[MDRS 148] Billet pour L’Union 6

janvier 30, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah. On ne peut pas dire que le confort soit optimal – on dort sur une planche, par exemple. Mais on ne manque pas de nourriture.

Certes, ce n’est pas de la haute gastronomie. Mais j’ai réussi à faire un gâteau au chocolat sans œufs, sans beurre et sans plaquette de chocolat. Prêts pour une recette martienne ? Mélangez du chocolat en poudre avec une conserve de lait concentré sucré et de l’huile, ajoutez farine et levure, et faites cuire. Pas mauvais.

J’ai fait mieux ! Une sauce pour les pâtes sans crème fraîche ni sauce tomate. Faites du lait (ici, on fabrique le lait avec du lait en poudre et de l’eau), chauffez-le, réhydratez des oignons et des poireaux dedans, ajoutez du saumon en conserve, et épaississez avec un peu de farine avant de servir. On s’est régalé.

Mais quand même : pour l’anniversaire de notre commandant demain, j’ai ramené des sablés au Champagne…

[MDRS 148] Billet pour L’Union 5

janvier 29, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah. Et c’est justement ce qu’on a étudié aujourd’hui : le désert – ou plutôt notre perception des distances dans le désert.

Mars est une planète-désert. L’horizon est plus proche parce qu’elle est deux fois plus petite que la Terre mais l’absence de repères pour évaluer les distances peut poser problème – comme sur la Lune lors des missions Apollo.

Alors nous avons tous été cobayes. Nuno mettait en place une balle verte (bien visible dans le paysage rouge) à une distance qu’il notait pendant qu’on fermait les yeux, on les ouvrait pour voir où elle se trouvait, et on avançait yeux fermés jusqu’à l’endroit où on pensait trouver la balle. Pas si facile.

Et surtout, je me suis rendue compte au retour qu’on s’était bien plus éloignés des quads pour faire l’expérience que ce que je pensais…

Décidément, après le temps, c’est l’espace qui pose problème sur « Mars ».

C'est moi. C'est beau, surtout...

[MDRS 148] Billet pour L’Union 4

janvier 28, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah. Aujourd’hui, première crainte. L’objectif principal de la mission est de tester des procédures d’urgence. Ce matin, on a eu une formation donnée par Lucie, notre commandant, et Tiffany, qui conduit l’expérience. L’idée est de simuler un feu ou une dépressurisation avec plusieurs scénarios plus ou moins difficiles. On en fera tous les deux jours, l’heure sera tirée au sort ainsi que le rôle assigné à chacun.

Mais ça fait beaucoup d’informations : apprendre ce que chacun doit faire dans chaque situation en quelques minutes, c’est compliqué. Assimiler le vocabulaire utilisé (la mission est en anglais), ça me semblait hors de portée. Je me suis sentie découragée.

Mais on a fait l’exercice une fois. J’ai tiré le numéro 5 : c’était à moi de trouver l’origine de la fuite. Elle n’était pas réparable, on a dû évacuer.

Finalement c’est rigolo, ce jeu de rôle grandeur nature…

Lucie, Nuno et moi dans le sas de décompression avant l'évacuation

[MDRS 148] Billet pour L’Union 3

janvier 27, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah. Première surprise : le temps s’écoule de manière très étrange, ici. Et pourtant, on ne simule pas la durée du jour martien qui est de vingt-quatre heures et quarante minutes !

L’Équipage qu’on a relevé est parti hier matin et on a tous l’impression que ça fait des semaines. Pourtant, on ne voit pas passer les journées et j’ai bien du mal à me souvenir de ce qu’on a fait la veille. Vraiment étrange. Sans doute parce que le planning est tellement calibré et chargé de tâches diverses à accomplir à la chaîne qu’on n’a pas le temps de les assimiler avant de passer à la suivante…

Je me demande si des neuropsychologues se sont penchés sur la perception du temps dans ce genre de mission. Étant donné qu’elles servent à préparer les futurs vols habités sur Mars, ce serait primordial de comprendre les mécanismes en jeu. Pour utiliser les quarante minutes supplémentaires au mieux…

[MDRS 148] Billet pour L’Union 2

janvier 26, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah. À cause de contretemps, nous n’avons pas pu commencer la simulation à midi. C’était un mal pour un bien : il faisait si beau que nous sommes allés explorer sans combinaison  les collines dignes des panoramas de Curiosity. Les mots me manquent pour exprimer à quel point cet endroit est sublime. (Ce n’est pas si grave, j’ai tout filmé.) J’ai tenu à faire des photos de groupe et des photos individuelles : nous avons désormais nos portraits officiels !

De gauche à droite : Lucie, Tiffany, Duarte, Nuno, Louise, et moi !

