, but one giant leap for me.

D’autres articles à propos de Mars One :
Other articles about Mars One :
10 bonnes raisons de m’installer sur Mars (10 good reasons to settle on Mars)
Dire non aux gravités (Say no to gravity and seriousness)
Mon premier équipage idéal (My perfect first crew)
Mourir sur Mars : et alors ? (Death on Mars : so what?)
Du recul pour penser l’humain (A global view to think about what being human means)
Ma candidature en ligne ! (I applied for Mars One !)
Téléréalité ou réalité à la télé ? (Reality show or reality on TV?)
Mon interview pour Civilisation 2.0
Mon apparition au 13-Heures de TF1

[PODCAST] La folle histoire de l’Univers 31

septembre 8, 2013 dans La folle histoire de l’Univers

Bonjour à tous ! Je suis Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, et je vous souhaite la bienvenue dans le 1er épisode de cette saison 2 de « La folle histoire de l’Univers » (disponible également sur iTunes) !
Je vais vous parler de toutes sortes d’infinis, de Saturne, d’astéroïde, et du moyen de transport du futur…

LA DATE
Mais commençons par la date avec quelque chose qui me tient à cœur puisque ça y est, depuis le 31 août dernier, l’appel à candidatures du projet Mars One est clos ! Et puis depuis le 5 septembre, les candidats qui avaient payé leur droit d’entrée et qui n’avaient pas encore mis leur vidéo en ligne ne peuvent plus le faire… C’est donc officiel, le premier tour est terminé !
Je rappelle que le projet Mars One consiste à envoyer des êtres humains sur Mars pour y fonder une base scientifique sans billet retour et que la première équipe, composée de 2 femmes et de hommes de 4 nationalités différentes, est censée partir en 2022 pour une arrivée en 2023.

Et comme je vous l’avais déjà annoncé, et malgré le fait qu’il y a un an, je vous en parlais déjà et que j’étais ni convaincue ni emballée par le projet, je suis candidate…
Vous pouvez retrouver ma candidature sur le site de Mars One, et si vous voulez me mettre des étoiles pour m’envoyer sur cette planète, vous pouvez, ça me fera plaisir, mais ça ne fera que ça, parce que ça n’aura absolument aucune influence sur le choix des personnes qui passeront aux second tour.

Ah, et j’ai interviewée par VSD à propos, comme 2 ou 3 autres, alors si pareil, dans les prochaines semaines vous tombez sur mon nom chez mémé ou chez le dentiste, ne vous étonnez pas.

LA PERSONNALITÉ
Mais quand je ne suis pas interviewée, je suis intervieweuse… Il n’est pas candidat à Mars One et il n’est même pas astronaute, mais j’ai absolument voulu avoir l’avis de Romain Charles parce qu’il fait partie des 6 personnes qui ont participé à Mars500.
Mars500, c’était une expérience qui a duré 520 jours et qui consistait à simuler un aller-retour sur Mars avec 1 mois « sur place ».
Ça voulait dire que les 6 volontaires sont restés dans leur module pendant tout ce temps, qu’ils ne pouvaient communiquer qu’avec l’équipe « au sol », et évidemment la simulation prenait aussi en compte l’éloignement virtuel et donc le décalage temporel quand ils devaient communiquer avec « la Terre ».
C’était organisé par l’Institut des problèmes bio-médicaux (IBMP), l’Académie des sciences de Russie, l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence spatiale fédérale russe (Roscosmos).
Et le but, c’était bien sûr de savoir si psychologiquement et physiologiquement, une équipe de 6 personnes était capable de faire un tel voyage.
Il n’y avait pas de femme, hélas, dans cet équipage, mais il y avait un Français, Romain Charles, donc, et j’ai fait un Hangout avec lui pour savoir ce qu’il pensait de Mars One. L’entretien dure une demi-heure, je le mettrai en ligne sur mon blog, mais voici un court extrait où il me raconte comment il a changé d’avis sur Mars One alors qu’au début il n’était pas convaincu du tout…

Voilà ! C’est Buzz Aldrin qui l’a fait réfléchir, c’est quand même la grosse grosse classe… Et en parlant de Mars One et de réfléchir, j’ai créé une sous-URL à mon blog, mars-one.florence.com, où vous pouvez justement retrouver des billets où je réfléchis sur différents aspects de ce que propose Mars One…

LE BIDULE 2.0
De côté 2.0, c’est le site Brain Magazine qui a mis en ligne un scan de 2 documents, 2 lettres, qui expliquent que vous êtes bien gentilles et mignonnes, mesdames, mais que vous allez le rester parce que ni la NASA ni Disney ne veut de vous.
Evidemment, ça ne date pas d’aujourd’hui, mais c’était il y a seulement une cinquantaine d’années quand même…

Voilà, prends ça dans ta face.
Heureusement, la NASA a récemment recruté 8 nouveaux astronautes, dont 4 femmes… Alleluia !

Et merci aux amis de Ciel et Espace chez qui j’ai trouvé l’info – d’ailleurs je vous conseille vraiment le numéro de septembre, il est très, très bon.

LA CULTURE
En parlant de lecture, je vous conseille aussi vivement « Désir d’infinis » de Trinh Xuan Thuan, que j’ai dévoré.
En-dessous du titre sur la couverture il y a aussi écrit « des chiffres, des univers et des hommes », et c’est exactement ça : ce bouquin est génial, il est passionnant, j’ai appris des milliards de choses sur l’histoire du concept d’infini, sur l’histoire des mathématiques et des mathématiciens dont certains sont devenus fous, sur les expériences de pensées qui te retournent le cerveau, sur les théories en cosmologie…
D’ailleurs vous aviez été tout plein à retweeter cette citation que j’avais partagée, cet été :

 

Et vous saviez, vous, que c’était Descartes qui avait inventé le système de coordonnées en X Y ? Moi je savais pas. Mais c’est génial de savoir ça !!
Et le paradoxe de Zénon, une des expériences de pensée qui te retournent le cerveau ! En fait, c’est l’histoire d’un coureur qui ne peut jamais atteindre la ligne d’arrivée, parce qu’en fait, de son point de départ A à son point d’arrivée B, il doit d’abord parcourir la moitié de la distance entre les deux points, puis la moitié de la distance restante, puis encore la moitié de ce qui reste, et ainsi de suite, mais du coup… Il n’y arrivera jamais puisqu’il y aura toujours une moitié de distance qui restera à parcourir !
Tu m’étonnes que les mathématiciens qui ont travaillé sur l’infini sont devenus fous…
Bref, « Désir d’infinis » de Trinh Xuan Thuan chez Fayard, et ça coûte 21 euros 50. Vous m’en direz des nouvelles. Si c’est trop cher mais que vous voulez quand même découvrir cet astrophysicien bouddhiste qui vulgarise à merveilles, alors je vous conseille « Le cosmos et le lotus », en Livre de Poche pour 6 euros 60.

