« MARS », sur NatGeo : une série, un docu, et c’est trop bien

À partir de ce soir, une nouvelle série sera diffusée sur la chaîne National Geographic : la simplement nommée « MARS ».

Avant toute chose, que ce soit bien clair entre nous : j’ai été invitée au voyage de presse à Londres le mois dernier pour la présentation de la série – comme j’avais été invitée il y a quelques années pour la série COSMOS.
Mais ceci n’est pas un billet sponsorisé – je n’ai pas touché d’argent pour l’écrire.

On ne va pas se mentir : vous imaginez bien que je suis convaincue – de base – par le sujet. Et que donc, je suis forcément très critique si ce sujet de prédilection, qui me tient autant à coeur, est mal traité… Et après avoir vu le premier épisode, j’ai non seulement été rassurée, mais en plus très emballée. Je n’ai pas encore vu les suivants, mais je sens que cette série va devenir une référence inamovible dans mon Panthéon personnel…

Et parce que j’ai du travail très en retard, je vous explique en quoi « MARS » est un projet dingue, fou, génial, sous forme de « Top-7-des-bonnes-raisons-de-regarder-cette-série ». (Si si, en général c’est plus rapide qu’un billet de forme classique, je vous jure.)

1. Plus qu’une série, plus qu’un docu
« MARS » est le projet audiovisuel que j’attendais depuis longtemps. Ce n’est pas juste une série, ce n’est pas juste un documentaire, c’est l’intelligente addition des deux en un seul programme. Le risque était grand de rater l’un et l’autre, mais force est de constater que non seulement les deux aspects sont de très très bonne qualité (sérieux, la partie fiction est visuellement DINGUE) mais en plus la production a réalisé le tour de force que l’un enrichisse l’autre – et vice-versa. Il y a un boulot d’écriture ÉNORME derrière pour arriver à un résultat pareil, et la meilleure manière de s’en rendre compte, c’est justement… qu’on dirait que tout va de soi.
Je leur tire mon chapeau.

2. Des légendes vivantes dès le premier épisode
Dans la partie docu du premier épisode (un peu beaucoup trop centré sur SpaceX… mais on m’a assuré que ce ne serait pas le cas de tous les épisodes…), on nous offre Elon Musk et Neil deGrasse Tyson dans le plus grand des calmes.

Neil DeGrasse Tyson, Director of the Hayden Planetarium at the Rose Center for Earth and Space. (Credit : National Geographic Channels/Erin Patrice O'Brien)

3. Des histoires mêlées
On n’imagine pas une série de science-fiction sans scénario. Et ça fait le job particulièrement bien. Mais même dans la partie docu, on nous raconte une histoire ! Et ça, c’est vraiment chouette, parce qu’on a plusieurs histoires en un seul programme. Encore une fois, celle du premier épisode est très centrée sur SpaceX, mais c’est cool de voir que ce qu’on nous sert n’est pas uniquement « SpaceX est le plus fort, le plus beau, le meilleur ». Non : SpaceX aussi a des déboires – images à l’appui. C’est bien qu’un programme comme ça ne s’arrête pas aux seules victoires et aux seuls exploits, et que ça rappelle que le spatial… c’est compliqué, dangereux, hostile, âpre, et pas arrangeant.
Avec, toujours, un écho avec ce qui se passe dans la partie fiction… Formidablement bien écrit, vous dis-je.

4. Deux Français au casting
Cocorico ! Et même qu’ils gardent leur nationalité pour leur personnage.
Olivier Martinez interprète celui qui est à l’origine du projet MARS

Capture d'écran du dossier de presse

et Clémentine Poidatz est le médecin et biochimiste de l’équipage. (Je me demande s’il n’y a pas eu une erreur de traduction dans le dossier de presse… Médecin se dit « physician » en anglais, et au vu du premier épisode, il me semble qu’elle est bien plus « physician » que « physicist »…)

Capture d'écran du dossier de presse

5. La planète Mars est belle
Ça, vous le savez déjà. Mais je parle évidemment de la manière dont elle est représentée dans le film. Les extérieurs ont été tournés au Maroc, et c’est toujours touchy de représenter Mars correctement – dans « Seul sur Mars », c’était bien, mais pas dingue non plus… Ici, à part quelques petits détails pas très réalistes, on s’y croit quand même pas mal… Mais je n’ai vu que le premier épisode. J’espère que la suite ne me décevra pas !