Après quelques selfies pour le fun, j’ai posé téléphone et caméra et je suis allée m’asseoir longuement au sommet d’une colline. C’est tellement important d’imprégner ses rétines de ce qu’on v(o)it d’extraordinaire…

Et quand Lucie, notre commandant, a annoncé : « Nous sommes officiellement en simulation ! » quelques heures plus tard, un frisson m’a parcourue. Ça y est, nous sommes sur « Mars » !

 

 

[MDRS 148] Billet pour L’Union 1

janvier 25, 2015 dans Billets pour L'Union, Mission MDRS 148, Vers Mars

Allô la Terre ? Ici Mars – ou sa copie conforme dans le désert américain de l’Utah. Je vous écris depuis ma chambre avec vue sur un paysage austère et sublime, dont les collines marbrées de rouge, de beige et de rouille contrastent avec le bleu pur du ciel matinal – couleur bien terrestre, hélas.

De toute façon, la simulation n’a pas encore commencé. Nous sommes arrivés hier et l’équipage 147 nous a briefés sur tout ce qu’il faut savoir : mise en place des casques de combinaison, conduite des quads, position des extincteurs (la serre a brûlé le mois dernier…), rapports quotidiens à envoyer à la « Terre », etc.

Nous avons dîné de pizzas maison et fêté les 25 ans de Louise, notre astronome. Malgré notre épuisement lié au décalage horaire, nous sommes allés regarder les étoiles à l’air libre.

À partir de midi, aujourd’hui, nous ne respirerons plus que dans nos combinaisons quand nous sortirons explorer ce paysage rougeoyant…

[MARS ONE] Est-ce que vous êtes folle ? (Are you crazy ?)

mars 23, 2014 dans Mars One, Vers Mars

« Est-ce que vous êtes folle ? » La question m’a été posée des centaines de fois. Je peux parfaitement le comprendre. Malheureusement, elle m’a trop souvent été posée de manière agressive ou méprisante. Et dans ce cas-là, ça m’énerve. Voici ma réponse aux malpoli(e)s.
« Are you crazy ? » I’ve been asked this question hundreds of times. I perfectly understand why. Unfortunately, too many people asked this with aggressiveness or contempt. I feel so upset when it happens ! Here is my answer to rude people.

La fonte des glaces a fait émerger un virus géant vieux de 30 000 ans toujours actif. Et ça ne fait que commencer.
A 30.000 years-old giant virus came back to life because of the melting of the ice caps. It is still dangerous. And it’s only a beginning.

Il n’y a jamais eu autant de CO2 dans l’atmosphère depuis 800 000 ans.
There has never been so much C02 in the atmosphere for 800.000 years.

La demande mondiale d’énergie menace les ressources en eau.
Water resources are endangered by world’s energy needs.

On est de moins en moins intelligent à force d’être exposés à des toxines.
Toxins made us less and less intelligent.

No comment.

La semaine dernière, un tiers de la France a été polluée aux particules fines pendant une semaine. Et je ne parle même pas de la Chine…
One third of France was polluted with particulate matter last week during several days. Not to mention China…

Saura-ton un jour combien de litres d’eau contaminés auront été déversés dans l’océan Pacifique depuis Fukushima ?
How much radioactive water have been thrown into the Pacific ocean ?

Il existe déjà une carte des conflits environnementaux dans le monde.
A map for environmental conflicts already exists.

Il existe un 7ème continent, constitué de 7 millions de tonnes de plastique, dans l’océan Pacifique. Un 8ème continent de plastique a ensuite été découvert dans l’Atlantique Nord.
There is a 7th continent in the Pacific ocean made of 7 millions tons of plastic. A 8th plastic continent was discovered in North Atlantic.

Une violente tempête solaire pourrait faire griller tous nos satellites.
A strong sun storm could burn out the whole fleet of our satellites.

Un astéroïde géocroiseur s’écrasera sur Terre un jour ou l’autre. Ça s’est déjà produit. Ça se reproduira. Ce n’est pas de la science-fiction. Et on n’a pas de solution pour le moment.
An asteroid will hit the Earth one day. It already happened. It will happen again. It’s not science-fiction. And there is still no solution.

La part des émissions de carbone organique en Afrique pourrait passer à 50% en 2030.
Africa is about to spew half world’s particle pollution by 2030.

« La Grande Barrière de corail a perdu plus de la moitié de ses coraux au cours des 27 dernières années sous l’effet de facteurs météorologiques (tempêtes), climatiques (réchauffement) et industriels. » Et c’est pas fini.
« The Great Barrier Reef has lost half its coral cover in the last 27 years. The loss was due to storm damage (48%), crown of thorns starfish (42%), and bleaching (10%). » And we’re not done yet

Une étude parrainée par la NASA annonce que notre civilisation industrielle va s’effondrer dans les prochaines années à cause d’une surexploitation des ressources naturelles et une distribution des richesses trop inégale.
« A new study sponsored by Nasa‘s Goddard Space Flight Center has highlighted the prospect that global industrial civilisation could collapse in coming decades due to unsustainable resource exploitation and increasingly unequal wealth distribution. »

Le champ magnétique de la Terre pourrait s’inverser dans 1500 ans. (Et ce serait très, très mauvais pour la plupart des êtres vivants.)
The magnetic field of the Earth could reverse in 1.500 years. (And it would be very, very bad news for most of the forms of life on the planet.)