L’ÉVÈNEMENT
Et en parlant d’infini, il y a un événement à inscrire dans votre agenda dès maintenant pour ceux qui habitent à Paris et pas loin autour, c’est justement le festival des deux infinis du 28 septembre au 6 octobre, avec notamment des conférences tous les soirs à 19h à Jussieu du lundi 30 au vendredi 4 et des randonnées astronomiques à thème, avec notamment un circuit cadrans de Paris ou un circuit Louvre-Observatoire.
Toutes les activités sont gratuites, il faut juste s’inscrire pour les randonnées ou les visites, et, alors ça c’est vraiment cool, on peut voir les conférences sur Internet en envoyant une demande par mail pour avoir les codes d’accès au live. Merci à eux !

Et le Collège de la Cité des Sciences fait sa rentrée le 1er octobre avec un premier intervenant de poids puisqu’il s’agit de notre prix Nobel de physique, Serge Haroche, qui tiendra une conférence sur la physique quantique 100 ans après l’atome de Bohr.
J’avais dit que j’irais, mais ce jour-là je ferai un truc incroyable le matin à Bordeaux… oui !!!! oui, je vais faire un vol parabolique !!! je suis totalement surexcitée… donc je ne sais pas si je serai rentrée à temps pour aller voir cette conférence, et surtout si je serai assez fraîche… On verra bien !

LE TWEET
Je vais donc faire un vol parabolique et je vais découvrir les joies de l’apesanteur dans un vol où il y aura plein d’expériences scientifiques qui se tiendront, et ça se passe dans un avion spécialement équipé pour, mais il y en a justement un que j’admire, dont je vous parle souvent, et qui trouve que l’avion, c’est quand même un peu surfait – d’ailleurs, il construit des fusées – et qui travaille donc sur le 5ème moyen de transport : l’hyperloop.
Il l’a annoncé sur son compte Twitter pendant l’été

 

Et le lien est effectivement arrivé juste après.

 

Voici une vidéo qui explique très bien ce que c’est, avec plein d’explications et un témoignage de sceptique.

Voilà ! Donc l’hyperloop, peut-être bientôt – pour l’overboard, Elon Musk ne s’est pas exprimé sur la question.

L’IMAGE
Et si on faisait un petit tour du côté de l’espace, maintenant ? Regardez cette image… Elle est belle, hein ?… Et ce petit point, là, ce n’est pas Titan ou une autre lune de Saturne, non… C’est nous…

Cette photo a une jolie histoire puisqu’elle a été prise le 19 juillet dernier, et c’était la première fois dans l’histoire de l’humanité que les terriens savaient exactement à quel moment ils allaient se faire tirer le portrait depuis le système solaire extérieur.
Et comme la NASA trouvait super dommage qu’on sache ça mais qu’on nous voie pas vraiment sur la photo, comme vous pouvez le constater, et comme elle savait sous quel profil se présenterait la Terre au moment de la prise de vue – celui-ci précisément mais c’est une image de simulation – eh ben elle a organisé une campagne qui s’appelait Wave At Saturn, et le but du jeu c’était de sortir lui faire coucou au moment de la photo et de se faire prendre en photo à ce moment-là et de leur envoyer. Ensuite, ils ont reconstruits l’image de la Terre avec toutes les photos qu’ils ont reçue. Et là voilà !

J’ai trouvé l’idée géniale. Il faisait nuit en France donc j’ai pas envoyé de photo, mais je suis bien sortie faire coucou et j’aime même mon certificat. Ouais.

Et quelques chiffres quand même : c’est la première fois que Cassini voit la Terre et la Lune comme 2 objets distincts. Elle se trouvait à 1,44 milliards de kilomètres au moment de la prise de vue, donc à 80 minutes-lumière, ce qui a été compté dans l’horaire donné par la NASA pour sortir faire coucou. Et le lendemain, la sonde Messenger nous a également pris en photo, mais sous un autre angle, depuis Mercure.

Et ça me fascine toujours autant.

L’INFO
Mais si les planètes nous observe, nous, on continue à observer le ciel aussi… Et un astronome français, Jean-Claude Merlin, a découvert un astéroïde il y a quelques mois à l’aide d’un télescope de 80 centimètre basé en Arizona qu’il contrôlait directement depuis sa maison via internet, et il a demandé à l’appeler Jodorowsky en hommage au scénariste de BD de science-fiction du même nom qui est toujours vivant, qui a 84 ans, et le Centre des Planètes Mineures, qui est une branche de l’Union Astronomique Internationale, a accepté.
Depuis le 24 juillet dernier, il y a donc un astéroïde qui s’appelle officiellement 261690 Jodorowsky. Il rejoint 2675 Tolkien et 13070 Seanconnery, entre autres. Ça doit être des barres de rire, entre Mars et Jupiter, ma parole !

Voilà, je suis absolument ravie de vous retrouver, même si là tout de suite je ne vous vois pas et je ne vous entends pas…
Par contre, je ne pourrai pas faire comme l’année dernière, je ne peux plus sacrifier mes week-ends et ma vie privée pour faire ce podcast. J’ai essayé de le faire financer pour pouvoir un minimum gagner ma vie avec mais plus personne n’a de budget, et j’ai pensé à le crowdfunder comme beaucoup d’entre vous me l’avait suggéré mais après réflexion ce n’était pas une bonne solution non plus.
Alors les épisodes arriveront comme ils arriveront, quand j’aurai le temps, et j’en suis désolée mais c’est la seule solution que j’ai trouvée.
Dans tous les cas, vous pouvez quand même m’entendre parler de toutes ces choses de l’espace les lundis et les jeudis à 14h45 sur France Inter, dans « La tête au carré« , et ça, c’est carrément trop génial !

Je vous souhaite une excellente rentrée, et à très vite !