Extrait de la série. (Crédit : National Geographic Channels/Robert Viglasky)

6. Une fiction réaliste
Il y a eu un gros gros gros boulot dans tous les corps de métier pour rendre la série réaliste : décors, costumes, protocoles, constitution de l’équipage, personnages… La production s’est entourée de professionnels, de consultants experts de leurs domaines, et ça se voit. Les comédiens, par exemple, ont passé 15 jours avec Mae Jemison (astronaute de la NASA, première Afro-Américaine dans l’espace) qui les a coachés – ils en gardent d’ailleurs tous un souvenir impressionné et ému. (TU M’ÉTONNES.)

7. La constitution de l’équipage
L’équipage – et le casting plus globalement – est constitué d’hommes et de femmes qui ne sont pas tou.te.s blanc.he.s. Et ça, EH BEN ÇA FAIT PLÈZ. Mention spéciale à la musicienne JiHAE qui joue le rôle de soeurs jumelles dont l’une est sur Mars et l’autre sur Terre.

Jihae as Hana Seung, Mission pilot, systems engineer (Crédit : National Geographic Channels/Robert Viglasky)

Voilà.
Vous savez ce que je ferai tous les dimanches soirs à 20h40 sur NatGeo à partir de ce soir.

Oh, et sinon… J’ai eu un peu peur parce que le pitch de la série, ça ressemble quand même vachement au scénario de ma bande-dessinée… « C’est l’histoire de la première mission habitée sur Mars, et il leur arrive 2-3 bricoles… » Mais en fait, ça sera quand même très différent (ouf).
Comme je travaille dessus depuis plus d’un an et que je crève d’envie de vous la faire découvrir, mais qu’elle ne sortira qu’en… mars (ça fait beaucoup rire Guy Delcourt, paraît-il), je ne peux pas vous en dire plus (AAAAAAAAAAAH).
Je ne vous donne même pas le titre (je ne sais pas si j’ai le droit, encore…) mais voici un détail de la couverture. C’est un zoom dégueulasse d’un iPhone vieux de 5 ans à partir d’une photo d’une page imprimée sur du papier ordinaire. (Pardon. Mais j’ai trop envie de vous montrer un truc et le talent d’Erwann Surcouf n’a d’égal que ma fascination pour Mars.) Alors voilà.

[SCIENCES] COSMOS : rencontre avec Neil deGrasse Tyson et Ann Druyan

Carl Sagan

Aux Etats-Unis, l’astronome Carl Sagan est un mythe. Il était plus qu’une superstar, il était un héros.

Décédé en 1996, son héritage est considérable : plusieurs centaines d’articles scientifiques, des dizaines d’ouvrages de vulgarisation, la plaque sur la sonde Pioneer 10 contenant des informations sur l’espèce humaine et un plan du système solaire à destination d’une éventuelle civilisation extraterrestre, la création du programme SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) et la fondation de la Planetary Society.

En France, il est surtout connu pour avoir écrit le roman « Contact », dont il a co-produit avec son épouse Ann Druyan l’adaptation au cinéma avec Jodie Foster dans le rôle-titre.

Et, bien sûr, la série COSMOS. Diffusée en 1980 aux Etats-Unis et sur Antenne 2 en 1981, elle a été vue par 750 millions de téléspectateurs dans 175 pays, devenant la série scientifique la plus vue au monde.

Ann Druyan, désormais veuve, a voulu remettre au goût du jour sa série phare en 13 épisodes comme l’originale qu’elle avait déjà co-produite avec son mari.

Ann Druyan et moi-même

Pour ce remake, elle s’est associée avec Seth Mac Farlane (le créateur de Family Guy) et à la Fox. Grand bien lui en a pris : avec 1 million de dollars par épisode et un budget dément pour la communication (j’ai été invitée à Londres, comme nombre des confrères et consoeurs européens pour l’occasion), le COSMOS seconde génération est un bijou visuel (les images de l’Univers sont à couper le souffle et les personnages historiques sont représentés par un dessin animé à la fois brut et touchant) et une merveille de vulgarisation scientifique.

« Absolument tous les publics sont visés« , m’a-t-elle confié quand je lui ai demandé à qui s’adressait cette série. « C’est exactement ce qu’il ne faut jamais faire en production« , a-t-elle ajouté dans un sourire.