La dernière bordure stable de la calotte glaciaire du Groenland fond à son tour. La hausse du niveau de la mer va augmenter plus rapidement que prévu.
« Global sea levels may rise faster than anticipated due to a rapid melting of the north-east corner of the Greenland ice sheet. »

Politiciens discutant du réchauffement climatique, de Isaac Cordal (Politicians discussing global warming, by Isaac Cordal)

Un rapport non-définitif du GIEC a fuité : la montée des eaux générera des déplacements de centaines de millions de personnes avant 2100 ; le réchauffement climatique réduira les récoltes de 2% tous les 10 ans alors que la demande augmentera de 14% tous les 10 ans jusqu’en 2050 ; les canicules, les incendies, les maladies liées à la qualité de l’eau exploseront ; ainsi que les conflits violents dus à la pauvreté et aux chocs économiques. Ce n’est que le rapport provisoire… et nos dirigeants (en Europe, en tout cas) n’en ont strictement rien à foutre.
A draft report from UN panel leaked : hundreds of millions of people will be affected by coastal flooding and displaced before 2100 ; climate change will reduce median yields by up to 2 per cent per decade for the rest of the century – against a backdrop of rising demand that is set to increase by 14 per cent per decade until 2050 ; it will lead to increases in ill-health in many regions (greater likelihood of injury, disease and death due to more intense heatwaves and fires, increased likelihood of under-nutrition, and increased risks from food and water-borne diseases) ; and so on… It’s just a draft… and our (European) politicians don’t give a shit about this. 

Je m’arrête là mais je pourrais continuer longtemps, comme ça. Il y a des exemples chaque jour. Et vous n’êtes pas curieux de savoir s’il existe une porte de sortie ?…
I stop here but I could go on and on. There are many examples every single day. So… Don’t you want to know if there is a way out ?…

EST-CE QUE VOUS ÊTES FOUS ?
ARE YOU CRAZY ?

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[HUMEUR] Lettre ouverte à Serge Brunier de Science & Vie

mars 13, 2014 dans En vrac, Mars One, Vers Mars

Cher Serge Brunier,

Alors que je m’apprêtais à me sustenter d’une pomme d’un joli rouge sans doute rendu brillant par une quantité non négligeable de pesticides (mais peu importe), que vois-je passer dans ma TL ? Ce tweet.

 

Chouette !, me dis-je, voici une auto-excuse pour perdre 5 minutes de plus avant de me remettre au travail. Je clique, je scrontche-scrontche une première fois dans le premier quartier de ma pomme (Ariane, mes préférées, et en plus elles sont françaises donc à peu près écolo-économico-friendly et elles portent le nom d’une célèbre fusée que vous connaissez bien) et j’entame la lecture de votre article billet.

Dès le titre, le ton étant donné, j’avais bien compris que vous ne seriez pas tendre, et j’aime plutôt ça – non par pur masochisme, mais parce que voyez-vous, quand je m’intéresse à quelque chose (là en plus je suis personnellement impliquée, mais j’y reviendrai), j’aime bien prendre tous les avis, mêmes les plus extrêmes, mêmes les plus désagréables, parce que je trouve ça enrichissant et instructif d’écouter tout le monde.

Avant même de commencer ma lecture, il faut bien vous avouer que mon coléromètre a grimpé subitement de 2-3 crans en voyant ça :

Décidément, c’est une obsession, chez vous. Mon obsession à moi, voyez-vous, c’est de rayer cette expression du vocabulaire (hors contexte historique, vous avez 39 ans de retard, nom de nom !!) parce qu’elle n’a plus aucun sens aujourd’hui. Il me semblait pourtant avoir été claire dans mon billet défendant l’utilisation de « exploration spatiale », écrit d’ailleurs suite à la lecture de votre hors-série sur Mars.

Car même si l’on met de côté les considérations éthiques et philosophiques, ainsi que ma faiblesse de croire que le choix des mots utilisés a son importance (« vile gredine », c’est quand même pas la même chose que « sale pute », j’imagine que vous serez d’accord avec moi sur ce coup-là), l’expression « conquête spatiale » n’est plus utilisée nulle part, jamais, par personne (hors contexte historique) depuis 1975, les agences spatiales les premières (vous pourrez vous référer à mon billet sus-cité, il y a les preuves et les sources). J’estime donc que c’est un devoir en tant que journaliste scientifique de privilégier l’expression « exploration spatiale ». Même quand on parle de Mars One, eh oui, croyez bien que j’ai corrigé un par un les douze millions de journalistes qui m’ont interviewée sur ce sujet.