[MARS ONE] Téléréalité ou réalité à la télé ? (Reality show or reality on TV?)

septembre 3, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Parmi les blocages épidermiques (et bien naturels) auxquels les candidats à Mars One font face concernant les gens à qui ils expliquent le projet, il y a donc le côté définitif du voyage, la mort inévitable… et le fait que le business model va se baser en grande partie sur la téléréalité. 

When applicants for Mars One talk about this project to other people, they face three visceral (and natural) mental block : permanent settlement, unavoidable death, and a business model based on reality show. 

Mais de quoi parle-t-on, exactement ? Et si on allait réfléchir un peu plus loin que le bout de son nez au lieu de se fermer complètement et sans autre forme de procès face au mot de l’horreur et de la honte, mmh ? Et surtout… si on s’informait ? Hein !… Voilà qui serait une bonne idée pour savoir de quoi il retourne exactement avant de s’engouffrer à vitesse-lumière sur l’autoroute cosmique du préjugé ! Bien.

What are we exactly talking about ? What about thinking about it instead of putting the blame on the this shameful and dreadful word ? What about inquiring about this ? That would be a great idea before you go and drive on the cosmic road of prejudice at the speed of light…

Donc… Quand on se rend sur la FAQ du site de Mars One et que l’on clique sur la question « Quel est le business model de Mars One ?« , après une petite phrase d’introduction où il est rappelé que le but est de poser des humains sur Mars en 2023 et que Mars One est une fondation à but non-lucratif, voici ce qui est dit d’entrée de jeu : « Quand Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont atterri sur la Lune, le monde entier a regardé. » OUH LA LA MON DIEU LE MONDE ENTIER A REGARDÉ DE LA RÉALITÉ À LA TÉLÉ, QUELLE HORREUR !!! (Oui. Je suis taquine, aujourd’hui.)

So… If you go on Mars One’s FAQ and then on « What is the Mars One business model ?« , you will find a short reminder about the goal of landing humans on Mars in 2023 and the fact that Mars One is a non-for-profit foundation. Then, here is what is written : « When Neil Armstrong and Buzz Aldrin landed on the Moon, the whole world watched. » OH MY GOD, THE WHOLE WORLD WATCHED REALITY ON TV, SO SHOCKING !!! (Yeah, well… I’m a little bit teasing, today.) 

Leur deuxième exemple, sur lequel ils se basent grâce à une rétrospective historique chiffrée ? Les Jeux Olympiques. Là encore, on est en pleine indécence, vulgarité, et atteinte à la dignité humaine.
Bon, d’accord, j’arrête mes sarcasmes.
Tout le quiproquo est évidemment dans le vocabulaire. C’est le mot « réalité » qui revêt une tout autre définition dès lors que ça concerne un programme télévisé. Quand on entend  »téléréalité », on pense évidemment au pire de ce que la télévision peut produire en terme de programme. Le problème, c’est que ce qui est montré dans ces émissions pointées du doigt n’a de « réel » que le nom.

The second example they use on the website with a historical and cost retrospective is : Olympic Games. Once again, this is obscene, rude and it leads to offenses against the integrity of persons.
Alright, alright, I’m done with sarcasm.
You got it : there’s a misunderstanding with the word « reality ». As far as TV is concerned, « reality » doesn’t mean « reality » anymore. When you hear about « reality show », you obviously think about those dreadful programs which are the worst shows ever. But the problem is that the reality shown in those shows is not real

En gros, la « téléréalité » propose des émissions dont le décor, les protagonistes, le scénario, les étapes et la durée sont choisis, créés de toute pièce, construits, décidés, et scénarisés en amont. La téléréalité propose une « réalité » qui n’a pas d’existence hors de la télévision. Un alunissage ou des Jeux Olympiques, par contre, ont une réalité intrinsèque : ils existent en dehors du prisme audiovisuel. Même si l’évènement n’était pas filmé, retransmis et regardé, il aurait lieu. Voilà toute la différence.

To put it in a nutshell, reality shows present a reality where the set, the people, the script, the steps and the time are chosen, created, built, decided, and written before it happens. Reality shows present a « reality » which does not have any existence outside television. People landing on the Moon or Olympic Games do have an inherent reality : they happen outside television. Even though these events were not captured, broadcast and watched, they would happen. Here is the difference. 

Vous allez me dire… Oui, d’accord, mais Mars One n’existera que si c’est une émission de téléréalité puisqu’une grosse partie du business model viendra de l’argent gagné grâce à ça. Certes. Mais justement : ce sera une grosse partie des moyens mis dans le projet, mais ce ne sera pas la seule. Mars One existe déjà : c’est une fondation qui a une existence juridique, qui embauche des employés, qui a déjà des fonds, des sponsors et des partenaires. La téléréalité n’est pas une fin, mais un moyen.

Maybe you’ll tell me : yeah, well, but Mars One will exist only if it becomes a reality show because of their business model based for the most part of the money they would earn with. You’re right. But that’s the point : it will be the most part of the money, but it won’t be the only one. Mars One already exists : it’s a foundation with a legal status, which has employees, some funds, some investors and some partners. The reality show is not an end : it is a means. 

Regarder un lancement de fusée, suivre une sortie d’astronautes dans l’espace, participer à un Hangout avec l’ISS, assister à une cérémonie de passation de commandement de la station spatiale… Il y a quasiment tous les jours quelque chose à voir en direct de l’espace. Et quand ce n’est pas du direct, ce sont les astronautes qui nous envoient des vidéos pour présenter une expérience scientifique, qui nous expliquent comme ça se passe quand on pleure dans l’espace, qui nous partage leurs exercices d’entraînement, qui tweetent des sensations, des informations, des photos… Mars One n’inventera rien. Absolument rien. Cette « vraie réalité » regardée par des millions de gens, elle existe déjà.

We can watch a rocket launch, we can follow astronauts when they walk in space, we can take part in a Hangout with the ISS, we can watch the ceremony of a new commander in the space station… They are almost everyday something to watch in live from space. And when it’s not in live, astronauts send us some videos to explain a scientific experiment, show what it looks like to cry in space, share their training, tweet their feelings, some informations or pictures… Mars One will not be the first one to do this kind of thing. This « true reality » watched by millions of people still exists.