C’est exact, mais elle savait déjà qu’elle serait l’exception qui confirmerait la règle. Car COSMOS mélange histoire des sciences, faits scientifiques, voyage dans le « vaisseau de l’imaginaire » et émotion : « COSMOS est fait pour que chacun puisse ressentir l’Univers« , a résumé pour moi Neil deGrasse Tyson.

Ah, Neil DeGrasse Tyson… Quand j’ai su que j’allais le rencontrer à Londres, un sourire niais ne m’a pas quittée pendant plusieurs jours. Astrophysicien, directeur d’un planétarium à New York, hyperactif sur Twitter, il est tellement emblématique aux États-Unis qu’il a joué son propre rôle dans « The Big Bang Theory ».

Il fait le show, à l’américaine, pour impressionner les journalistes : quand Emilie Martin (de Ciel et Espace) et moi-même sommes allées le saluer au cocktail qui précédait la projection du premier épisode, il s’est écrié « Oh ! France ! Wine ! » et il est parti dans une tirade pour nous expliquer l’origine française d’une partie de son nom « DeGrasse » (une histoire à base d’oiseau, je crois, mais j’ai pas tout compris…) et il nous a cité une dizaine de vins avant de saluer avec le même entrain notre consoeur russe. Il a multiplié les selfies (j’ai le mien, oui oui…) et les réponses aux questions.

Le lendemain, pour les interviews, il est arrivé avec un chapeau de cowboy et a retiré une de ses monstrueuses bottes à éperons pour prouver à une journaliste qu’il avait de plus grands pieds qu’elle.

Cet immense bonhomme a l’oeil qui frise autant que sa moustache. Malheureusement, quand est venu mon tour, il commençait à fatiguer. Et le ton est devenu d’autant plus grave quand j’ai rebondi sur ce qu’il avait dit la veille au soir après la projection du premier épisode : « COSMOS est là pour expliquer la raison pour laquelle les sciences sont aussi importantes. » Je lui ai alors demandé pourquoi était-ce si important aujourd’hui, avec à l’esprit le problème du Créationnisme enseigné dans de trop nombreuses écoles aux Etats-Unis. Voici ce qu’il m’a répondu :

« La vérité n’est pas ce que vous voulez qu’elle soit, la vérité est ce qui est. » Il rejoint sur ce point Ann Druyan qui a co-produit COSMOS à nouveau pour justement, et entre autre, combattre l’obscurantisme et l’ignorance. « Ce qui compte, c’est ce qui est« , m’a-t-elle soutenu en me regardant droit dans les yeux. « Si tu aimes vraiment la nature, l’Univers et la vie, alors tu veux savoir comment tout ça fonctionne vraiment. L’humilité, c’est de vouloir vraiment savoir ce qui est. Le bonheur, c’est de comprendre.« 

Elle prêchait une convaincue mais il est difficile de ne pas penser à tous les obscurantistes religieux qui imposent leur vision du monde, et pas seulement aux Etats-Unis. Ils ne seront jamais cités mais Neil DeGrasse Tyson a expliqué ceci à mon confrère du Figaro : « Je n’ai rien contre la religion, au contraire. Mais, de la même manière que je ne cherche pas amener la science dans les églises, je ne veux pas que la religion entrent dans les manuels scolaires de nos enfants.« 

Ann Druyan s’en sortira par un autre biais grâce à ma consoeur russe qui lui a rappelé les propos de Stephen Hwaking qui prône pour l’arrêt d’envoi de signaux ou de plaques indiquant notre position dans l’Univers, de peur qu’une civilisation décide de nous anéantir.
Pour la productrice, la réponse est sans appel : « Quel qu’en soit le prix, je crois que savoir est toujours mieux qu’ignorer. L’ignorance, c’est être perdu. Même en ce qui concerne la vie extraterrestre. »
Je n’ai pu m’empêcher alors de penser à cette fameuse citation de Carl Sagan : « Si nous étions seuls, ce serait un beau gâchis d’espace…« 

Comme Carl Sagan, la question de la vie ailleurs est LA question à laquelle Ann Druyan aimerait avoir une réponse. Et pas très loin derrière, celle-ci : « Vivons-nous dans des multivers ? » C’est un des thèmes qui est abordé dans le remake de 2014 et qui n’apparaissait pas dans le COSMOS original.