Mais vous n’êtes sans doute pas responsable du titrage du site de Science & Vie. Passons donc.

Après un scrontch-scrontch n’annonçant rien de bon pour la détente de ma mâchoire et mon coléromètre vaguement redescendu, j’attaque donc la lecture de votre texte. Pfou… Moi personnellement, quand un mot sur deux est un adjectif qualificatif, je me dis que l’auteur a besoin de méchamment trouver une combine pour grappiller sur le nombre de signes qu’on lui a demandé parce qu’il n’a pas forcément de fond à fournir – du coup, rattrapons-nous sur la forme.

Mais bon. Je suis sans doute mauvaise langue, donc j’évacue cette vilaine mauvaise foi et continue à vous donner votre chance.

Ah !! Nous y voilà !! Vous atteignez le point « MER IL ET FOU » à la septième ligne avec un tendre « gogos« . Décevant tellement c’était attendu – mais c’était peut-être votre premier papier sur le sujet, alors bon, admettons, je laisse passer dans un sourire – d’autant plus que ma précieuse Ariane s’avère juteuse à souhait.

Oui, sauf que 5 lignes plus tard, c’est bien à cause de ce jus avalé de travers que je manque de m’étouffer.

« (…) l’idée de projeter dans l’espace les pires miasmes de la société humaine contemporaine (…)« 

Pardon mais… vous êtes sérieux ?

Ah oui, nous y voilà. Je SUIS un de ces « pires miasmes ». Et manque de bol, je suis aussi une fidèle lectrice de Science & Vie depuis fort, fort longtemps (et bizarrement, je suis pas sûre que ça dure encore, du coup).

Que vous critiquiez, cher Serge Brunier, l’association Mars One/Uwingu (qui m’attriste et que je déplore aussi), c’est une chose et c’est très bien. Que vous insultiez vos lecteurs en passant (qui ne sont d’ailleurs pour rien dans l’opération), là ça m’embête un peu plus.

Je continue ma lecture.

Ah, un point « conquête spatiale ». Là, plus d’excuses, c’est bien vous qui l’avez écrit. Soupir. Je passe. Mais plus loin, vous insistez sur ces crétins de candidats qui, décidément, sont des gens forcément complètement débiles et écervelés : « (…) probablement peu au fait de l’état de l’art en matière spatiale (…)« .

Dommage pour vous, il y a parmi les candidats des personnes qui travaillent à la NASA (dont un qui y a passé une grande partie de sa carrière), des ingénieurs au CNRS, des médecins responsables des vols paraboliques et des chroniqueuses scientifiques à France Inter spécialisées dans le spatial et les sciences de l’Univers.

Survolez mon blog. Ecoutez mes podcasts et mes chroniques. Et venez me dire en face que je suis « peu au fait de l’état de l’art en matière spatiale ».

Oui, en face, j’y tiens. Wikipédia m’indique que vous chroniquez sur France Info. Mais alors nous sommes confrères ! Pardon, hein, de vous mettre dans la même catégorie qu’une « gogo », mais si vous passez par la Maison de la Radio ces prochains jours, n’hésitez pas à me faire signe (enfin, avant quand même, parce que j’y suis pas tout le temps).

Le projet Mars One est critiquable. On peut se poser des questions sur la santé mentale des candidats. Mais qu’on méprise aussi ouvertement des personnes dont le seul crime est de rêver, je ne suis pas sûre que ce soit constructif, non.

J’ai eu de longues discussions avec Romain Charles, avec Francis Rocard, avec Philippe Henarejos, avec Michel Tognini, avec Neil deGrasse Tyson (j’en passe et des meilleurs). Je ne vous fais pas l’affront de vous rappeler qui sont ces messieurs (et puisque vous faites de l’adjectif-dropping, je n’ai aucun scrupule à faire du name-dropping, na).
Et chacun d’entre eux, du plus sceptique et réfractaire au plus ouvert, a eu au moins la décence et le respect d’écouter ce que j’avais à dire de mon côté.

Alors la prochaine fois que vous souhaitez insulter les candidats à Mars One – très bien ! vous en avez le droit. Mais ce serait pas mal de le faire en toute connaissance de cause et de vous renseigner avant sur ces personnes et leurs motivations.

Je me tiens à votre disposition si vous souhaitez corriger le tir. Ça me ferait vraiment plaisir de vous rencontrer, je suis sûre que vu votre parcours, j’aurai beaucoup à apprendre de vous. Il y a mon mail dans la rubrique « Contact » de ce blog, n’hésitez pas.