La « téléréalité » de Mars One se rapprochera bien plus du documentaire en continu que de Loft Story. On y verra les candidats sélectionnés s’entraîner, être formés, apprendre… Bien sûr qu’il y aura un peu de mise en scène, comme tout ce qui est médiatisé. Mais imaginez… On pourra assister à des cours ou des entraînements de premiers secours, de botanique, de physique, de pilotage… On verra les équipes se former, les entraînements se succéder, les expériences scientifiques se préparer… Sans compter que les protagonistes seront des personnes instruites, cultivées et intelligentes. Et les enfants dans les écoles inscriront « géologue », « astronaute », « pilote », « médecin » ou « botaniste » quand on leur demandera ce qu’ils veulent faire plus tard – finis les « star » et « célèbre ».

Mars One’s « reality show » will look more like an uninterrupted documentary than Big Brother. We will see the candidates being trained, educated, formed… Of course, there will be quite a bit of a storyline, like in every TV program. But think about it… We will be able to watch trainings, or first aid / botany / physics / flying classes… We will see the teams taking shape, the trainings going on and on, the scientific experiment being prepared… And children in schools will write « geologist », « astronaut », « pilot », « doctor » or « botanist » instead of « star » or « famous » when they are asked what they want to be. 

Si la chaîne « Mars One » peut apporter la connaissance, si elle peut aiguiser la curiosité, si elle donne envie d’en savoir plus… Alors non seulement ce n’est pas un problème que ce projet soit aussi un programme télé, mais je dirais qu’en plus ce sera d’utilité publique. Sans compter le fait que ce sera international et universel, et que ça donnera un point commun à tous, sans exception, les habitants de la planète. Participer à une aventure historique, la suivre au jour le jour… Mars One réussira peut-être à apaiser les relations entre personnes et – rêvons un peu – entre nations. Pour qu’enfin les happy ends vus à la télé deviennent réalité ?

If the Mars One Channel can bring knowledge, if it can whet the curiosity, if it makes people want to know more… It won’ be a problem if this project is also a show – I would say that it would be recognized as promoting the public interest. Also, it will be international and universal and it will give a point of mutual interest to all, no exception, all inhabitants of this planet. We will all take part to a historical adventure, day by day… Mars One may succeed in pacifying relationships between people and – I have a dream… – between nations. To make happy ends seen on TV a reality ?… 

***

Retrouvez-moi dans « La tête au carré » sur France Inter, les lundis et jeudi à partir de 14h ! (Mon intervention commence aux alentours de 14h45.)

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Du recul pour penser l’humain (A global view to think about what being human means)
Ma candidature en ligne ! (I applied for Mars One !)
Mon interview pour Civilisation 2.0

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Je vous conseille vivement « Les enfants de Mars » de Gregory Benford. Ça ressemble beaucoup à ce que Mars One veut mettre en place, à la seule différence près que dans le roman, il y a un voyage retour… Mais je parierais que Bas Lansdorp, le créateur de Mars One, l’a lu… En tout cas, c’est un très bon roman de science-fiction ! :-)

[MARS ONE] Ma candidature en ligne ! (I applied for Mars One !)

août 24, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Et voilà.

Je suis officiellement candidate pour le projet Mars One : ma contribution est désormais en ligne. Vous pouvez la voir ici et même mettre une ou plusieurs étoiles (à droite de la vidéo). Ça me fera plaisir mais ça n’ira pas au-delà puisque ça n’aura aucune influence sur le choix des candidats retenus pour le deuxième tour.

This is it.

I am officially candidate for Mars One project : my contribution is now online. Yan can see it right here et even rate it if you want to (on the right of the video). I will be grateful if you do but it’s not necessary to be chosen for the second round of the selection.

 

« Salut ! Ça, c’est moi. Et ça, c’est mon chez-moi. Et ça c’est… mon autre chez-moi. Et quand mon corps est au repos, mon cerveau prend le relais ! Je vais co-organiser le premier Science Hack Day français et j’ai même interviewé sa fondatrice, Ariel Waldman, pour une émission de télévision française pour laquelle j’ai travaillé l’année dernière pendant la semaine. Et pendant mes week-ends, je faisais un podcast vidéo sur l’espace qui était le premier de sa catégorie sur l’iTunes français, devant la NASA. Maintenant, je parle d’astronomie et d’exploration spatiale dans une émission de radio scientifique connue. Quoi d’autre ? Je suis souvent invitée par les agences spatiales européenne et française à de multiples évènements. Par exemple, j’étais à Toulouse quand Curiosity a atterri sur Mars l’année dernière en tant que Mars. Oui, parce qu’en fait j’ai créé tout l’Univers sur Twitter. Et bien sûr, j’ai déjà rencontré de vrais astronautes, j’ai reçu un tweet de l’espace, et j’adore vivre sans gravité. Je veux aller sur Mars, donc je m’entraîne déjà pour ça : botanique, géologie, mathématiques, et pilotage. Je pense beaucoup à ce projet et je partage ces réflexions sur mon blog. Donc s’il vous plaît… J’en ai marre de rêver sur ma moquette. Envoyez-moi sur une vraie planète rouge. »

« Hi ! Here I am ! And this, is my home. And this… is, well… my other home… And when my body’s off, my brain is on ! I will co-organize the first French Science Hack Day and actually, I interviewed its founder, Ariel Waldman, for a French TV-show where I worked last season during the week. And during my week-ends, I made a video podcast about space which was the first of its category on the French iTunes, before the NASA. Now, I talk about astronomy and space exploration in a famous scientific radio show. What else ? Well, I’m often invited by the French and European space agencies to multiple events : for instance, I was in Toulouse when Curiosity landed on Mars last year – as Mars. Yeah, actually I created the whole universe on Twitter. And, of course, I already met real astronauts, I received a tweet from space and I love to behave with no gravity. I want to go to Mars. So, I’m already training for this : botany ; geology ; mathematics, and flying. And of course, I’m thinking a lot about this project and I share these thoughts on my blog. So, please… I’m fed up with dreaming on my carpet… Send me to a real red planet. »

Merci à / Thanks to :
- mes parents qui m’ont prêté leur jardin
- le centre Healthcity de Boulogne-Billancourt et notamment Noémie
- Axe pour cette incroyable combinaison spatiale

Retrouvez-moi à partir du lundi 26 août dans « La tête au carré » sur France Inter, les lundis et jeudi à partir de 14h ! (Mon intervention commence aux alentours de 14h45.)