Parce que COSMOS n’apporte pas seulement des réponses : il soulève tout autant de questions, à l’image de la science. Et quand j’ai demandé à l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson les réponses qu’il aimerait avoir, voici ce qu’il m’a dit :

À la fin du premier épisode du nouveau COSMOS, l’astrophysicien explique pourquoi il est légitime en tant que successeur de Carl Sagan. Je ne vous spoilerai rien mais la séquence est émouvante. Seulement, c’est bien beau de jouer les scientifiques à la télévision… encore faudrait-il qu’il n’oublie pas de faire de la science. Je lui ai alors demandé sur quoi il aimerait travailler après la diffusion – et la promotion – de COSMOS.

La Voie Lactée… Si vous voulez la découvrir, si vous voulez prendre place à bord du vaisseau de l’imaginaire et voyager au-delà de de notre galaxie jusqu’à l’infiniment petit, alors rendez-vous tous les dimanches à 20h40 sur la chaîne National Geographic (gratuite pour les clients Numéricable et FREE ayant souscrit l’option TV).

Ceci est un billet auparavant publié sur le Blog au Carré !

[PERSO] Je suis née geek… et je m’en suis rendu compte hier

On ne devient pas geek. On l’est, ou on ne l’est pas. Et c’est non sans émotion que je livre aujourd’hui mon coming-out sur la toile des Internets mondiaux en France : Papa, Maman, votre fille est geek (mais c’est pas grave).

Je soupçonnais bien quelques accointances avec la communauté, me sentant irrésistiblement attirée, mais me tenant toujours à l’écart, persuadée de ne pas y avoir ma place. Et ce n’est pas faux, dans un certain sens.

Mais c’est hier, à l’occasion d’une conversation avec ma coupine, à qui j’expliquais que je me refusais depuis des années de me mettre aux jeux vidéos parce que je savais que j’allais devenir accro et que je n’avais pas de temps pour une énième drogue chronophage, que l’évidence m’a un petit peu sauté à la gueule quand même.

Récapitulons… (Attention, risque de chute de gros clichés, on pourra pas dire que vous n’avez pas été prévenus – ce n’est pas une thèse mais un article de blog pour se divertir – merci, bisous.) (Attention, c’est aussi du 3615MyLife  !)

Si l’on part du principe qu’un geek est une personne qui se divertit par son imaginaire en se passionnant pour des domaines précis (source : Wikipédia, hein) et que ces domaines sont (en vrac) : le jeu vidéo, l’informatique, les sciences, la SF ou le fantastique en littérature ou au cinéma, les séries télévisées, les jeux de rôle, la BD, les mangas, etc…, alors :

– Depuis que j’ai réussi toute seule à déplacer ma petite chaise en bois à l’assise en osier devant la fenêtre de ma chambre, que j’ai grimpé dessus sans l’aide d’une grande personne et que, mes menottes plaquées contre les carreaux, j’ai pu regarder la Lune de tous mes yeux et la bouche ouverte de fascination, je m’intéresse aux sciences de l’Univers.

Mais alors attention, hein : pas juste comme ça en passant, non. Il faut que je sache tout, que je comprenne tout, que j’assimile tout, des notions les plus courantes et les plus intuitives à celles qui dépassent l’entendement humain. Je ne sais pas si on peut appeler ça « se passionner pour un domaine précis (…) dont les sciences (…) » – à ce stade j’appellerais plutôt ça une monomanie ou une obsession, mais, bon, passons.

Et puis ça fera sans doute l’objet d’un autre coming-out (ouais, j’aime bien coming-outer, c’est amusant, tiens.)

– Evidemment, du coup, mon domaine de prédilection au cinéma comme en littérature est la science-fiction (j’y reviendrai). Et le fantastique, aussi, même si c’est dans une moindre mesure.

– J’étais une petite fille très sage. Trop sage, même, puisque je n’ai aucun souvenir de connerie que j’ai pu faire. Sauf… une. J’ai menti une seule fois à mes parents, une seule, et c’était parce que j’avais séché le cathéchisme pour aller jouer à un jeu vidéo sur l’ordinateur de ma copine. (Je vous parle de ça, j’étais en CM1, donc ça devait être en 1991, hein.) Fascinée et attirée de manière irrationnelle par l’informatique et le jeu vidéo, déjà. A un point tel que j’avais osé désobéir et mentir…

– Par la suite, grâce à mes tous jeunes oncles et à mon papa (que je soupçonne d’être un peu geek aussi), j’ai pu manipuler les premiers ordinateurs mainstream (je me comprends). Entourée d’Atari, j’étais irrémédiablement attirée par cet écran bombé, cet univers gris et vert, les touches du clavier que j’adorais enfoncer, le joystick qui me fascinait, et tous les jeux que ça permettait…

(Pour l’anecdote, avant les Atari, je passais déjà pas mal de temps à jouer sur le Minitel. J’adorais le bruit et la sensation du clavier – et que je retrouve un peu sur mon MacBook Air, d’ailleurs… – et j’adorais écrire des lignes et des lignes de lettres ou de mots et de les voir défiler. Et cet underscore qui clignotait… Aaaaaah !! Hum. Bref.)