Oh, et en tant que candidate à Mars One, j’ai dû faire un check-up médical complet pour pouvoir poursuivre les étapes de sélection. Si je reste toujours un « miasme », je peux vous garantir, preuves à l’appui, que je n’en aurai aucun à vous refiler.
Et bien que je sois particulièrement raide en ce moment (aaaah, ces vils intermittents qui s’enrichissent en n’en foutant pas une…), je tiens à vous l’offrir, ce café.

Spatialement vôtre,

Florence Porcel 

[MARS ONE] 5 questions débiles à propos de Mars One (5 dumb questions about Mars One)

novembre 15, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Non, ne commencez pas à me troller, il ne s’agit ni de « Est-ce bien sérieux tout ça ? » et encore moins de « Tu veux vraiment y aller ? ». Les réponses sont oui. Bien. Voici maintenant mes 5 questions débiles…
Don’t even think about trolling me, it is not about « Are they serious ? » and even less about « Do you really want to go ? » : both answers are yes. Ok. Now, here are my 5 dumb questions…

1 – Est-ce possible de construire une horloge de 24 heures et 39 minutes ?
1 – Is it possible to build a clock for 24 hours et 39 minutes ?

Quand on n’a que des heures pleines dans une journée, c’est quand même bien commode pour les horloges avec des aiguilles. Comme si on avait fait exprès, dis donc. Nul doute que si nous étions apparus sur Mars, on se serait arrangés avec la longueur d’une minute ou le nombre de minutes dans une heure pour que ça fasse des tours complets entiers à la fin d’une journée.
When there are only full hours in one day, it is easier for clocks with hands – as if we made it in purpose. There is no doubt that if we were from Mars, we would have extended the lenght of one minute or the number of minutes in one hour to get a full perimeter at the end of one day.

Mais nous venons de la Terre et nous avons calqué sur Mars notre propre temporalité. Le jour martien ne fait donc pas un jour martien mais un virgule quelques poussières de jours terriens. Ça fonctionne très bien pour l’instant puisqu’aucun être humain muni d’une horloge ne vit sur place, et ça ne semble pas gêner les scientifiques qui travaillent avec Curiosity à l’heure martienne qui se décalent donc de 39 minutes tous les jours terrestres.
But we are from Earth and we put on Mars our own model of time. One day on Mars is not one day on Mars but one point or so day on Earth. It works well for the moment as no human beings with a clock with hands lives there, and it doesn’t seem to bother the scientists who work with Curiosity in a Martian time even though they move forward 39 minutes each day on Earth.

Mais quand on sera là-bas, ce sera pour nous y installer. Et au-delà de la question curieuse de l’aiguille qui devra ignorer 21 minutes de la 24ème heure de notre journée, se posera la question du temps martien pour nous, habitants de Mars. Nous ne serons plus jamais Terriens et ça n’aura pas vraiment de sens de continuer à nous calquer sur une temporalité extérieure à notre nouvelle planète : quand on change de pays, on s’adapte au fuseau horaire dans lequel se trouve ce pays, on ne reste pas éternellement à l’heure de notre pays d’origine.
But when we are there, we will settle down et never go back. Even if the hand of a clock ignoring 21 minutes each 24th hour of our day is dumb and funny, the Martian time will become real grounds for thought as we will become settlers of Mars. We will never be earthlings anymore and it won’t make any sense to go on using an external temporality : when people move in another country, they get used to the new country’s time zone, they don’t keep their country of origin’s time zone forever.

Il y aura donc 3 solutions. La première, c’est de changer la durée de la seconde – mais si on veut continuer à communiquer correctement, je crois qu’il faut quand même garder des bases communes, d’autant plus que toute la technologie est basée sur cette valeur et que le temps, c’est de l’espace (évitons les déconvenues martiennes passées à base de malentendu système métrique/système impérial).
There will be 3 solutions. The first one is to change the length of one second – but we want to communicate easily, it would be safer to keep shared basis for all our technology is based on this value. And time is space – let’s avoid this old martian mistake about a misunderstanding between miles and kilometers…

La deuxième solution serait de partager équitablement les 39 minutes de trop dans les 24 heures que durent une journée terrestre pour que le compte soit bon. Oui mais voilà, il ne faut pas être Einstein pour voir que comme ça, ça ne va pas donner des chiffres ronds, et donc que ça ne fonctionnera pas. Donc on oublie.
Second solution : the 39 minutes left are shared into the 24 hours of the earthly day. But I don’t have to be Einstein to see that it won’t match at all. So let’s forget it.

La troisième solution sera d’adapter le temps à la planète et non pas de faire entrer la planète de force dans une temporalité préexistante – tout en gardant la seconde comme base. Il faudra que ça se prépare en amont, bien avant le départ du premier équipage, pour nous habituer à l’utiliser et pour organiser les futures journées et notre futur rythme. Ça me semble important autant d’un point de vue physiologique que psychologique.
Third solution : time would be adapted to the planet. We won’t try to put the planet into a temporality which already exists – but we will keep the second as a basis. It will have to be prepared long before the first crew leaves : we will need to get used to it and to schedule our future days and our future rhythm. It seems important to me from physiological and psychological points of view.