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Du recul pour penser l’humain (A global view to think about what being human means)

[MARS ONE] Du recul pour penser l’humain (A global view to think about what being human means)

août 23, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Dans tous les essais scientifiques que j’ai pu lire, une information m’a particulièrement frappée et ne cesse de me hanter : les chercheurs qui étudient l’Univers sont les seuls à ne pas pouvoir sortir de l’objet qu’ils étudient – ils sont enfermés dedans. Nous, humains de la planète Terre, essayons de comprendre et de connaître un objet dont nous faisons partie. Comme si une cellule de notre foie, qui serait subitement douée d’intelligence, voulait savoir ce qu’est un corps humain. Elle comprendrait certainement les organes, le sang, le système nerveux ; mais réussirait-elle à avoir une idée de la forme de ce corps, de la complexité de son fonctionnement ? comprendrait-elle l’interaction de tous ses éléments ? arriverait-elle à saisir qu’il est vivant, conscient, intelligent ?…

In all the scientific books that I read, one information grabbed my attention. I can’t stop thinking about it since then : researchers studying the Universe are the only researchers who just can’t go out of the object they study – they are trapped inside. We, humans of planet Earth, try to understand and to know an object we are part of. As if a liver’s cell which would suddenly became intelligent would like to know what a human body is. It would certainly understand organs, blood, nervous system ; but would it succeed to imagine this body’s shape, the complexity of how it works ? would it understand the interaction between all its constitutents ? would it succeed to get that it is alive, conscious and intelligent ?…

J’étais jeune adolescente. J’avais bien du mal à savoir qui j’étais et je me suis rendue compte que ce qui était vrai pour les cosmologistes était vrai pour moi aussi. Mon image sur une photo était à des années-lumière de ce que je voyais dans le miroir, ma voix enregistrée semblait celle d’une étrangère par rapport à ce que j’entendais de l’intérieur, et quand on décrivait ma personnalité, je n’arrivais pas à croire qu’on pouvait autant se tromper sur mon compte. Alors… qui avait raison ? Qui savait qui j’étais réellement ? La réalité était-elle dans mon miroir ou en dehors ? On se trouve souvent trop ceci ou trop cela, un défaut invisible pour les autres devient invivable pour soi… La réalité était sans doute en dehors. Nul n’est prophète en son pays…

When I was a teenage girl, it was not easy for me to know who I was and I realised that what was true for cosmologists was true for me too. A picture of myself seemed so far away from what I saw in a mirror ; my recorded voice sounded like a stranger compared to what I heard from the inside ; and when someone described my personality, I just couldn’t believe how much somenone could be so much wrong. So… Who was right ? Who knew who I really was ? Was reality in my mirror or outside ? We always think we are too much this or not enough that… An unbearable defect for someone is often an invisible one for others… Reality came perhaps from the outside. No man is a prophet in his own country… 

Il serait bien sûr idiot de faire un parallèle avec l’Univers. Tout ça recourt de la psychologie et ça n’aurait aucun sens d’en attribuer une au cosmos. Mais dernièrement, quand j’ai travaillé sur une nouvelle pour un concours dont le thème était l’Homme augmenté, je me suis longuement posé la question de savoir ce qu’était qu’être humain. Et j’ai repensé à ma réflexion de jeune adolescente : peut-on réellement savoir qui nous sommes en tant qu’espèce si nous en faisons nous-même partie ?… Je pense que non. On peut s’approcher de la réalité mais elle ne sera jamais complète sans un regard extérieur et neutre. Alors pour savoir qui nous sommes, nous devrions demander l’avis des fourmis, des petits chats mignons ou des tourterelles… Malheureusement, ce n’est pas possible. Reste la possibilité d’une civilisation extraterrestre intelligente et consciente. Mais nous ne l’avons pas trouvée (et vice-versa)…

Comparing my own feeling with the Universe would be stupid : that’s psychology, and it wouldn’t have any sense to say that the cosmos had one. But I worked lately on a short story for a competition whose subject was transhumanism. I had to think about what it means to be human, and I remembered my teenage’s thoughts. Can we know who we are as a specie if we are part of it ? I think we can’t. We can go close to reality but it will never be completed without someone else who would be neutral. To know who we are, we should ask ants, cute kitties or turtledoves – but they can’t do such a thing. A conscious and intelligent alien civilization could help us – but we didn’t find it (and vice versa)… 

Quand on veut faire le point ou se ressourcer, se retrouver, souvent on… change de lieu. Comme si changer de position dans l’espace permettait de mieux appréhender sa propre personnalité et son propre ressenti. Cela s’appelle prendre du recul, et il est toujours nécessaire pour avoir une vue d’ensemble d’une situation, pour mieux la comprendre et la connaître. Et j’ose à peine imaginer ce qu’ont dû ressentir les astronautes d’Apollo 11 quand ils se sont retournés pour la première fois vers leur planète d’origine qu’ils ont vue en entier. Ni quand ils l’ont observée depuis le sol lunaire. Et les astronautes actuels reviennent tous de l’espace en avouant que ça les avait changé en tant qu’individu et en tant qu’être humain, et même au-delà de ça, avec une prise de conscience d’être Terrien. Un point bleu pâle…

When you want to make an analysis of your situation, to revitalize yourself or to detach yourself, you often… go – as if being somewhere else could help with your feelings. This is called « taking a global view », and it is necessary to know and understand a situation. I can barely imagine what Apollo 11′s astronauts felt when they saw their whole planet of origin for the very first time and when they observed it from the lunar ground. And today’s astronauts all come back from space saying that they are different now, as a person and as a human being, and even further… as an earthling. A pale blue dot…

Savoir qui nous sommes. L’un des plus grands mystères de l’humanité. Si aucun regard extérieur n’intervient, nous ne le saurons sans doute jamais.
Mais… Mais Mars One compte envoyer des femmes et des hommes sur une autre planète pour s’y installer définitivement. Si ces personnes resteront humaines, ils deviendront plus Martiens que Terriens. Et alors, ils auront tout le recul et le temps nécessaires pour mieux comprendre et mieux connaître ce que c’est qu’être humain.

We want to know who we are, and that’s one of the biggest mystery of humanity. But if no one neutral and far away helps, then we would never know who we truly are.
Though… Though Mars One project wants to send women and men on another planet to settle there. If these persons will remain humans, they will become more Martians than earthlings. Then, they will be taking enough global views and enough time to better understand and better know what it is to be a human being. 