Modèle sur lequel j'ai fait mes armes. (Trouvé sur Google Images.)

– Mais les jeux d’ordinateur et les consoles (comme la télé, d’ailleurs) étaient interdits à la maison (à part quelques rares jeux éducatifs). Du coup, quand j’allais jouer chez mes copines, je restais rivée sur leur Tetris et leur Game Boy sans réussir à m’en défaire. Et le manque, déjà, quand il fallait rentrer. (Pour l’anecdote, le tout premier jeu payant que je me suis offert sur mon iPad a été un Tetris.)

Du coup, une année, j’ai demandé un jeu vidéo à Noël – sans trop d’espoir. Et je l’ai eu ! (J’ai cru au Père Noël, ce jour-là, j’avoue.)

Pas réussi à trouver de visuel plus net, mais larmichette quand même. (Si vous avez ça dans votre grenier et que vous ne savez pas quoi en faire, hein...)

Forcément, j’étais toujours dessus. Et quand il a fallu le partager avec PtiteSoeur et PtiFrère, ce fut le drame. J’étais tellement accro, déjà… Et surtout, ce n’était pas juste : c’était MON jeu et je n’y avais droit qu’un tiers du temps ! Qu’on me le laisse au moins la moitié, et que l’autre moitié soit partagée entre eux… Mais non. Folle de rage et pour le garder pour moi toute seule, j’ai décidé de le cacher là où PtiteSoeur et PtiFrère ne le trouveraient jamais. Ce fut réussi.

Tellement réussi que je n’ai jamais réussi à le retrouver non plus… Appartement retourné de fond en comble, déménagement des années plus tard… Vingt ans après, Donkey Kong II reste disparu corps et biens.

Et croyez bien que le manque a été long à se dissiper…

– Quelques années plus tard, adolescente, j’ai découvert Tomb Raider lors d’un court séjour chez ma tante. Impossible de m’en défaire. J’étais fascinée. Mais du côté de mes parents, c’était toujours un « non » massif : pas de jeu vidéo à la maison. Ils avaient sûrement raison, vu l’état dans lequel ça me mettait…

Du coup, quand j’ai été assez grande pour prendre mon envol et être raisonnable, je me suis toujours tenue prudemment éloignée de toute sorte de jeux vidéo. Mais ça devient de plus en plus difficile à tenir… Surtout depuis que j’ai découvert ça dans la boîte de la Freebox TV.

AAAAAAAAAAAH !!!!! Vade retro !!!

– Si j’ai toujours dû refouler mon goût pour les jeux vidéo, on m’a en revanche toujours laissée libre de rester collée à un ordinateur. Pour mes 16 ans, j’ai demandé un modem pour qu’on puisse avoir Internet. Je me rappellerai toujours du chèque de 1000 francs que m’avait envoyé mon parrain, avec la carte de visite qui indiquait « Bon pour un modem ». J’étais comme une ouf. (Mon papa aussi, je crois, hihihi.) On allait avoir Internet avec ça…

Mon premier modem <3

Et je peux vous dire que j’utilisais chaque seconde de chaque minute qui m’était allouée. Je ne pouvais déjà plus m’en passer…

Plus tard (beaucoup plus tard), j’ai découvert le code et j’ai adoré apprendre les notions de base. Un jour, quand j’aurai le temps, je me formerai vraiment. En attendant, j’adore « bidouiller » et trouver des trucs toute seule. Ca a quelque chose de magique…

Les sciences, l’informatique et les jeux vidéo… C’est fait. Passons au reste…

– Je ne suis pas spécialement fan de bandes-dessinées, à part les Astérix, Lucky Luke, Ducobu, Boule et Bill, Cédric, et autres Tintin sur la Lune (même s’il y a des chefs d’oeuvre du genre et que j’ai dû lire 12 000 fois la série des Charly quand j’étais jeune).