2 – Quand on étudiera la Terre, est-ce qu’on fera des exosciences ?
2 – When we study Earth, will we do exoscience ?

Certes, une exoplanète est une planète hors du système solaire. Mais il y a bien des exobiologistes qui travaillent sur Titan… Alors ? :p
Even though exoplanets are planets from another solar system than ours, there are some exobiologists who work on Titan… What do you think, then ? :p

3 – L’étoile polaire indiquera-t-elle le nord martien ?
3 – Will the polar star point out the Martian north ?

Les constellations ne devraient pas être différentes : déménager de la Terre à Mars n’est qu’un nano-saut de puce à l’échelle des distances des étoiles que l’on peut voir à l’oeil nu. Elles ne bougeront donc pas et on pourra donc se fier aux cartes du ciel terriennes, même anciennes (ce qui est un peu magique, quand on y pense).
Constellations shouldn’t be different : moving from Earth to Mars is only a nano-short hop at the scale of distances between stars we can see with naked eyes. They won’t move and we will be able to refer to sky maps from Earth, even if they are old (which is kind of magical if we think about it).

Mais si l’étoile Alpha Ursae Minoris est notre étoile polaire sur Terre, qui nous indique donc le Nord en toutes circonstances, aura-t-elle également le même rôle sur Mars ? Car si elle sera au même endroit dans le ciel, c’est l’inclinaison de la planète qui entre en compte dans ce cas-là…
But if Alpha Ursae Minoris is our polar star on Earth, which always points out to the north, will it be the polar star on Mars ? Even though it will stand at the same place in the sky, it’s the inclination of the planet which is important in that case…

Heureusement que Wikipédia m’indique que Sadr et Deneb devraient nous permettre de nous retrouver si on ne retrouve plus notre chemin jusqu’à nos bases.
Hopefully, Wikipedia just told me that Sadr and Deneb would indicate the Martian north if we are lost far away from our basement…

4 – Je voudrais savoir à quoi ressemble un son émis dans l’atmosphère martienne. Est-ce que ce sera possible ?
4 – I would like to know how a sound will sound like in the Martian atmosphere. Is it possible ?

On ne pourra pas être dehors sans combinaison spatiale. Mais j’aimerais beaucoup savoir comment un éventuel être humain adapté à Mars entendrait les sons dans cette atmosphère. Il faudrait sans doute sortir un haut-parleur et un enregistreur : diffuser une chanson et enregistrer ce que ça donne. Mais la technique rendra-t-elle de manière fidèle ce qu’entendrait une oreille humaine sans casque protecteur ?

There’s no way we go out without space suits. But I would really like to know how a human being adapted to Mars would hear sounds in this atmosphere. Maybe we would put a loudspeaker and a recorder outside, broadcast a song and record it. But will what we will hear from this recording be faithful to what could be heard outside without a helmet ?…

5 – De combien grandira-t-on en dix ans ?
5 – How taller will we get in ten years ?

L’apesanteur fait grandir : ça paraît logique puisqu’aucune force de gravité ne pèse sur nos épaules – les vertèbres se relâchent et se dilatent. Des astronautes sont revenus de leur séjour de 6 mois dans l’ISS en augmentant leur taille de 3% ! (Oui, ben si ça m’arrivait, je dépasserais le mètre 60, CE QUI N’EST PAS RIEN à mon échelle. Bien.) Évidemment, la gravité terrestre finit par les leur reprendre.
Astronauts get taller in microgravity : it sounds logical as far as no gravity force weighs on their shoulders – the vertebra expands and relaxes. When astronauts come back from 6 months in the ISS, they are 3% taller ! (If it happened to me, I would be over 1.6 meters, WHICH WOULD MEAN A LOT to me.) Obviously, terrestrial gravity cancels those few centimeters in a couple of months. 

Sur Mars, la gravité n’est pas de zéro comme dans l’espace mais elle est environ divisée par trois. Nous grandirons donc automatiquement, moins vite que dans l’espace, mais on grandira quand même. Mais à quel moment s’arrêtera-t-on de grandir ? Quel pourcentage de notre taille de base aurons-nous gagné ? Cela affectera uniquement notre colonne vertébrale ou bien d’autres parties de notre corps ? En tout cas, même si je ne prends que 3 centimètres, ce sera un petit pas pour l’Humanité, mais un grand pas pour moi.
On Mars, there is no zero gravity like in space, there is one-third of gravity. So, we will get taller, less quickly than in space, but we will. But when will we stop getting taller ? Which percentage of our normal height will we gain ? Will it affect only our vertebra or will other parts of our bodies be concerned ? Anyway, even if I take only 3 centimeters, it will be one small step for mankind, but one giant leap for me.