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août 13, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Quand j’annonce à une personne ma candidature pour le projet Mars One qui prévoit d’envoyer des êtres humains sur Mars sans billet retour, la réaction est toujours – ça mériterait une analyse sociologique – la même.
L’AUTRE, horrifié(e) – Mais… Tu vas mourir !!!
MOI – Oui. Mais toi aussi.
L’AUTRE, cramoisi(e) – …

When I tell someone that I want to be part of the one-way Mars One project, the response is always the same (it would deserve a sociological analysis).
THE OTHER ONE, horrified – You are going to die !!!
ME – I will. But, well… you are going to die too.
THE OTHER ONE, chagrined – …

Mon premier réflexe est donc : et alors ? On mourra tous. A un endroit et à un moment précis, et d’une certaine manière. Tous. Ici ou là-bas. Alors si on me donne la chance d’aller mourir là-bas, moi dont le rêve le plus fort est d’aller visiter d’autres mondes, pourquoi choisirais-je de mourir ici ?

First, I want to answer that person : so what ? All of us are going to die, whatever the place, the moment and the way. All of us, here or up there. So, if the chance to go dying up there is given to me whose strongest dream is to visit other worlds, why exactly would I choose to die here ?

Il se trouve que mon histoire m’a amenée à tutoyer la mort à plusieurs reprises. Au-delà du fait que je sais donc que je peux et que je sais survivre, ce qui me donne une force immense, je n’oublie pas une seule minute que je vais mourir. Je le sais comme le savent ceux qui ont failli perdre la vie. Et donc j’ai peur, oui, bien entendu. Je crois que tout le monde a peur de mourir – à part ceux qui ne souhaitent plus continuer l’aventure et qui partent d’eux-mêmes. Mais une fois encore : mourir ici ou mourir là-bas… Et alors ? On aura tous la même fin. Mais pas dans les mêmes conditions. Et si on me donne la chance d’aller vivre – parce qu’en définitive, il s’agit de vivre – sur Mars, bon sang mais… Pourquoi hésiter ?

I have a particular story : I stared death in the face several times. Even though I know that I can survive and that I know how to survive, reason why I think I am a very strong person, I don’t forget (never, ever) that I am going to die. I know it like those who nearly died know it. I’m afraid to die, of course I am. I think every single person is afraid to die – except those who don’t want to go on anymore and choose to go away. So, once again, to die here or up there… So what ? We’re all going to have the same very end – but not in the same circumstances. And if I can settle and live (and I said « live » !) on Mars, then why would I decline such an offer ?

  »C’est dangereux », me dit-on chaque fois. Oui et non. Bien sûr que c’est dangereux de décoller dans une fusée. Bien sûr que c’est dangereux de faire un voyage de sept mois dans une capsule spatiale parmi les rayons cosmiques. Bien sûr que c’est extrêmement dangereux d’atterrir sur une planète à l’atmosphère aussi fine. Bien sûr que c’est dangereux de s’installer sur un monde sans vie végétale ni animale et sans air respirable.

I hear « It’s dangerous » each time I talk about this project. Of course it is. And maybe it’s not. It’s dangerous to take off in a rocket. It’s dangerous to travel seven months in space among the cosmic rays. It’s extremely dangerous to land on a planet whose atmosphere is so thin. It’s dangerous to settle on a world where there is no life, no plants, no animals and no breathable air. 

Un intérieur de Marsonaute

Mais tous ces risques, bien qu’immenses, sont connus, calculés, disséqués. Des milliers de personnes pendant plusieurs années vont travailler d’arrache-pied pour mieux les connaître et surtout les réduire. À chaque problème, il y aura une, voire plusieurs, solutions. Les astronautes s’entraîneront à les affronter et triompher d’eux. Et surtout, ils seront volontaires. Et s’ils ne le sont plus, personne ne les forcera à rester.

All these risks, even though they are very big ones, are known, calculated and studied risks. Thousands of persons will work hard on them during several years to know them better and reduce them. Each problem will have one or several solutions. Astronauts will train to face those risks and to overcome them. Above all, they will be volunteers – and if they change their mind, then no one will force them to stay. 

Mais vivre sur Terre comporte des risques aussi : ils sont certes parfois moins grands mais ils sont innombrables. La dangerosité du projet Mars One se limite à quelques gros risques bien connus : le décollage, le voyage, l’atterrissage ; puis la faim, le froid, le manque d’oxygène ; ou encore le problème de combinaison, la chute dans une grotte ou un canyon ; et bien sûr la maladie. Mais comme sur Terre. Sur Terre, les risques de maladies dues aux conditions extérieures augmentent avec le temps. Sur Terre aussi on peut mourir de froid, de déshydratation ou de faim. Mais sur Mars, on a beaucoup moins de chance de mourir d’un accident de la route ou d’avion, de piqûre d’insecte, d’arme à feu, de catastrophe naturelle, de noyade, d’alcoolisme, d’overdose ou de violences.

Life on Earthis dangerous as well : risks are sometimes smaller but they are countless. Mars One project has some big well-known risks : the take-off, the trip and the landing ; hunger, cold and lack of oxygen ; problems with a suit, a drop in a cave or in a canyon ; and, of course, a disease. But living on Earth can be dangerous as well : people die every day because of multiple diseases, cold, dehydration or hunger. Though death by car or plane crash, bug sting, shooting, natural disaster, drowning, alcoholism, overdose or violence are less likely to happen on Mars. 

Sur Terre au 20ème siècle, on a pu mourir de tout ça

En fait, à bien y réfléchir, la vie sur Mars, une fois arrivés à bon port et en un seul morceau, semble beaucoup moins dangereuse que la vie sur Terre. Prévenir les risques de tornade et de tempête de sable. Réussir à faire pousser de quoi nous nourrir, mettre en route le système pour l’oxygène et la récupération d’eau, entretenir le tout, et se laisser porter par l’exploration, la science, la curiosité, les découvertes, l’excitation, le savoir, les questions et le partage.

Actually, if the landing goes right, life on Mars seems to be easier than life on Earth. We will have to check out sand storms and tornados. We will have to succeed in growing plants to feed ourselves and create some oxygen, we will have to deal with water recovery from the martian soil, we will have to keep all this functional and safe and then we will be able to explore, make science, be curious, discover, be excited, learn, ask questions and share. 