– Je ne connais pas l’univers des jeux de rôle (mais je sens que si on m’y avait initiée, j’aurais adoré). Cela dit, j’ai ça dans ma dévédéthèque et j’assume, SI SI. (Comment ça, c’est parce que y a Jeremy Irons dedans ??)

– L’accès à la télévision m’ayant toujours été refusé, je n’ai donc pas pu m’habituer à la regarder – et encore moins concernant des programmes réguliers et qui s’étirent dans le temps comme des séries. Cela dit, mon père acceptait souvent de m’enregistrer « Au-delà du réel, l’aventure continue » que nous regardions ensuite ensemble et qui reste pour moi une série culte, et la meilleure (de loin) (comment ça je peux pas savoir puisque je n’en connais pas beaucoup ??) Rien que le générique est un concentré de pur bonheur…

Il y a 3-4 ans, je me suis mise à « X-files » et j’ai tout vu d’un coup. En même temps, je devenais accro à « Lost », que j’ai depuis acquis en DVD. Terrifiant, ça, « Lost ». Le manque était horrible quand je devais attendre plus de 8 jours l’épisode suivant. Flippant… « Kaamelott », aussi, mais je ne sais pas si ça fait vraiment partie de l’univers geek. Quant au reste, jamais vraiment accroché à celles que j’ai tenté de suivre…

(Faudrait que je me mette à « Star Trek », quand même. Jamais vu. Ouais, je sais. Je sais.) (Et à « Docteur Who ». Et à… Ouais, bon. Ok.)

– Côté de films, j’étais tellement fan de « Retour vers le futur » que c’est le tout premier coffret DVD que je me suis offert (avant même n’importe quel film avec Jeremy Irons, c’est dire !!) Ce truc est cultissime. Je connais les trois par coeur depuis ma plus tendre enfance.

Je n’ai jamais réussi à lire « Le Seigneur des Anneaux » malgré les encouragements de mon père qui a tenté de m’y coller plusieurs fois. (Le style de Tolkien que je trouve imbitable, sans doute…) Mais c’était une de mes plus grandes claques de cinéma.

Et surtout, last but not least« Star Wars ». Je suis de la génération dont les parents ont fait découvrir la trilogie en VHS avant de la redécouvrir au cinéma. J’étais dingue. J’en avais des posters partout dans ma chambre. Je me prenais pour la Princesse Leia, je me coiffais comme elle. Je voulais épouser Dark Vador. (Je veux toujours épouser les méchants, cherchez pas, c’est comme ça.)

Lors d’un séjour en Angleterre en classe de 4ème, je me suis acheté un t-shirt Star Wars à Londres. La crétine de vendeuse avait oublié de retirer l’anti-vol plein d’une encre bleue indélébile. Ca l’a donc taché d’abord, puis troué ensuite quand il a fallu découper autour pour l’enlever. Je ne le quittais pas. Et un jour, il n’y a pas si longtemps, j’ai dû me résoudre à le jeter. Il était tellement usé jusqu’à la corde que même en chiffons il n’aurait servi à rien.

Je fais partie de la team déçu-par-la-trilogie-des-I-II-III et je suis comme une ouf à l’idée que les vrais de vrais vont ressortir en 3D au cinéma. CAN’T WAIT.

– En parlant de t-shirt… J’adore les t-shirts à l’effigie de trucs et de machins qui me bottent ou qui me font marrer. Le problème, c’est qu’il n’y a rien de moins glamour qu’un t-shirt, pour une fille. Et comme j’aime bien montrer mes nichons mon décolleté, j’achèterai des hauts de geek quand ils feront vraiment des trucs féminins. A bon entendeur…

(Bon, ok, j'ai récemment fait une exception pour celui-là...)

Et les gadgets… J’adore les gadgets de trucs de geeks. Mais ça, c’est comme les jeux vidéo : je refuse de tomber dedans. Sinon, on me perd ! Et je n’irai pas à Disneyland au Comic’Con de juillet prochain même si j’en ai l’occasion rêvée, NON NON NON. Bref…

Voilà. Je crois que le doute n’est plus permis. Avec le recul, je crois que c’est clair. A l’aube de mon trentième anniversaire (29 ans, les gars, je vais passer à 29 années à arpenter notre jolie planète), je le dis, l’assume, et le revendique : je suis une bonne grosse geek qui tache. Eh ben ça va mieux en le disant !