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Mon interview pour Civilisation 2.0
Mon apparition au 13-Heures de TF1

[MARS ONE] Téléréalité ou réalité à la télé ? (Reality show or reality on TV?)

septembre 3, 2013 dans Mars One, Vers Mars

Parmi les blocages épidermiques (et bien naturels) auxquels les candidats à Mars One font face concernant les gens à qui ils expliquent le projet, il y a donc le côté définitif du voyage, la mort inévitable… et le fait que le business model va se baser en grande partie sur la téléréalité. 

When applicants for Mars One talk about this project to other people, they face three visceral (and natural) mental block : permanent settlement, unavoidable death, and a business model based on reality show. 

Mais de quoi parle-t-on, exactement ? Et si on allait réfléchir un peu plus loin que le bout de son nez au lieu de se fermer complètement et sans autre forme de procès face au mot de l’horreur et de la honte, mmh ? Et surtout… si on s’informait ? Hein !… Voilà qui serait une bonne idée pour savoir de quoi il retourne exactement avant de s’engouffrer à vitesse-lumière sur l’autoroute cosmique du préjugé ! Bien.

What are we exactly talking about ? What about thinking about it instead of putting the blame on the this shameful and dreadful word ? What about inquiring about this ? That would be a great idea before you go and drive on the cosmic road of prejudice at the speed of light…

Donc… Quand on se rend sur la FAQ du site de Mars One et que l’on clique sur la question « Quel est le business model de Mars One ?« , après une petite phrase d’introduction où il est rappelé que le but est de poser des humains sur Mars en 2023 et que Mars One est une fondation à but non-lucratif, voici ce qui est dit d’entrée de jeu : « Quand Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont atterri sur la Lune, le monde entier a regardé. » OUH LA LA MON DIEU LE MONDE ENTIER A REGARDÉ DE LA RÉALITÉ À LA TÉLÉ, QUELLE HORREUR !!! (Oui. Je suis taquine, aujourd’hui.)

So… If you go on Mars One’s FAQ and then on « What is the Mars One business model ?« , you will find a short reminder about the goal of landing humans on Mars in 2023 and the fact that Mars One is a non-for-profit foundation. Then, here is what is written : « When Neil Armstrong and Buzz Aldrin landed on the Moon, the whole world watched. » OH MY GOD, THE WHOLE WORLD WATCHED REALITY ON TV, SO SHOCKING !!! (Yeah, well… I’m a little bit teasing, today.) 

Leur deuxième exemple, sur lequel ils se basent grâce à une rétrospective historique chiffrée ? Les Jeux Olympiques. Là encore, on est en pleine indécence, vulgarité, et atteinte à la dignité humaine.
Bon, d’accord, j’arrête mes sarcasmes.
Tout le quiproquo est évidemment dans le vocabulaire. C’est le mot « réalité » qui revêt une tout autre définition dès lors que ça concerne un programme télévisé. Quand on entend  »téléréalité », on pense évidemment au pire de ce que la télévision peut produire en terme de programme. Le problème, c’est que ce qui est montré dans ces émissions pointées du doigt n’a de « réel » que le nom.

The second example they use on the website with a historical and cost retrospective is : Olympic Games. Once again, this is obscene, rude and it leads to offenses against the integrity of persons.
Alright, alright, I’m done with sarcasm.
You got it : there’s a misunderstanding with the word « reality ». As far as TV is concerned, « reality » doesn’t mean « reality » anymore. When you hear about « reality show », you obviously think about those dreadful programs which are the worst shows ever. But the problem is that the reality shown in those shows is not real

En gros, la « téléréalité » propose des émissions dont le décor, les protagonistes, le scénario, les étapes et la durée sont choisis, créés de toute pièce, construits, décidés, et scénarisés en amont. La téléréalité propose une « réalité » qui n’a pas d’existence hors de la télévision. Un alunissage ou des Jeux Olympiques, par contre, ont une réalité intrinsèque : ils existent en dehors du prisme audiovisuel. Même si l’évènement n’était pas filmé, retransmis et regardé, il aurait lieu. Voilà toute la différence.

To put it in a nutshell, reality shows present a reality where the set, the people, the script, the steps and the time are chosen, created, built, decided, and written before it happens. Reality shows present a « reality » which does not have any existence outside television. People landing on the Moon or Olympic Games do have an inherent reality : they happen outside television. Even though these events were not captured, broadcast and watched, they would happen. Here is the difference. 

Vous allez me dire… Oui, d’accord, mais Mars One n’existera que si c’est une émission de téléréalité puisqu’une grosse partie du business model viendra de l’argent gagné grâce à ça. Certes. Mais justement : ce sera une grosse partie des moyens mis dans le projet, mais ce ne sera pas la seule. Mars One existe déjà : c’est une fondation qui a une existence juridique, qui embauche des employés, qui a déjà des fonds, des sponsors et des partenaires. La téléréalité n’est pas une fin, mais un moyen.