Et il ne faut pas oublier que les personnes qui iront là-bas seront des professionnels de la survie. Ils seront entraînés de toutes les manières possibles, pour tous les aspects et dans tous les domaines, pour survivre d’abord, puis vivre ensuite. Ce qui n’est pas le cas quand on habite sur Terre. Alors mourir ? Oui, bien sûr. Ça arrivera. Le risque zéro n’existe pas. Sur Terre comme au ciel. Mais il s’agit surtout de vivre, de vivre une vie que jamais aucun être humain n’a vécu dans l’histoire de l’humanité, et que si ça implique quelques risques, alors je suis prête à les prendre.

Do not forget that people sent on Mars will be professional of survival. They will be trained for every kind of situation in many fields to survive first, then to live, which is not the case of the people living on Earth. They will die, of course they will : no risk does not exist, on Earth just like on Mars. But the goal is to live a life no other human being lived before in the history of human kind. And if it implies some risks, then I’m ready to face them.

J’ai envie de voir cette planète de mes propres yeux. J’ai envie qu’elle me tolère puis qu’elle m’adopte quand je lui aurai apporté la preuve que je la respecterai, que je resterai humble et que je ferai tous les efforts possibles pour la connaître, pour l’apprendre, pour la comprendre. J’ai envie de m’adapter à elle et d’y développer une culture, la première culture non-terrienne de l’histoire de nos civilisations. J’ai envie d’aider mes frères et soeurs humains à s’y sentir bien, en sécurité,  de prendre soin d’eux comme ils prendront soin de moi.
J’ai envie de créer avec eux une nouvelle définition de « vivre ». Parce que la mort, elle, restera la même. C’est ce qu’on fait avant qui compte et j’ai très envie d’une vie martienne.

I want to see this planet with my own eyes. I want it to bear me then to adopt me when I prove my respect and my humility. I will made all the efforts to know it, to learn it, to understand it. I want to adapt and to develop a new culture, the first culture beyond Earth in our civilizations’ history. I want to help my human brothers and sisters to feel good and safe on it, and I want to take care of them like they will take care of myself.
I want to create with them a new definition of « living » – because death will remain the same than anywhere else. What we do before death is all that counts and I want a life on Mars. 

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juillet 29, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Mars One souhaite composer chaque équipage, destinés à s’installer définitivement sur la planète rouge, de deux hommes et de deux femmes de quatre nationalités différentes. Je ne peux qu’applaudir, pour d’innombrables raisons.

Mars One wants two men, two women and four different nationalities for each crew sent to the red planet to settle there for good. I warmly approve this decision, for obvious and numerous reasons.

Mais parmi ces équipages, il y en aura un premier. Les premiers êtres humains à marcher sur Mars – ils entreront dans l’Histoire par la grande porte. Quelles nationalités choisir ? Comme pour les premiers mots prononcés sur la Lune, tout cela sera forcément travaillé. Et l’être humain est ainsi fait, il a besoin de symboles… Voici donc mon premier équipage idéal.

Though, there will be a « first crew » among these crews : the first human beings going down on Mars will go down in history. Which nationalities will Mars One choose ? There is no doubt it will be prepared like the first words on our Moon – and human beings need symbols. Here is my first perfect crew. 

Une Tchadienne
A Chadian woman

L’Afrique, « berceau de l’Humanité » : c’est sur ce continent que les premiers femmes et hommes seraient apparus. Quoi de plus symbolique qu’une personne africaine dans un équipage qui sera le premier à tout recommencer ailleurs ?…

Africa, « cradle of civilisation » : first women and men would have come into being on this continent. Is there a more symbolic person than an African in a crew destined for a whole new start on another planet ? 

Et c’est au Tchad que l’on a découvert Toumaï, dont le crâne fossilisé d’un être qui a vécu voilà 7 millions d’années est considéré comme le plus ancien vestige connu de notre lignée.

Toumaï, whose fossilized skull comes from a being who lived 7 millions years ago and who is considered as the most ancient vestige of our line, was discovered in Chad. 

Ces Tchadiennes pleines d’énergie, pleines de vie et pleines de joie, malgré des conditions de vie difficiles, m’ont convaincue qu’une des leurs serait parfaite pour ce premier voyage. (Source de la photo.)

And when I saw those girls full of energy, of life, of joy (despite hard conditions of living), I was convinced that a women of their country would be perfect for this first trip. 

Jeunes femmes tchadiennes / Young Chadian women

Un Vietnamien
A Vietnamese man

L’Asie est le continent le plus peuplé de notre planète, il est donc tout à fait naturel qu’il soit représenté dans ce premier équipage. La Chine ? Ce serait le plus logique en terme de chiffres : le peuple chinois représente à lui-seul 1/5ème de la population mondiale… Mais je ne peux pas me résoudre à choisir quelqu’un d’un pays qui demande à ses astronautes femmes d’avoir les dents blanches, l’haleine fraîche, d’avoir accouché naturellement, de ne pas avoir les pieds calleux, ni d’odeurs corporelles. (Source)

Asia is the most populated continent of the Earth, so it will naturally be represented in this first crew. Which country will be chosen ? What about China ? It would the most logical choice as far as numbers are concerned : one inhabitant of planet Earth out of five is Chinese… But I just definitely can’t choose a country whose requirements for female astronautes are : with teeth, good breath, natural delivery, no horny feet and no body odor. 

J’opte donc pour le Vietnam dont j’ai beaucoup aimé le témoignage et la description faite par Trinh Xuan Thuan, astrophysicien américain d’origine vietnamienne et grand vulgarisateur scientifique. Dans Le cosmos et le Lotus, il écrit ceci : « Les études étaient considérées comme la voie royale pour améliorer son statut social et réussir sa vie. Chaque famille, si pauvre fût-elle, faisait les sacrifices nécessaires pour envoyer ses enfants à l’école. Ce respect pour l’éducation fait partie intégrante de la culture vietnamienne. » (éd. Le Livre de Poche, p.17)

I choose Vietnam because I liked the way Trinh Xuan Thuan, an American astrophysicist born and raised in this country, talk about it in one of his last books : « Studies were considered as the best way to improve one’s social position and to succeed in life. Each family, even in the poorest situation, made the necessary sacrifices to send its children to school. This respect for education is an integral part of the Vietnamese culture. »