Maybe you’ll tell me : yeah, well, but Mars One will exist only if it becomes a reality show because of their business model based for the most part of the money they would earn with. You’re right. But that’s the point : it will be the most part of the money, but it won’t be the only one. Mars One already exists : it’s a foundation with a legal status, which has employees, some funds, some investors and some partners. The reality show is not an end : it is a means. 

Regarder un lancement de fusée, suivre une sortie d’astronautes dans l’espace, participer à un Hangout avec l’ISS, assister à une cérémonie de passation de commandement de la station spatiale… Il y a quasiment tous les jours quelque chose à voir en direct de l’espace. Et quand ce n’est pas du direct, ce sont les astronautes qui nous envoient des vidéos pour présenter une expérience scientifique, qui nous expliquent comme ça se passe quand on pleure dans l’espace, qui nous partage leurs exercices d’entraînement, qui tweetent des sensations, des informations, des photos… Mars One n’inventera rien. Absolument rien. Cette « vraie réalité » regardée par des millions de gens, elle existe déjà.

We can watch a rocket launch, we can follow astronauts when they walk in space, we can take part in a Hangout with the ISS, we can watch the ceremony of a new commander in the space station… They are almost everyday something to watch in live from space. And when it’s not in live, astronauts send us some videos to explain a scientific experiment, show what it looks like to cry in space, share their training, tweet their feelings, some informations or pictures… Mars One will not be the first one to do this kind of thing. This « true reality » watched by millions of people still exists.

La « téléréalité » de Mars One se rapprochera bien plus du documentaire en continu que de Loft Story. On y verra les candidats sélectionnés s’entraîner, être formés, apprendre… Bien sûr qu’il y aura un peu de mise en scène, comme tout ce qui est médiatisé. Mais imaginez… On pourra assister à des cours ou des entraînements de premiers secours, de botanique, de physique, de pilotage… On verra les équipes se former, les entraînements se succéder, les expériences scientifiques se préparer… Sans compter que les protagonistes seront des personnes instruites, cultivées et intelligentes. Et les enfants dans les écoles inscriront « géologue », « astronaute », « pilote », « médecin » ou « botaniste » quand on leur demandera ce qu’ils veulent faire plus tard – finis les « star » et « célèbre ».

Mars One’s « reality show » will look more like an uninterrupted documentary than Big Brother. We will see the candidates being trained, educated, formed… Of course, there will be quite a bit of a storyline, like in every TV program. But think about it… We will be able to watch trainings, or first aid / botany / physics / flying classes… We will see the teams taking shape, the trainings going on and on, the scientific experiment being prepared… And children in schools will write « geologist », « astronaut », « pilot », « doctor » or « botanist » instead of « star » or « famous » when they are asked what they want to be. 

Si la chaîne « Mars One » peut apporter la connaissance, si elle peut aiguiser la curiosité, si elle donne envie d’en savoir plus… Alors non seulement ce n’est pas un problème que ce projet soit aussi un programme télé, mais je dirais qu’en plus ce sera d’utilité publique. Sans compter le fait que ce sera international et universel, et que ça donnera un point commun à tous, sans exception, les habitants de la planète. Participer à une aventure historique, la suivre au jour le jour… Mars One réussira peut-être à apaiser les relations entre personnes et – rêvons un peu – entre nations. Pour qu’enfin les happy ends vus à la télé deviennent réalité ?

If the Mars One Channel can bring knowledge, if it can whet the curiosity, if it makes people want to know more… It won’ be a problem if this project is also a show – I would say that it would be recognized as promoting the public interest. Also, it will be international and universal and it will give a point of mutual interest to all, no exception, all inhabitants of this planet. We will all take part to a historical adventure, day by day… Mars One may succeed in pacifying relationships between people and – I have a dream… – between nations. To make happy ends seen on TV a reality ?… 

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Retrouvez-moi dans « La tête au carré » sur France Inter, les lundis et jeudi à partir de 14h ! (Mon intervention commence aux alentours de 14h45.)

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10 bonnes raisons de m’installer sur Mars (10 good reasons to settle on Mars)
Dire non aux gravités (Say no to gravity and seriousness)
Mon premier équipage idéal (My perfect first crew)
Mourir sur Mars : et alors ? (Death on Mars : so what?)
Du recul pour penser l’humain (A global view to think about what being human means)
Ma candidature en ligne ! (I applied for Mars One !)
Mon interview pour Civilisation 2.0

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Je vous conseille vivement « Les enfants de Mars » de Gregory Benford. Ça ressemble beaucoup à ce que Mars One veut mettre en place, à la seule différence près que dans le roman, il y a un voyage retour… Mais je parierais que Bas Lansdorp, le créateur de Mars One, l’a lu… En tout cas, c’est un très bon roman de science-fiction ! :-)