C’est également un petit pays qui n’a eu de cesse de combattre la présence étrangère sur son territoire au cours de son histoire. Il a botté le cul de puissances telles que la Chine, le Japon, la France et les Etats-Unis… En voilà qui force le respect et l’admiration ! Là encore, je citerai Trinh Xuan Than dans le même ouvrage : « Après cent dix-sept ans de présence étrangère sur son sol, le Vietnam était de nouveau souverain, témoignant une fois encore de sa détermination et de sa volonté d’indépendance. » (éd. Le Livre de Poche, pp.20-21)

Vietnam is also a small country which kept fighting against occupation in its history. It kicked the ass of world powers such as China, Japan, France and the United States… What a amazing nation ! Once again, here is a Trinh Xuan Thuan’s quote (from the same book) : « After 117 years of occupation on its land, Vietnam was a sovereign state again, attesting its resolution and its will for independence. »

Un pays qui résiste encore et toujours à l’envahisseur et qui croit en la valeur du travail et de l’éducation me paraît parfait pour poser les premières bases d’une civilisation humaine martienne. Et je choisis cette fois-ci un homme en hommage à Trinh Xuan Thuan dont le travail de vulgarisation permet à chaque citoyen d’accéder à la connaissance et au rêve.

A opposing people believing in hard work and education sounds perfect to help starting all over again on another planet, and I choose a man in tribute to Trinh Xuan Thuan whose popularization’s work brings knowledge and dreams to citizens. 

Un Guatémaltèque
A Guatemalan man

L’Amérique du Nord est sur-représentée dans l’histoire de l’exploration spatiale (ce qui n’enlève rien aux innombrables et admirables exploits de la NASA). Une personne venant des autres Amériques serait donc une belle manière d’équilibrer la balance.

North America is over-represented in space exploration’s history – though I have a strong respect for all the remarkable achievements of NASA. A person coming from other Americas would be a nice way to make it more balanced. 

Je penche pour le Guatémala dont les terres ont accueilli la civilisation maya. Des civilisations anciennes, c’est certainement celle qui avait les connaissances les plus précises en astronomie. Les phases de la Lune, les éclipses solaires, les solstices et les équinoxes, les mouvements des planètes, le centre de la Voie Lactée… Ils avaient calculé tout ceci avec une précision effarante.

Guatemala is my choice for this part of the world because Mayas lived on its lands. This ancient civilization had the most accurate knowledge about astronomy : lunar cycle, solar eclipse, solstice and equinox, planetary motion, centre of the Milky Way… They calculated all these phenomenons with an amazing exactitude.  

Il reste des descendants de cette civilisation au Guatémala. Un Guatémaltèque dont les ancêtres avaient un don pour l’astronomie serait une belle manière de commencer une nouvelle vie sur un autre astre qui les fascinait tant.

Some Mayan descendants live in Guatemala. A Guatemalan whose ancestors had a gift for astronomy would be a great way to start a new life on a planet which fascinated them.

Une Néerlandaise
A Dutch woman

Bas Lansdorp, qui à l’origine de Mars One, est néerlandais. Il est donc normal que les Pays-Bas soient représentés dans ce premier équipage qui n’aurait pas vu le jour sans le fondateur du projet.

Mars One is Bas Lansdorp’s idea – and Bas Lansdorp is Dutch. A Dutch person in the first crew sounds normal, as far as the project would have not existed without Netherlands. 

Dans l’inconscient collectif, étant du pays originaire de la mission, cette personne représentera la mission toute entière, avec tout ce que ça implique symboliquement, scientifiquement, philosophiquement, et historiquement parlant. Je propose de donner ce rôle à une femme, qui portera haut les couleurs de l’Humanité pour une première installation humaine sur une autre planète.

In the collective unconscious, this person will represent the whole mission with all the symbolic, scientific, philosophical and historical angles. I would like to give this responsibility to a woman who will honor Humanity with flying colors in this first human settlement on another planet. 

Une femme pour poser le premier pied sur Mars
A woman for the first step on Mars

Les hommes ont bien des exploits à leurs actifs et la place des femmes dans l’exploration spatiale – et dans les sociétés en général… – est encore loin d’être une question qui n’a plus de sens. Je souhaite donc ardemment que la première personne qui marchera sur Mars soit une femme.

Men count many achievements and women’s role in space exploration (and in the whole society) is still important issues. That is why I fervently wish for a female first step on Mars. 

Mais parmi les deux femmes de mon équipage idéal, les deux ont des arguments solides pour prétendre à cet incroyable honneur : la Tchadienne, représentante de l’émergence de l’Humanité, ou la Néerlandaise, représentante d’un pays sans lequel ils ne seraient pas arrivés jusque-là ?

Though, both of the women in my perfect crew have strong arguments to get this amazing honor : the Chadian woman, who represents the beginning of Humanity ; or the Dutch woman, who represents a country which made possible their arrival on the red planet ?

Une femme noire serait un symbole doublement fort… Mais je n’ai pas la réponse à cette question (à moins que la Néerlandaise soit d’origine africaine !)

Even though a black woman would be a double strong argument, I don’t have  the answer to this question (unless the Dutch woman has African origins !)

 

Et ensuite ?
What’s next ?

Une Tchadienne, un Vietnamien, un Guatémaltèque, une Néerlandaise. Une femme pour ouvrir la voie de l’humanité sur Mars. Mais ensuite, pas de drapeau planté. Juste un équipage universel. Mars doit rester neutre de nos préoccupations purement terriennes.

A Chad woman, a Vietnamese man, a Guatemalan man and a Dutch woman. A woman to open the path for Humanity on Mars. But no flags on martian lands : just a universal crew. Mars must be kept away from the Earth’s concerns which have absolutely no meanings on another planet. 

L’humanité a besoin de symboles. Mais après ce premier pas, pourrait-on oublier les nations, les couleurs et les genres ? Redevenir une espèce terrienne parmi d’autres. Des êtres humains, ni plus, ni moins, installés sur une autre planète, avec la responsabilité de se conduire avec respect et humilité et de servir la science.

Humanity needs symbols. But after this first step, could we forget nations, skin colors and genders ? May we become again one of the Earth’s species : we will be human beings, no more and no less, settled on another planet, with the responsibility to behave with respect and humility and help science. 

Voilà mon premier équipage idéal et sa mission qui posera les bases les plus saines possibles pour un nouveau départ sur Mars.

Here was my perfect first crew and its mission which will found the most healthy basis that I’m dreaming of for a whole new beginning on Mars. 

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